‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 47 sur 193 · Acte IV, scène iv · texte numérisé non relu

Acte IV, scène iv

César, prend» ^.-arde à toi ;

Ta mort est résolae ; un ia jure, ou l\i|)iirûte.

conscience d'une héroïne qui, dans ses adieux à Gésar^ pourra parler le langage d'un Gaton, sans paraître ingrate ou déloyale. En sauvant son ennemi, elle n'a youlu que se réserver une victime qui lui est due. Laissons donc Voltaire reprocher à ses plaintes trop de faste ou de subtilité. Tout en préférant Ândromaque à Gomélie, qui, pour braver la victoire de Gésar, a moins besoin de courage que la veuve d'Hector pour résister à l'amour de Pyrrhus, nous acceptons ces situations exceptionnelles où figurent des âmes extraordinaires; et nous croyons que, pour les juger, il «uffit de dire : Il n'y avait que Gésar qui pût agir ainsi avec Gomélie; il n'y avait que Gornélie qui pût parler ainsi à Gésar.

déopAtre, — Â ces hautes vertus s'oppose la coquetterie de Gléopâtre» cette ambitieuse qui veut séduire Gésar pour se faire couronner à la place de son bhxQ Ptolémée. Dans son Examen de Pompéey Gorneille se flatte "d'être resté fidèle à une ressemblance qu'il se proposait « d'ennoblir par ce qu'on peut imaginer de plus illustre ». Il y a là quelque illusion. Gar il a représenté sous des couleurs trop romanesques cette reine qui valut mieux que sa réputation. De l'aveu môme d'Horace qui rend un involontaire hommage à l'intrépidité de sa mort, elle eut une âme forte, sous l'apparente frivolité de ses plaisirs, et une grande pensée politique, parmi ^ les caprices d'une licence voluptueuse qui tenait aux mœurs de son temps qt de son pays. Dans le conflit des guerres civiles elle avait vu la lutte de deux mondes, l'Orient et l'Occident, qui tôt ou tard devaient se séparer; et son idée fixe fut dès lors de reconstituer la monarchie d'Alexandre. En séduisant Gésar, elle ne songeait qu'à tenter par lui ce qu'elle faillit accomplir avec Antoine. Même après Actium, ne voulait-elle pas, dit Plutarque, faire traîner ses vaisseaux par l'isthme de Suez, pour aller avec le triumvir vaincu fonder un empire des Indes, après avoir perdu le sien?

Yoilà des traits que Gorneille a méconnus. Tout en soupçonnant « qu'elle se servoit des avantages de sa beauté pour affermir sa fortune », et qu'elle s'attachait à la puis-

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