Osman dit à son peuple qui murmure autour de lui
' Qui TOUS fait assembler pdur me donner conseil ?
L'ombre eêtrelle en état (Féolairer le êoleil?
t» Le président de Tallard fut un des plus ardents à rapplaudissernsot. '
tel retentissement qu'au lendemain du triomphe les plus malveillants n'osèrent pas troubler ce concert de louanges par des notes dissonantes. Le Mercure lui-même dut mettre une sourdine à sa mauvaise humeur. Il se permit à peine quelques srourires maussades dans l'article où il dit ironiquement : « Le mérite de l'auteur est si grand qu'aujourd'hui l'on ne peut trouver sur le Parnasse une place digne de lui être offerte. »
L'ppinion « du bel air^ » est contagieuse, et les dissidents ne luttèrent partout d'abord contre le courant. Dans une première lettre du 13 janvier 1672, Mme de Sévigné se borne à constater une victoire dont s'attristait sa piété cornélienne. i< Racine, écrit-elle à sa fille, a fait une corné* die qui enlève la paillé : vraiment, elle ne va pas empirandOj comme les autres'. M. de Tallard dit qu'elle est autant au-dessus de celles de Corneille que celles de Corneille sont au-dessus de celles de Boyer; voilà ce qui s*appelle bien louer: il ne faut point tenir les vérités cachées. Nous en jugerons par nos yeux et nos oreilles :.
Da bruit de Bajazet mon'àme importunée
fait que je veux aller à la comédie^. »
Elle n'y manqua pas ; et, au retour, comme si la Champmeslé avait le plus de droits à l'applaudissement, elle débute ainsi : « Ma belle-fille^ m'a paru la plus merveilleuse comédienne que j'aie jamais vue; elle surpasse la des Œillets de cent lieues loin; et moi, qu'on croit assez bonne pour le théâtre, je ne suis pas digne d'allumer les chandelles, quand elle paroît *. » Quant à la pièce, elle ne peut lui refuser un compliment, mais .sans cordialité. « Bajazet est beau : j'y trouve quelque embarras vers la fin. Il y a bien de la passion, et de la passion moins folle que celle de Britannicus, .» Les réserves mêmes sont pourtant flatteuses, puisqu'elle ajoute : « J'estime, en mon petit
i . C'est ainsi qne Mme de Sévigné appelle ce qui serait aujoard'hui ToiU PaiHt,
2. Elle Toalait parler sans doute de Brilannicus et de Bérénice.
3. Allusion assez leste au caprice de son fils pour la Champmeslé,