Voyage pittoresque de la Grèce, t. II, p. 265 et suiv
deux sources de ce fleuve ici décrites, non loin du petit village turc appelé Bounar-Bachi. Voilà pour l’intérêt historique ou plutôt géographique. Mais comme description littéraire, quel charme n’offre pas ce morceau? C’est une ravissante idylle. « Il faut ad- « mirer, dit un critique déjà bien des fois cité, ces « douce* images que le poète mêle aux sombres pein- « tures qui précèdent le trépas du malheureux Hec- « tor. Il règne ici une mélancolie profonde, toute * pleine de regrets sur le sort du héros. Ce retour « vers les temps heureux de la paix où les épouses « des Troyens et leurs filles charmantes venaient « laver leurs riches vêtements dans les sources du « Scamandre; car les filles des rois elles -mêmes ne « dédaignaient point ces emplois qui nous paraissent ■ obscurs ; ces souvenirs d’occupations si douces, de « félicité passée, au milieu des alarmes de la guerre, « au moment où va fondre sur Ilion le plus grand e des malheurs, ajoutent encore à l'impression si vive « produite par ce chant de tristesse qui retentit tout « entier comme le glas de la mort 1 . »
Cependant, les deux guerriers courent toujours sous les murs d’Ilion, Hector en fuyant, Achille en suivant de près Hector. Jupiter, témoin de ce spectacle, voudrait sauver le pieux fils de Priam; mais les murmures de Minerve entravent sa bonne volonté, et avec cette débonnaireté de caractère qu’on lui connaît, il laisse faire Minerve qui ira tout à l’heure protéger Achille.
Hector ne peut se soustraire à la poursuite d’Achille; en vain il essaye de se rapprocher des portes