I. — Faits historiques
Froideur du public. Préjaf^é coplrç Iffc ««HRiMifi
prose. — Quoiqu'on disent Grimarest, le biographe nie Molière, et, d'après son autorité, les historiens du Théâtre français, puis Voltaire^ Qailhava*, et })ien d'autres, il n'est pas vrai que Y^lvctr^ subit un premier échec avant de se produire, six mois plus tard, sur la scène du Palais- Royal ; car, dans le Registre de la Troupe, tenu, comme on sait, par La orange dont l'exactitude était scrupuleuse, il n'est fait aucune mention de cette comédie avant le dimanche 9 septembre 1668, C'est alors seulement qu'elle figure, sous le titre de Pièce nouvelle; cette soirée rapporta 1069 fir. 10 centimes, ce qui atteste l'éveil d'une curiosité très vive. Cependant, après neuf représentations qui ne furent pas consécutives *, il y eut relâche. La recette
Lettres. L'excellente prose et la gaieté des Plaœts rappelle le ton des premières Provinciales, quand Molière écrit : < Votre Majesté a beau dire, et M. le Légat, et MM. les Prélat^ ont ])e4ii donner leur jugeaient, pa4 comédie, sans l'avoir vue, est diabolique, et diabolique mon cerveau. » On croit entendre Pascal trè^ embarrassé de prouver qu'il n'est pas une popie éPenfer. La Préface imprimée en tète de Tartufife expose des arguments analogues à ceux de la Onsiitme Provinciale, et les transpprte dans la comédie.
1. Cailbav», nutepr 4r»ro.»tiqiw (17»t-*»tS) ; »yec.(|e ROfqbr^sins pièpfs. d^nt la meilleure est Iç Tuteur dup^, i\ compps^ un traité sur V4pt de <4 eon^édùif
2. Il y eut une lacune, du vendredi 21 septembre au dimanche 9() septembre*
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avait sensiblement baissé. Le vendredi 15 octobre, elle n'alla pas au delà de 143 fr. 10 centimes. Si, le dimanche 16 septembre, on récolta 664 fr., ce mouvement de hausse s'explique par la présence de Monsieur, frère du Roi, de Madame, et de la Cour. Le 14 décembre, à la suite d'une interruption qui dura deux mois et plus, une reprise eut lieu, et l'Avare fut joué huit fois jusqu*au dimanche 30. Mais, pour attirer le public, Molière dut Tamorcer par la vogue d'une farce dont Tauteur garda l'anonyme, et qui, intitulée le Fin Lourdaud, ou le Procureur dupé^ avait probablement quelque analogie avec V Avocat Pathelin *.
Il est donc certain que ce chef-d'œuvre ne reçut pas d'abord tous les applaudissements dont il était digne. Cependant, il ne faudrait point exagérer l'indifférence de cet accueil, puisque, dès le 15 septembre 1668, Robinet parle, dans sa Gazette,
D'un Avare qui divertit * Non pas certes pour un petit, Mais au delà ce qu'on peut dire :
Car d'un bout à l'autre il fait rire.
Si cet éloge exclut l'idée d'une chute, on ne saurait nier du moins que, par routine ou préjugé, beaucoup de prétendus connaisseurs et gens du bel air se refusèrent à goûter une pièce qui leur semblait manquer aux lois de la haute comédie, parce qu'elle n'était pas écrite en vers. C'est ce que confirme le témoignage de Grimarest rappelant cette protestation de je ne sais quel duc. et pair qu'il ne nomme pas : « Molière est-il fou, et nous prend-il pour des benêts de nous faire essuyer cinq actes de prose? » Cependant, ce n'était pas la première fois que le poète faisait infidélité à l'alexandrin : car il l'avait déjà délaissé dans la Princesse d'Élide, et le drame de Don Juan^, Mais l'un n'était qu'une improvisation, et l'autre