PREMIÈRE PARTIE DU SYSTÈME
Bonté de l'homme naturel, dépravation de l'homme social.
DISCOURS SUR LES SCIENCES ET LES ARTS, — DISCOURS SUR l'inégalité, — LETTRE SUR LES SPECTACLES,
Discours sur les sciences et les arts.
Sa diTislon en deux parlles. — Le Discours sur les sciences et les arts a pour devise Decipimur specie recti, et se divise en deux parties : dans la première, Rousseau interroge surtout rhistoire ; et dans la seconde, considérant c les sciences et les arts en eux-mêmes », il invite ses lecteurs « à convenir de tous les points où ses raisonnements se trouveront d'accord avec les inductions historiques ». Mais ce plan n'est suivi qu'en gros, et Tordre des arguments est assez confus. Toutefois le dessein de Tauteur reste clair.
Première partie i Réquisitoire historique contre la civilisation. -- Prosopopée de Pabricins. — Rousseau fait le procès à la civilisation et aux hypocrisies de la politesse, au nom de la liberté et des bonnes mœurs, qui étaient saines et sauves dans l'état de nature. Néanmoins il laisse échapper cet aveu, bon à noter au passage : c La nature humaine au fond n'était pas meilleure », mais plus ouverte. Il prétend prouver par l'histoire universelle que le sort des empires, celui des mœurs et de la probité sont aussi assujettis au progrès des sciences et des arts que « l'élévation et l'abaissement journaliers des eaux de l'Océan au cours de Tastre qui nous éclaire durant la nuit ». Dans une prosopopée fameuse, mais bien déclamatoire, et qui sent son vieux temps, devant la faofe pom* peuse de Rome, esclave du luxe importé par « les hommes fri* voles » qu'elle avait vaincus, il évoque la grande âme et Tlndignation de Fabricius, son héros à la Plutarque, prenant a témoin de la vérité de ses invectives et Louis XII et ttenri IVi La conclusion de cette première partie est qu'il ne fallait pas