‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 70 sur 334 · LE CHRONIQUEUR · texte numérisé non relu

LE CHRONIQUEUR

Analyse des quatre livres des « Chroniques ». — Froissart, dès les premières lignes de ses Chroniques^ en définit l'objet et le contenu. S'il cronisa tout cela, c'est t afin que les

grans merveilles et li biau fait d'armes qui sont avenu par les grans guerres de France et d'Angleterre et des royaumes voisins, dont li roy et leurs consâulz (conseils) sont cause, soient notablement registre et ou tamps présent et à venir veû et cognû > . Toute cette matière se répartit en quatre livres. Le premier, de beaucoup le plus important et le plus intéressant et qui fut de bonne heure populaire, raconte les événements compris entre 1325 et 1378, depuis la révolution de palais qui mit Edouard III sur le trône, jusqu'à la mort de ce prince, qui rétablit nos affaires. Il déroule la lugubre épopée de Crécy et de Poitiers, avec les émouvants épisodes des Flandres et d'Ecosse, de la peste noire et des Grandes Compagnies, de la commune de Paris et de la Jacquerie. Le deuxième livre nous conduit jusqu'en 1385 et comprend les démêlés du roi de France et du roi de Navarre, le début du Grand Schisme, la suite des guerres de Flandre et de Bretagne, avec les épisodes si curieux de la boucherie des bourgeois flamands à Rosebecque et de la répression sanglante des Jacques anglais, fanatisés par Jehan Balle et menés par Wat Tyler. Le troisième livre débute par le long et attachant récit du voyage de Froissart à travers la France pour gagner la cour de Gaston Phœbus où il amasse les matériaux de cette histoire des guerres d'Espagne et de Portugal (1383- 1388), qui est l'objet principal de ce livre. Il se termine par un retour au sujet principal des chroniques, et Froissart y fait le récit des préparatifs de descente en Angleterre, des causes de leur avortement, des démêlés de Richard II avec le duc de Glocester, enfin de sa trêve avec Charles VI. Le quatrième livre s'ouvre par des tableaux d'enU^ées et de tournées royales, de fêtes et de tournois. Il se continue par le récit picaresque des exploits des routiers qui mettent à profit, à leur manière, le départ d'un bon nombre de seigneurs pour un semblant de croisade, à la suite du duc de Bourbon. Il s'assombrit avec la folie de Charles IV et ses suites ; et s'achève enfin, comme le premier avait commencé, par une révolution de palais en Angleterre et l'assassinat de Richard IL

Les sources de Froissart. — Pour touls ces faits, Froissart n'a guère compilé les chroniques qui s'amassaient dans les archives des deux cents princes et hauts seigneurs dont il fut

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