‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 103 sur 334 · I. — Faits historiques · texte numérisé non relu

I. — Faits historiques

Préface théologique des Provinciales. — Les Hollnlstes et les Jansénistes. — L'Augnstlnus défendu par Amanld, eoBdamné par le Saint-Siège. — Quelles sont les cinq propositions de Jansénius (1585-1635)? Les a-t-il formulées textuellement? La cour de Rome a-t-elle eu raison de les condamner? Où finit l'orthodoxie? Où commence l'hérésie? Que faut-il entendre par les termes de grâce suffisante^ grâce efficace, pouvoir prochaini Voilà des questions qui sont la préface des Provinciales, et sur lesquelles il conviendrait peut-être de dire un mot, avant d'aborder l'œuvre de Pascal. Mais, si les théologiens ies plus compétents ont eu peine à les comprendre, et ne réus-

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sirent pas à les résoudre, nous n'avons point de lumières pour éclairer ces ténèbres. Bornons-nous donc à rappeler que le problème du libre arbitre fut le champ de bataille où s'engagèrent les hostilités entre les Molinistes et leurs adversaires. Les uns, associant l'âme humaine aux opérations du salut, essayaient de concilier la Liberté avec la toute-puissance de la Grâce. Les autres, inclinant vers la prédestination, croyaient que, depuis la chute originelle, la misère de l'Homme est incurable, sans le miracle de la grâce efficace, qui frappe ses coups où il lui plaît, et peut seule racheter gratuitement ses élus : car, à leurs yeux, la grâce suffisante est celle qui ne suffit pas. Aussi le Christ des Jansénistes a-t il, sur leur crucifix, les bras élevés vers le ciel et non ouverts aux hommes. Au risque de décourager les faibles par un idéal inaccessible, ils dédaignent les vertus communes et moyennes ; ils exigent de la nature un suprême effort, et ne visent à rien moins qu'à la Sainteté.

Ces tendances n'attendaient qu'une occasion pour entrer en conflit avec l'orthodoxie. Or elle leur fut offerte par VAugustinus, ouvrage posthume publié en 1640, ou Jansénius opposait à l'optimisme accommodant de Louis Molina, auteur de V Accord du libre arbitre et de la grâce, paru en 1588, les rigueurs de son pessimisme fataliste, et le mettait sous le patronage de saint Augustin. Nous retrouvons en effet dans ces débats le contraste de Philinte et d'Alceste, d'Epicure et de Zenon, lly avait antipathie entre des docteurs d'un côté trop faciles, et prompts à tous les compromis, de l'autre trop sourcilleux, trop durs, et plus chrétiens que l'Évangile même. A Port-Royal, les cœurs et les consciences se reconnurent dès l'abord dans le stoïcisme d'un maître dont l'abbé de Saint-Cyran (1581-1643), le maître d'Arnauld, de Sacy et de toute la fleur de Port-Royal, avait été le plus cher disciple. Aussi Amauld et ses fidèles déployèrentils tout leur zèle en faveur des cinq propositions suspectes que Nicolas Cornet, syndic de la Faculté de théologie, venait de déférer à la juridiction du SaintrSiège. Ils les défendirent d'abord ouvertement et sans réserves, puis, après une triple censure, avec des restrictions sous lesquelles grondaient les murmures d'une sourde révolte.

Rivalités de sectes. -- Conenrrence Jaloose* -^ Port-Eoyal

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