‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 165 sur 334 · CONCLUSION SUR LE CRITIQUE ET LE POÈTE · texte numérisé non relu

CONCLUSION SUR LE CRITIQUE ET LE POÈTE

aisément dans les nôtres, dès le premier âge. Il Test, à défaut d'une puissante imagination ou d'une profonde sensibilité, par réloquence de la raison, quand il a raison; par ces oracles du goût qu'il a formulés avec un bonheur qui ressemble fort à l'inspiration, en quelques douzaines de vers inoubliables, dont il faut répéter avec La Bruyère qu'ils sont « faits de génie, quoique travaillés avec art ». Il l'est enfin par la noblesse de sa conception de la vie et de l'art, dont le quatrième chant de VArt poétique est le monument. Ne suffit-il pas ici d'en rappeler un vers qui vaut toutes les moralités de ses satires et épitres, et qui les résume, en faisant de la vertu une dixième Muse :

Le vers se sent toujours des bassesses du cœur?

BOSSUEÏ

PORTRAIT BIOGRAPHIQUE

Son enCanee prédestinée. InOnence de Tesprit biblique.

— Né le 27 septembre 1627, à Dijon, dans une ville qui donna saint Bernard à la France, et près de laquelle devait naître Lacordaire, Jacques-Bénigne Bossuet appartenait à une famille où, dès le berceau, la leçon de l'exemple devait le former sans effort à la pratique des vertus chrétiennes, c Dans cette maison respectable, dit M. Patin, c'était un usage digne de la gravité de ces temps que les principaux événements de la vie domestique fussent consignés sur un registre particulier, et sanctifiés par une citation de l'Ecriture . Dieu Va guidé ^ Dieu Va conduit (Deutéronome, xxxii, 10), voilà par quelles paroles avait été consacrée, dans ces touchantes annales, la naissance de celui qui devait si sûrement accomplir ce vœu de la tendresse paternelle. » Confié aux soins d'un oncle, tandis que son père allait s'installer à Metz, en qualité de conseiller au Parlement, il fut dès l'enfance un de ces écoliers extraordinaires qui ont leur histoire. Au collège des jésuites, il se distingua par l'étonnante capacité de son entendement et de sa mémoire, ce trésor de l'orateur. Ses noms et prénoms prêtaient aux jeux scolaires. Bos suetus aratro, disait-on de lui : car il était des plus assidus : Bénigne convenait aussi à sa douceur. Il allait d'ailleurs d'instinct vers les intelligences souveraines, vers les plus divins des poètes. Homère et Virgile, qu'il sut bientôt par cœur, furent dès l'abord ses maîtres préférés, jusqu'à l'heure décisive où, pour la première fois, il ouvrit la Bible, dans

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