I. — Faits historiques
a^m. eonjuration de Cinna, et la révolte de Jean-va , Ba-pleds. — Cinna fut la revanche de Corneille contre (a cabale de ses détracteurs, comme le confirment ces vers de Boileau :
. . . . Par les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois monté. Plus on veut Tafibiblir^ plus il croît et s'élance ; Au Cid persécuté Cinna doit sa naissance ^
Mais ce que l'on sait moins, ce sont les circonstances historiques au milieu desquelles cette tragédie fut composée, en 1639, dans la ville de Jlouen, où Corneille venait de se retirer sous le coup de ses disgrâces.
Or de récentes informations^ nous apprennent qu'en cette année la Normandie était le théâtre d'une révolte provoquée par la surcharge des taxes mises sur le sel, le cuir et le pain. On commença par arrêter les plus mutins ; toutefois le parlement de Rouen, devant lequel ils en appelèrent, ayant cru devoir les relâcher, le mouvement que semblait encourager cette indulgence gagna de proche en proche, et finit par dégénérer en une sorte de Jacquerie organisée dans les campagnes par un chef, qui, sous le nom de . Jean- va-nu-pieds, menait au pillage des bandes