‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 123 sur 244 · I. — Faits historioues · texte numérisé non relu

I. — Faits historioues

Les «■rfitenra font le* «raleMM. ■ér*nne de l« prédlca* tlon an XV1I> alèele. iDOBeBce de Boasacl. — ■ Ce ne sont pas les prédicateurs qui se fout eux-mêmes, disait Ëossuel; c'est aux auditeurs à les faire tels qu'ils doivent être. 11 faut d'abord qu'ils s'adressent à des oreilles dociles. » A ce titre, le xvii" siècle ne pouvait manquer d'être un âge d'élection pour l'éloquence sacrée. Celle-ci en effet, suscitée par cet esprit chrétien dont le réveil se manifeste souvent au lendemain des malheurs publics, fortifiée par ta réforme des mœurs et des éludes ecclésiastiques, assurée de soo empire parles sentiments du Priuce et la croyance des peuples, servie par la maturité d'une langue qui pouvait enHn suivre à tous les besoins de la pensée, eut seule, sous la monarchie la plus absolue, le privilège d'une liberté que Louis XIV respecta comme le droit ou plutdt comme le devoir de l'Église. La Prédication était d'ailleurs alors la . seule carrière où pût se déployer cette faculté oratoire qui est propre à notre race. Aussi est-ce de ce côté que se tournèrent des intelligences qui, dans un autre mUieu, eussent illustré la tribune ou le barreau, l'Église permit l'accès des honneurs à des talents de naissance obscure. Il y avait \k de quoi stimuler les ambitions et les courages, et la prédication au xvu= siècle fut vraiment une de ces institutions souveraines qui agissent sur les consciences et gouvernent les âmes. . Même avant l'avènement des grands initiateurs, plus d'une chaire avait déjà substitué, par des exceptions heureuses, à une ingrate scolastique la science féconde des Écritures, aux licences d'une fantaisie triviale ou à la pompe d'un luxe fas-

Page 1