‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 64 sur 193 · Acte IV, sceue iv · texte numérisé non relu

Acte IV, sceue iv

' de ses proprest artifices, si bien qu'elle a raison de s'écrier : "

Je ne fais rien du tout, quand je pense tout faire '.

Il en résulte cet autre inconvénient que, Phocas une fois disparu', l'intérêt commence à languir ; car peu nous importe alors que Tun ou l'autre prince soit ou non proclamé empereur, et se nomme Héraclius ou Martian. Si Joas n'était reconnu qu'après la mort d'Athalie, la fin de la pièce nous laisserait indifférents^.

Quoi qu'il en soit, la structure de l'ensemble est d'une rare puissance, et se prête à des scènes qui seraient encore plus pathétiques si des ressorts trop compliqués ne justifiaient pas ces vers de Boileau :

Je me ris d'un auteur qui, lent à s'exprimer. De ce qu'il veut, d'abord, ne sait pas m*informer, Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue, D'un divertissement me fait une fatigue.

En effet , les trois premiers actes n'excitent guère qu'une curiosité inquiète, et parfois mêlée d'impatience. On ne sait alors ni qui parle, ni à qui l'on parle, ni de qui l'on parle. Or, nous ne pouvons être émus de ce que nous comprenons mal. Si l'esprit est trop tendu, le cœur se refroidit; car nous ne venons pas au tliéâtre pour résoudre des problèmes, mais pour juger des caractères, et être touchés par des passions. Voilà pourquoi le savant mécanisme de cette tragédie n'est point l'art suprême qui consiste à produire de grands effets par les moyens les plus simples. Corneille lui-même eut conscience de ce défaut, lorsqu'il disait : « J'ai vu de iort bons esprits, et des personnes des plus qualifiées de la Cour se plaindre de ce que la re-

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