‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 116 sur 193 · Qnel artUte le monde va perdre I · texte numérisé non relu

Qnel artUte le monde va perdre I

Averne détourne dans le Tibre, Tisthme de Gorinthe percé, ces jeux où il fait descendre dans Tarène quatre cqpts sénateurs et six cents chevaliers, ces débauches effrénées qu'il étale nuit et jour sur Tétang d'Agrippa, ses voyages en Grèce, ces murs de villes démantelés pour donner passage au triomphateur, les magnificences de la maison dorée^ sous Tatrium de laquelle s*élève son colosse de cent vingt pieds, rincendie de Rome contemplé du^haut de la topr de Mécène ; tout, en un mot, depuis la vanité du poète et du chanteur jusqu'au vertige de son apothéose, révèle en lui Tâme de YHistrion qui met les ressources de la toute-puissance au service de sa formidable manie. Voilà le personnage que fait revivre sous nos yeux ce fameux buste du Louvre^, où, dans son horreur théâtrale et terrible, Tœil enfoncé, les lèvres gonflées par la rage et le mépris, le cou obstrué de graisse, nous apparaît Texpression forcenée de ce comédien maître du monde.

Racine n*a ironlu peindre que les débuta du monstre. — Tel ne pouvait être le Néron de Racine ; car il n'en est qu'à ses débuts. Il s'essaye au crime; il fait son apprentissage ; et pourtant, il faut qu'en un jour, en quelques heures, dans une action qui ne souffre pas de délais ', il soit conduit des dernières contraintes de l'éducation à Texécrable cruauté qui annonce le parricide. Ge sombre avenir, nous l'entrevoyons, en effet, dans « ce monstre naissant qui n'ose encore se déclarer, et cherche des couleurs à ses méchantes actions*. »

Si quelques-uns reprochèrent au Néron de Racine trop de bonté, ce fut donc pure méprise. Car les semences de tous ses forfaits possibles se trahissent déjà dans une atrocité qui, pour être tranquille, réfléchie, et en quelque sorte natu* relie, n'en doit paraître que plus profonde. Mie éclate dans

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