Voy. Bitauhé, Remarques sur te chant XXII de Ylliade
2. M. Gandar, dans son intéressant travail plus d’une fois cité, Homère et la Grèce contemporaine , p. 80 et 81.
il ne nous restera plus guère qu’à admirer partout son génie, son art et ses inimitables peintures.
Voici tout d’abord qu’il nous fait connaître de la manière la plus exacte les lieux mêmes qui vont devenir le théâtre de la lutte suprême entre les deux héros. C’est un passage également intéressant au point de vue historique et au point dé vue littéraire.
« Le long de la colline et du figuier qu’agitent les « vents, par le chemin des chars, sous la muraille « d’Ilion, les deux héros couraient. Ils arrivent vers «deux fontaines limpides d’où jaillissent les deux « sources du Scamandre au cours sinueux. L’une « verse une eau thermale, et de son sein s’élève, tout « à l’entour, une fumée pareille à celle d’un grand » feu; l’autre, même durant l’été, jaillit froide comme « la grêle ou la neige, ou le cristal d’une onde g’acée. « Là, près de ces fontaines, sont construits en pierre « de beaux et vastes lavoirs où les femmes des « Troyens et leurs filles charmantes venaient laver « leurs riches vêtements, autrefois, au jour de la paix, « avant l’invasion des fils de la Grèce 1 . »
Homère, — tout en fait foi dans ses œuvres, — avait parcouru en tous les sens les lieux qu’il a chantés. Du temps du géographe Strabon, la source d’eau froide dont parle Homère existait encore*. Dans les temps modernes, le comte Choiseul Gouffier a démontré* que o’est pour avoir confondu le Simoïs avec le Scamandre, que Strabon n’a pas découvert la seconde source; et le comte Choiseul, basant, lui, ses recherches sur la déviation du Scamandre, a retrouvé les