‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 29 sur 334 · FAITS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

FAITS HISTORIQUES

s engagea dans les défilés des Pyrénées ; mais les Gascons s'étaient placés en embuscade au sommet des monts. Ayant assailli Tarlière-garde, ils jettent l'armée tout entière dans une grande confusion. Les Francs semblaient supérieurs par l'armement et la valeur; mais le désavantage des lieux et la nouveauté d'un combat trop inégal causèrent leur défaite. Dans cette affaire périrent la plupart des officiers du palais (aulicorum) chargés par le roi du commandement des troupes; les bagages furent pillés, et l'ennemi, favorisé par la connaissance qu'il avait du pays, se dispersa aussitôt de toutes parts. Un si cruel revers obscurcit presque entièrement dans le cœur du roi la joie des succès remportés en Espagne K >

D'ailleurs Ëginhard lui-même, dans la Vie de Charlemagne, son maâti'e, avait narré ainsi le désastre : < Tandis que l'armée, dans un étroit défilé, se trouvait forcée de marcher sur une seule ligne, longue et mince, les Gascons, embusqués sur la crête des montagnes, où l'épaisseur des forêts favorise les surprises, fondirent en courant sur la queue des bagages et les troupes d'ar-^ rière-garde. Ils les culbutèrent au fond de la vallée, et là se livra une bataille où les Francs furent anéantis jusqu'au dernier.... Dans ce combat périrent Eggihard, maître d'hôtel du roi, Anselme, comte du Palais, Roland^ préfet de la marche de Bretagne (Hruodlandus Britannici limitis prœfectus), et beaucoup d'autres •. » On ne saurait donc nier un événement attesté par des témoignages si précis dont l'authenticité tie parait pas douteuse, et par un deuil universel dont la douleur fut si profonde qu'un autre chroniqueur, V Astronome Limousin, pouvait dire : « Je me dispense de citer les noms de ceux de l'arrière-garde royale qui furent tués à cette même montagne, parce qu'ils sont connus de tous ^ >•

Le désastre de RoaeevainK. — Les atfacliroiilBiiies de Is Icffeade popwlaive. ^ Ajoutons qu'une tradition constante place le théâtre de cette défaite à Ronceveaux, en Espagne, à deux pas de notre frontière, sur la route qui va de Pampe-

1. Édition de la Société de THistoire de France^ 1. 1, p. 170 ( Vie de Charles).

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