M, BRI G AN DE AU
Et tes quatre maisons du quartier Quincampolx , A-ce été tes aïeux qui les ont là plantées.^ Du sang de tes clients elles sont cimentées. Il n'entre aucune pierre en leur construction Qui ne te coûte au moins une vexation : Et quand tu seras mort , ces lionteux édifices Publieront après toi toutes tes injustices. »
Voilà encore le cri de l'homme de bien et l'accent du poète. Assurément on ne saurait voir là une comédie, puisqu'on n'y trouve ni action ni caractère étudié dramatiquement; c'est du moins une série de tableaux comiques dont quelques-uns révèlent un pinceau vigoureux. Ce que j'en
aime surtout, c'est le mélange de candeur et de fermeté, de bonhomie et de franchise. Le rapprochement des choses contemporaines ajoute encore à ce mérite. Quand je me reporte à la date où Boursault écrivait ces pages, quand je me rappelle que les Raymond Poisson, les Hauteroche, malgré les censures de Racine et de Boileaii \ continuaient à chercher le succès dans des équivoques malséantes (Racine emploie le mot turpitudes), j'apprécie mieux l'inspiration plus ou moins forte, plus ou moins originale, mais toujours honnête, de l'auteur du Mercure galant.
* De Racine dans la préface des Plaideurs, — de Boileau dans le troisième chant de V Art poétique.