Quand le Vizir lui dît
La plus simple des lois, ah I c'est de vous sauver,
Et d'arracher enfin d'une mort manifeste
Le sanç des Ottomans dont vous faites le reste,
Bajazet répond :
Ce reste malheureux seroit trop acheté S'il faut le conserver par une lâcheté.
3. Voltaire a fait d'autres emprunts à Racine. Zalivuey la conQdente de Hoxane, est devenue Fatime. Roxane a prêté plus d'un trait au caractère d'Oro^m^ne. Le germe du fameux vers : Zaire^ vout pleurez... est dans la quatrième scène du troi-
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rame tiere du jeune prince, cependant u sappiaudit ae se voir entin iiDre. Mais son transport est interrompu par les larmes qui s'échappent des yeux d'AtalitJe. Étonné d'une douleur à laquelle il ne pouvait s'attendre, il s'écrie :
Que vois-je? qu'avez- vous? roKspieurez?
Voltaire a su très habilement recueillir ce mot si simple ; il l'a mis en lumière»
Conelasioii. <^ Terminons en disant que, malgré des anachronismes exigés par les convenances du temps ^, Racine a su représenter ingénieusement la politique du Sérail, du moins dans les deux principaujc caractères. Sans doute, on ne retrouve point ici les curiosités de langage par lesquelles il est si facile de simuler la couleur locale. II ne parle ni de Harem ^ ni à! Uléma ', ni de Muphtiy ni de Kisler-Aga, ni de Bostangi, II remplace même le mot de cordon par cette périphrase, nœuds infortunés; mais on ne contestera pas sa bonne volonté de rester souvent fidèle à la vérité des mœurs. Ce qui nous paraît timide fut alors presque audacieux ; et il serait injuste d'insister sur l'insuffisance des détails accessoires, quand le poète satisfait à l'essentiel, c'est-à-dire à la peinture des passions, et aux impressions de terreur qui semblent dépayser un spectateur complaisant.
il en a fait un coup de théâtre. Car la âtoation do Soudan est plus pathétique. Il vient d'accabler Zaïre de ses mépris, lorsqu'une larme de celle qail croit infidèle clpiiit son courroux, et rallume son amour. 1 . Dans le Tempto du 0OtU, Voltaire écrit :
Racine observe les portraits De Ba^azet^ de Xipharès, De Brilannicus, d'HippoIyte ; A peine il distingue leurs traits.
Ils ont tous le même mérite :
Tendres, galants, doux et discrets ; Et l'Amour qui marche à leur suite Les croit des courtisans français.
3. S'il ne nomme pas le conseil des uUtncks^ il le désigne (acte I, seine il) sous le nom d'interprète» vteré» de la Un, M parle de V étendard redtnUé d« prophète (acte III, scène ii) qu'on déploie aux jours de péril. Il mentionne les n^ueU nécuti'urs des vengeances du maître et le fatal lactt (acte W^ scène v) . Il connaît Il loi qui nr donne i la favorite le titre de SwUane qn'.iprès la naissance d*un fils* U a donc essayé de mettre en scène les usages ou maximes de la Turquie.
MITIIRIDATE