‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 161 sur 193 · A Lyon · texte numérisé non relu

A Lyon

S. Mais Molière refusa, par amour de son art.

4. Sous le titre de troupe de Monsieur. Lorsqu^on commença de b&tir, en 1660, la colonnade du Louvre sur l'emplacement du petit BourboU) la troupe de Monsieur passa au Palais-Royal ; elle devint troupe du roi en 1665 ; plus tard, à la mort de Molière, réunie à la troupe du Marais d'aboré, et sept an» après (1680), à celle de l'hôtel de Bourgogne, elle forma le Théâtre Français.

put donner, le 24 octobre 1658^ au vieux Louvre, dans la salle des Gardes, le Nicomède de Corneille, avec accompagnement du Docteur amoureux. Ce fut le modester prélude de l'époque héroïque où son génie, dégagé de la farce, entrait en pleine possession de lui- même ^

Dès Tannée suivante, le 18 novembre 1659, il inaugura sa glorieuse carrière piar les Préciev^es ridicules^ qui attaquaient au vif les mœurs contemporaines. On eût dit un de ces coups de tonnerre qui chassent tous les brouillards. Avant de se déployer à Taise sur la scène, il lui fallait éclaircir Thorizon littéraire, et en finir avec le petit goût des dégoûtés, avec les mesquins scrupules mis à. la mode par C/e/ie, dont les interminables volumes avaient encore un succès fou. Coupant court à cette épidémie du bel esprit, il voulut donc conquérir son droit de franc-parler ; et le vrai public Tencouragea de ses applaudissements, comme fît ce vieillard du parterre', qui, dans un transport d'admiration, s'écria, dit-on : « Courage, courage, Molière ! voilà la bonne comédie! » Sa conscience le lui disait aussi, s'il faut en croire ce mot de noble fierté : « Je n'ai plus que faire d'étudier Plante et Térence, et d'éplucher les fragments de Ménandre; je n'ai qu'à regarderie monde. »

C'est ce qu'il entreprit sans désemparer. Car, après le sel un peu gros, mais bien gaulois, de Sganarelle (1660)*, et le drame un peu pâle de Don Garde de Navarre (1661), il se produisit avec autant de vérité que de gaieté dans VÉcoU des maris (1661) *, VÉcole des femmes (1662), la Critique de i! École des femmes^ ^ le Festin de Pierre ou don Juan (1665),

f . Treize ans de yie nomade, qa.inze ans de séjpar à Paris, voilA tonte It vie de Molière.

2. Ce vieillard avait dû, dix-sept ans auparavant, applaudir 2e Mwiteur. Wilière jouait Mascarille. c J'étois, dit Ménage, à la première représentation.

, Au sortir de la comédie, prenant M. Chapelain par la main : Monsieur, lui disje, nous approuvions, vous et moi, toutes les sottises qui viennent d*ôtre critiquées si finement et avec tant de bon sens. Mais, pour me servir de ce que saint Remy dit à Clovis, il nous faudra brûler ce que nous avons adoré, et adorer ce que nous avons brûlé. >

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