‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 141 sur 193 · Le Toici» sauf un tiercet trop scabreux · texte numérisé non relu

Le Toici» sauf un tiercet trop scabreux

Dans un fauteuil doré, Phèdre, tremblante et blêmey Dit des Ters où d'abord personne n'entend rien. Sa nourrice lui fait un sermon fort chrétien Contre Taiïreux dessein d'attenter à soi-même. Hippolyîe la hait presque autant qu'elle Taime ; Rien ne change son cœur, ni son chaste maintien. La nourrice l'accuse; elle s'en punit bien. Thésée a pour son fils une rigueur extrême.

Il {Hippolyte) meurt enfin traîné par ses coursier ingrats; Et Phèdre, après aroir pris de la mort aux rats, Vient, en se confessant, mourir sur un théâtre.

ritnes, on Tatlribue généralement à Racine et Boileau*; mais nous hésitons à Taffirmer. Car, s'il est spirituel, sa méchanceté passe toute mesure, lorsqu'elle se fait Técho des imputations les plus odieuses contre le duc de Nevers 'et la duchesse de Bouillon. Le droit de légitime défense ne justifiait pas ces représailles cruelles qui mettaient en cause rhonneur même du mari, du frère et de sa sœur. Aussi leur colère fit-elle explosion. A tort ou à raison, ils s'en prirent à ceux qu'ils préjugeaient coupables ; les traitant comme des grimauds sans naissance, le grand seigneur outragé fit mine de lever sur eux le bâton ', Peutêtre même ces rodomontades eussent-elles accompli leurs menaces, sans l'intervention du grand Gondé qui, n'ayant aucune sympathie pour la race des Mazarin, foudroya ces lâches de son mépris, et rassura les alarmes des deux poètes par ce billet' : v Si vous n'avez pas fait le sonnet,

1. Nous le citerons, non sans une coupure qu'impose la bienséance.

Dans un palais doré, Damon, jaloux et blême, Fait des Ters où jamais personne n'entend rien. Il n'est ni courtisan, ni guerrier, ni chrétien, Et souTent, pour rimer, il s'enferme lui-mèmé. La Muse, par malheur, le hait autant qu'il l'aime; ^1 a d'un franc poète et Tair et le maintien ; l\ veut juger de tout, et n'en juge pas bien, U a pour le Phœbus une tendresse extrême.

U se tue à rimer pour des lecteurs ingrats ; VEnéide est pour lui pis que la mort aux rats, Et, selon lui, Pradon est le roi du théâtre.

2. Il faut bien citer aussi cette brayade, mais ayec suppression:

Racine et Despréaux, l'air triste et le teint blême, Viennent demander grâce, et ne confessent rien. Il faut leur pardonner, parce qu'on est chrétien ; Mais on sait ce qu*on doit au public, à soi-même. Damon, dans Tintérèt de cette sœur qu'il aime, Doit de ces scélérats châtier le maintien ; Car il seroit blâmé de tou s les gens de bien^ S*il ne punissoit pas leur insolence extrême.

Vous en serez punis, satiriques ingrats,

Non pas en trahison, d'un sou de mort aux rats.

Mais de coups de bàlon donnés en plein théâtre.

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