Dugas Montbel, Observations sur le chant XXII de VIliade
et des tours d’il ion pour se faire protéger par les siens; Achille lui coupe le chemin, le force à s’écarter d’Ilion en le repoussant dans la plaine. Apollon, continuant à protéger Hector, remplit ses membres de vigueur. Mais Achille fait signe aux Grecs qu’il a devancés, on se le rappelle, pour qu’ils ne tirent pas sur Hector. Il veut se réserver à lui seul la gloire de l’abattre. Hector et Achille sont arrivés pour la quatrième fois aux sources du fleuve. « Alors Jupiter « déploie ses balances d’or ; il place sur lés bassins « deux sorts du long sommeil de la mort; l’un est « celui d’Achille, l’autre celui du brave Hector. Le « dieu les soutient en tenant le milieu des balances. * Le dernier jour d’Hector s’abaisse et touche aux « enfers. Alors Apollon l’abandonne'. »
Majestueuse et poétique image, conforme, d’ailleurs aux idées orientales, et qu’on retrouve dans les Écritures. Ainsi, peu de temps après Homère, au milieu d’un autre pays et d’une autre civilisation, on nousditque l’on pesa la destinée d’un roi de Babylone, et que cette destinée» ne fut pas trouvée de poids*. »
Virgile, toujours sur les traces d’Homère, fait peser de même, par Jupiter, les destinées de Turnus et d’Énée*. Mais la description de Virgile, outre qu’elle est pâle et faible à côté de celle d’Homère, n’amène aucun résultat dans l’action, puisque depuis longtemps, le poète nous l’avait dit 4 , la mort de Turnus était résolue. Virgile n’imite donc que pour imiter.
2. Daniel, V, v. 27. Dans le livre de Job, bien antérieur à Homère, on lit : Plût aux dieux que mes péchés fussent pesés dans la balance (XXXI, v. 6).