‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 312 sur 334 · Cf. ci-dessus, p. 663t · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 663t

George Sand jusqu'à ceux de Fécole naturaliste, car les responsabilités de Tauteur de la Nouvelle-Héloïse et des Confessions vont jusque-là. Comme romancier d'ailleurs il les a toutes, et on a pu commencer spirituellement une étude récente dont il était l'objet, en ces termes : Jean-Jacques Rousseau, romancier français *. »

Mais ce n'est pas seulement par le lyrisme du fond et de la forme que Rousseau a agi sur les écrivains qui l'ont suivi; et il y a longtemps que Villemain offrait aux orateurs et aux journalistes des modèles achevés d'éloquence et de dialectique, dans les Lettres de la Montagne, à D'^Alemhert, à Christophe de Beaumont. Le conseil n'a pas été perdu. 11 avait été d'ailleurs deviné depuis longtemps par des écrivains avisés, tels que Linguet ou Beaumarchais, et par tous les orateurs de la Révolution. C'est Rousseau qui a infusé à notre littérature cette éloquence dont le secret était perdu depuis Bossuet, et qui n'a cessé depuis de nous en offrir le modèle le plus suivi. On pourrait aisément faire toucher du doigt l'influence de la prose de Rousseau sur les plus véhéments orateurs, comme sur les plus délicats écrivains de ce temps. Remarquons seulement, sans désigner personne, que nos contemporains les plus voisins de la perfection dans l'art d'écrire sont ceux qui ont tempéré le lyrisme et l'éloquence de Rousseau par l'atticisme de Voltaire, et non les malavisés qui répètent avec la dédaigneuse marquise du Deffand : « J'estime et j'aime trop le style de Voltaire, pour goûter celui de Jean-Jacques >.

Les Ronsseanistes d'ontre-Rhin. — Un « fj^énïe dn monde ». — Un monde qui commence* — Mais c'est de l'autre côté du Rhin que le lyrisme de Rousseau a produit tous ses effets, et, en ce sens, les Allemands ont raison de prétendre que l'influence de cet écrivain a été plus grande chez eux que chez nous. Comme il s'agit surtout ici de l'influence de ses idées et de ses sentiments, nous pouvons nous en consoler, car le meilleur de Rousseau nous reste, qui est son style.

Cette distinction faite, que d'éminents Rousseauistes — c'est le mot d'outre-Rhin — à saluer! Voici Goethe, le père de Werther, ce premier-né des innombrables fils de Saint-Preux;

1. Cf. M. E. Faguct, Dix-huitième siècle^ Paris, Lecèno et Oudin, p. 327.

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