Acte IV, scène iy
2. On peut comparer à cette scène, ceUe de Sertorius, où Corneille met en présence Aufide et Perpmha^ déjà résolu au meurtre do Sertorius. (SeHorws, acte IV, seèno iy.)
s'enchaînen . donc avec autant de souplesse que de soliditéw Un seuh épisode a été jugé par quelques critiques inférieur à la dignité tragique : c'est la supercherie de Néron se cachant derrière une tapisserie pour épier Britannicus et Junie. Or, nous ne partageons pas ce sentiment. Car ne voir Là, suivant le mot de Fontenelle, qu'un a moyen ridicule et digne de la comédie, » c'est trop oublier l'impression de terreur que nous laisse ce guet-apens qui sert tout ensemble à peindre la bassesse de Néron, et à créer un danger auquel s'intéressent tous les cœurs. Sans nous arrêter à ces vaines chicanes, prouvons plutôt, paj l'analyse des caractères, que Voltaire eut raison d'appeler Britannicus la pièce des connaisseurs.
Les earaefères. -^ Néron. Principaux traits de sa pliysfonomle historique. — Puisque la figure de Néror domine toutes les autres, c'est elle que nous devons considérer d'abord. Si un personnage historique est produit sur la scène, nous exigeons qu'il suffise à sa renommée, et cela d'autant plus que son rôle est plus nécessaire à l'action. Dans le cas où il existe de lui un portrait définitif, il faut que la copie ait , comme le modèle, sa vie propre et distincte. Pour apprécier le Néron de Racine, résumons donc les traits sous lesquels il se montre à nous dans l'histoire.
Issu d'une famille où le premier devoir était de paraître un prétendant accompli, façonné de bonne heure à cette attitude par les leçons de sa mère, le petit-fils de Germanicus avait appris, dès l'enfance, l'art de jouer de sangfroid la comédie de la popularité. Acteur précoce, il ne cessera pas de justifier ce mot qu'il prononçait en mourant : Qualis artifex pereo^! Or cet irrésistible entraînement qui le pousse vers le' théâtre et le cirque n'est chez lui que le symptôme d'une folie qui sacrifiera tout, même l'Empire, à la fureur de remplir la scène du monde, fût-ce par l'impossible et le monstrueux. Dans la frénésie du crime comme de l'orgie, il se sentira toujours en spectacle. Tous ses projets gigantesques, Rome convertie en port de mer, le lac