Acte V, scène m
2. Elle n'ft eu qa*an éclair d*attendrisseinent poar Bon docile complice :
.... Hélae ! cours après lui, Folyie, Et si ton amitié daigne me secourir, Arrache-lui du eœar ce desseia de mourir.
Mais elle rentre bientôt dans sa nature (acte in, scène v),.et ajoute :
.... Qu'il achève, et dégage sa foi, Et qu'il choisisse après de la mort ou de moi*
t. Acte n« scènp i.
prise involontaire ! Mais non ; c'est le cri de sa conscience. Le «tigre*» qu'il voulait égorger n'est plus maintenant à ses yeux qu'une victime innocente. Il ne craint pas de justifier Auguste, en présence mftme d'Emilie qui s'étonne et s'irrite d'un tel changement. Le complot où il cherchait la gloire lui devient le plus lâche des attentats. Il maudit la promesse qui l'engage ; et quand son amante, à force de icproche8,*a repris sur lui son empire, c'est avec désespoir, qu'il se résout à lui ohéir :
Vous le voulez : j'y cours : ma parole est donnée; Mais ma main aussitôt contre mon sein tournée, Aux mânes (f un tel prince immolant votre amant, A mon crime forcé joindra mon châtiment.
Est-ce bien celui qui, tout à l'heure, s'écriait:
SMl est pour me trahir des esprits assez bas, Ma vertu pour le moins ne me .trahira pas : Vous la verrez, brillant au bord du précipice, Me couronner de gloire eo bravant le supplice l
Comment se fait-il qu'après avoir refusé la liberté, parce qu'il fallait la tenir d'un tyran, il dise maintenant que c'est être
Esclave avec honneur que de Tétre d'Octave?
Se démentir ainsi, n'est-ce pas manquer à cette loi de l'unité qui s'impose surtout à un caractère principal? Voilà ce qui scandalise La Harpe et d'autres critiques ; ils blâment dans Ginna d'abord la lenteur de ses remords, puis sa conversion même.
Cette inconsistance, on ne saurait la nier ; mais, tout en admettant qu'elle n'a rien d'héroïque , nous la jugeons vraisemblable dans un cœur que dominent la passion et l'imagination. Demander pourquoi les bontés d'Auguste n'agissent point à la minute sur une âme exaltée qu'elles déconcertent, c'est oublier qu'un blessé sent à peine, dans la chaleur du combat, le coup dont il vient d'être frappé. N'est-il donc pas naturel que ce Brutus novice, interdit