‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 77 sur 193 · L'histoire l'appelle Anlistie · texte numérisé non relu

L'histoire l'appelle Anlistie

Unissons ma vengeance à votre politique , Pour sauver des abois toute la République.

Elle figure donc cette classe moyenne qui ne transige pas avec un maître, quel qu'il soit.

Dans le troisième acte, le caractère de Pompée est traité avec convenance. Si la nécessité Ta réduit à passer au camp de Sylla^, il réserve son indépendance pour l'avenir, et tente ainsi son apologie :

Lorsque deux factions divisent un empire, Chacun suit au hasard la meilleure ou la pire. Suivant Toccasion ou la nécessité.

Le plus juste p<irti, difûcile à connoitre

Nous laisse en liberté de nous choisir un maître.

Il a cette mélancolie des citoyens honnêtes, mais indécis et timides, qui, dans ces crises où s'éclipse la lumière du droit, ne savent plus ce qu'impose le devoir, et légitiment parfois leurs faiblesses par l'apparence du bien public. Il l'uvoue, quand il dit :

Je m'abandonne au cours de sa félicité, Tandis que tous mes vœux sont pour la liberté ! Et c'est ce qui me force à garder une place Qu'usurperoient sans moi l'injustice et Taudacc.

Dans la réponse de Sertorius, Corneille se montre historien aussi profond que Montesquieu dans le Dialogue de Sylla et (VEucrate. Il fait ressortir l'inconséquence du dictateur qui donne l'exemple de la tyrannie ', sous pr6« texte de restaurer l'ordre par le Sénat, et d'assurer ainsi la liberté:

Gomme je vous estime, il m'est aisé de croire Que de la liberté vous feriez votre gloire. Que' votre âme en secret lui donne tous ses vœux ; Mais^ si je m'en rapporte aux esprits soupçonneux,

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