‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 51 sur 334 · I. — Faits nisTomouES · texte numérisé non relu

I. — Faits nisTomouES

Joiiiville. Sa bio^praphie. Date de ses Mémoires. — En

dehors des six années que Joinville passa dans la compagnie ilu roi saint Louis, sa vie ne nous offre rien de saillant. De la pleine lumière qu'il dut alors à cette auguste amitié, il retomba dans l'ombre d'une fortune modeste, et redevint ce qu'il était, un gentilhomme champenois, seigneur d'un castel qui pouvait armer neuf chevaliers et sept cents hommes de pied, exerçant à la cour du comte Thibaut la charge de sénéchal, qui lui venait de son bisaïeul, et centrahsait tous les pouvoirs civils et militaires de Champagne* sous la haute autorité dudit comte. Le manoir où il naquit, vers 1224, deux années avant le règne de Louis IX, se dressait sur l'une de ces coUines boisées qui, surplombant des gorges profondes, dominent la coquette cité de Joinville et commandent le cours de la Marne. Bien qu'apparentée, du côté maternel, à la maison d'Allemagne, sa famille n'était pourtant que de moyenne noblesse. Elevé près des comtes de Champagne, qftî^go Citaient fort la gaie science^ témoin les chansons célèbres par leurs inspirations courtoises, de ce Thibaut IV dont il fut d'abord l'écuyer tranchant. C'est même en cette dernière qualité que, tout jeune encore, il ^iïilrevit pour la première fois la Cour de France, à l'occasion

des fêles que donna Louis IX, en 1241, à Saumur, quand son frère Alphonse reçut l'investiture du comté de Poitiers.

Il entrait dans sa vingt-quatrième année, lorsqu'en 1248, à Pâques, le lendemain du jour où lui était né un fils, il manda ses vassaux pour leur dire : < Seigneurs, je m'en vais outre-mer, et je ne sais si j'en reviendrai. Or, avisez : si je vous ai fait quelque tort en quelque chose, je vous le réparerai de point en point. » C'était pratiquer dans ses domaines l'exemple du roi dont il devait mériter l'affection et partager les périls, parmi les hasards de cette malencontreuse croisade d'où il ne revint que six ans après, et encore grâce à sa bonne chance. A la Mansourah, son cheval recevra dix-sept blessures : pour sa part, Joinville en aura cinq. Il sera fait prisonnier le mercredi 6 avril 1250, et déUvré le 6 mai, au lendemain de l'Ascension. 11 mettait à la voile pour le retour en France le 25 avril 1254 : il débarquait le 17 juillet. Dès lors il ne quittera plus son château que pour aller, de temps en temps, rendre ses hommages au maître dont il ne s'était séparé qu'avec une profonde tristesse. Au mois de décembre 1254, nous le retrouvons à Paris négociant le mariage qui se conclut en 1255 entre Thibaud V, roi de Navarre et comte de Champagne, et Isabelle, fille de Louis IX. Il dut assister aussi à la cérémonie qui, le 4 décembre 1259, consacra le traité de paix signé par les rois de France et d'Angleterre. En cette même année, il siégea dans le parlement où fut jugé le différend de l'archevêque de Reims et de l'abbé de Saint-Remi. Sept ans plus tard, il prit part au Conseil où il fut décidé que le comté de Dammartin serait restitué à Mathieu de Trie. C'est encore à titre de témoin qu'il nous parle de la séance où le saint roi se croisa pour la seconde fois, le 25 mars 1267. 11 eut alors le regret de ne point s'engager dans une aventure dont il prévoyait la funeste issue ; et un songe vint à propos confirmer une résolution que justifiait la crainte des malheurs publics. Dans son sommeil, il avait vu le roi agenouillé devant un autel, et plusieurs prélats le revêlant d'une serge rouge de Reims. Or, suivant son chapelain, la serge annonçait que la croisade serait de petit exploit. Enfin, il figura, en 1282, dans l'enquête faite à Saint-Denis pour préluder à la canonisation de son roi, et, en 1298, dans la levée

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