‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 166 sur 193 · février · texte numérisé non relu

février

yîre forcé ^ Transporté chez lui, rue Richelieu, il se mit au lit, et, tout en causant, fut pris d'un tel accès de touxj qu'un vaisseau se rompit dans sa poitrine. Étouffé par des flots de sang, il ne tarda pas à expirer, à l'âge de cinquante et un ans, trois mois et deux jours, à dix heures du soir, dans les bras de deux sœurs de charité qu'il avait recueillies chez lui, et qui passèrent la nuit en prières, près de leur bienfaiteur. On sait que la sépulture religieuse faillit être refusée à sa dépouille. Mais, grâce au bon curé d'Âuteuil qui accompagna la veuve de Molière à Versailles, lorsqu'elle alla se jeter aux pieds du roi, pour ' solliciter son intervention, il fut décidé qu'on accorderait « un peu de terre » aux restes du comédien, pourvu que le corps allât directement au cimetière Saint Joseph, rue Montmartre, sans passer par l'église. La cérémonie s'accompli) le 21 février au soir. Deux ecclésiastiques accompagnaient la bière, et deux cents personnes eaviron suivaient, tenant chacune un flambeau. On ne fit entendre aucun chant funèbre. Dans la Journée, des fanatiques s'étant assemblés autour de la maison mortuaire, il fallut dissiper cette tourbe en lui jetant de Targent '. Mais la postérité a bien vengé Molière de ces indignes outrages.

Page 1