‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 114 sur 193 · J'enri!)ras«c mon rival, mais c'est pour l'étouffer · texte numérisé non relu

J'enri!)ras«c mon rival, mais c'est pour l'étouffer

tats. — S'il idéalise Junie, c'est pour nous ménager encore ''intérêt d'un contraste dans cette vertu dont la pureté même irrite les convoitises de Néron. — Si, par une légère infraction faite à la loi romaine, il ouvre à son héroïne le sanctuaire inviolable de Yesta, c'est par tendresse pour une touchante victime qu'il veut sauver; et la volonté populaire excuse d'ailleurs cette liberté. que légitime notre pitié. — S'il ajoute quelques années à l'âge de Britannicus, c'est pour donner à sa passion plus de vraisemblance. — Voilà comment il amende et corrige la réalité par des retouches qui, tout en respectant le principal, tournent l'accessoire en ressources d'émotion.

Ob est l'nnlté du sojetf Belle éecnomle de l'actioa. — Quant à l'unité de ce drame, elle est évidemment dans le caractère de Néron. Racine représente l'éveil d'une âme féroce, préludant à sa scélératesse par un noviciat qui en remontre aux vétérans du crime. Dans ce spectacle, la pitié même n'est qu^un mobile secondaire. Car les rôles de Britannicus et de Junie ne nous touchent qu'en passant; ni l'un ni l'autre ne porte le poids de l'action. Ils la subissent presque sans lutte. Ils ne figurent que pour aider au développement de la crise morale sur laquelle se concentre l'attention. Pour nous, il ne s'agit pas de savoir si des innocents succomberont, mais d'assister à la lutte du bien et du mal se livrant un suprême combat duquel va dépendre le sort d'un empire et du monde. Ce dessein, qui se poursuit avec une logique pressante, s'achève dans l'admirable scène ^ où Narcisse, après avoir essayé tour à tour l'effet de la crainte, de l'ambition, de lavengeance, de la jalousie etdel'amourpropre, finit par remporter l'odieuse victoire dont le signal est ce vers :

Viens, Narcisse, allons voir ce que nous devons faire'. Dans le mécanisme de cette tragédie, tous les ressorts

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