‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 133 sur 193 · ÉTUDES LITTÉRAIRES. <*'2Ô · texte numérisé non relu

ÉTUDES LITTÉRAIRES. <*'2Ô

justifient et expliquent là riise de sa jalousie. Sans doute elle rappelle trop l'a fourberie d'Harpagon. Mais pourquoi défendrait-on à la tragédie de se rapprocher de la comédie? Dès que les héros s'oublient jusqu'à devenir des hoi^mes, il faut bien se résigner à retrouver en eux les communes misères. Le poète doit alors être absous, quand il réussit à sauver par le pathétique une situation équivoque. Or, oseraiton nier Témotion de terreur et de pitié produite par ce coup de théâtre qui, loin de faire rire, comme le guet-apensde YAvœre^^ nous attendrit jusqu'aux larmes? Ajoutons que ce n'est plus un incident amusant qui n'entraîne aucune suite, mais le nœud même du drame, et la péripétie nécessaire à la catastrophe. Soyons donc aussi' indulgents pour Racine que pour Mithridate dont la gloire reste entière, lorsqu'il s'écrie :

Ennemi des Romains et de la tyrannie, Je n'ai point de leur joug subi l'ignominie; Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux Qu'une pareille haine a signalés contre eux, Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, Ni de jourb malheureux plus rempli leur histoire. Le ciel n'a pas voulu qu'achevant mon dessein Rome en cendres me vît expirer dans son sein ; Mais au moins quelque joie en mourant me console. J'expire environné d'ennemis que j'immole ; Dans leur sang odieux j'ai pu tremper mes mains, Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains *.

Monime. Adresse et mesore. Une héroïne aimable. — »

Quand même on résisterait à ces beautés oratoires, les plus rebelles rendront les armes aux aimables vertus de Monime; car jamais Racine n'a conçu figure de femme

L'esprit ne se sent point plus ylvement frappé Que lorsqu'on un sujet dUntrigue enveloppé, D'un secret tout à coup la yérité connue Change tout, donne à tout une face imprérae.

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