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tueux la modestie et l'efitcacité du discours pastoraj. Parmi ces précurseurs il f&ut citer : Du Perron ; — saint François de Sales, en dépit de quelques pensées alambiquées; — lePèreBourgoing, supérieur de l'Oratoire, qui eut l'enviable fortune d'être loué par Bossuet; — le Père Le Jeune, qui prêcha de 1625 à 1660, et transporta dans la chaire les habitudes ramilières du catéchisme; — le Père Sénault, qui < fut h l'égard de Bourdaloue ce que Rotrou est pour Corneille > {Vollairé); — Claude de Lingendes, néenl580, hommedesenset de coenr dont la raison fut éloquente ; — saint Vincent de Paul surtout, dont noua avons vu que Bossuet fut quelque temps le disciple, b. Saint-Lazare ; — Cospéan, l'évéque d'Aire, qui fut un des réformateurs de la chaire, et, comme nous l'avons vu, un des premiers conseillers de Bossuet, bien qu'il amalgamât, dans l'Oraison funèbre d'Henri H', des citations de Salomon, Ronsard, Platon, Pythagore, Salluste et Plutarque : mais quels modèles et quels émules il avait, pour rexcuserl (En 1602, le plus considérable représentant de la chaire sous Henri IV, Pierre de BessQ, prêchant sur la Passion, n'appelait-il pas le^ sacrements aqueducs de la grâce, les mauvaises pensées allumettes des vices, Jésus-Christ le procureur d'Abraham, la sainte Vierge Vtnfante de la Triniié, Lucifer le Concierge des Démonsi Et en 1616, le P. Vallaldier, dans sOn sermon sur la Mort, n'apostrophait-il pas ainsi les riches : • Vous êtes gras de chair, gras de lard, gras de plaisir : tant mieux pour le diable! Bon pour la marmite du diable! > Des compagnies célèbres furent aussi de vaillants foyers d'apostolat, et contribuèrent h la rénovation des mœurs ou des études ecclésiastiques. Signalons surtout l'Oratoire et Port-Hogal (voir l'ouvrage de H. Jacquinet sur les Prédicateurs du XVII' siècle avant Bossuet).
Mais cette révolution, commencée par l'instinct du bon sens, le génie seul devait l'accomplir définitivement. Lorsque l'élite de la Cour et de la Ville eut admiré un théologien profond, un moraliste clairvoyant, un dialecticien pathétique, un orateur majestueux et simple, familier sans bassesse, hardi sans témérité, riche de tous les accents qui expriment sous une forme incomparable les tendresses ou les sévérités du christianisme, une lumière soudaine éclaira tous les yeux; on s'étonna
INVENTAIRE ET HISTOIRE DE SES SERMONS. 331 d'avoir si longtemps souffert la réputation usurpée de déclamateurs insipides; et l'indifféreuce ou le mépris de tous fit justice d'un art théâtral ou frivole qui déshonorait le ministère évangélique.
Dans cette éducation du goût public, la meilleure part innfluence revient donc à Bossuet : car il justifia vraiment le mot de Voiture disant : t Nul n'a prêché ni si tôt, ni si tard >. Nous entendons par là que sa prédication dura plus d'un demi-siècle, depuis le collège de Navarre, où il se signalait par la précocité de sa parole, jusqu'à sa verte vieillesse qui fut encore un apostolat. Si, de 1670 à 1682, il ne reparut dans la chaire qu'en de rares occasions, c'est que les devoirs de son préceptorat ne lui en laissaient plus le loisir; mais, le lendemain même du jour où il prit possession du siège épiscopal de lleaux, sa voix retentit de nouveau devant les fidèles, et ne cessa plus de l'épandre la doctrine noii seulement dans la cathédrale de son diocèse et dans les sjnodes annuels du clergé, mais jusque dans les plus humbles couvents de religieuses ou dans de pauvres églises de campagne.
Iiiv«Bl»lv« de* •evmons. DésintéresseMeat 4e Besavet. ■éprise de aes eoBtemporaliiB. — Ce zèle infatigable nous est attesté par des reliques dont l'ensemble comprend cent quarante-sept sermons, treize discours de vêture, vingt-trois panégyriques et dix oraisons funèbres ' ; voilà les épaves d'un naufrage où ont péri plus de cent autres pièces oratoires dont nous ne connaissons que les sujets ou les titres. Si l'œuvre n'a pas sombré tout entière, on s'en étonne, quand on sait quelles vicissitudes subirent les manuscrits du grand évêque, avant d'être enfin sauvés de l'oubli, Boixante-huit ans après sa mort.
D'abord, est-il besoin de dire que Bossuet ne songea point à les faire paraître? Non, le souci de la gloire humaine n'entra jamais dans son cœur. Si tous ses écrits sont des actes, à plus forte raison les bienfaits de sa parole furent-ils le premier devoir de ce sacerdoce militant auquel il se dévoua sans penser à lui-même. De son vivant, il ne publia personnellement que
Paris, Hachelte, 1B32. i
Mion et les notices qui précédent chaque diao LF M. Ritbelliau, pubti«3 avec introduction et (
six oraisons fuaèbres, et cela pour saligfaire à des amitiés illustres, ou à des prières qui valaient des ordres. C'est ainsi que les vœux instants de Madame, duchesse d'Orléans, le décidèrent seuls à faire imprimer, en 1669, rOraison funèbre d'Henriette de France. Quant à l'unique sermon dont il surveilla l'impression, celui qui traite de l'Unité de l'Église (1682), il obéit à des convenances ofllcielles, en faisant connaître â toute la France cette déclaration religieuse et politique, où l'interprète des libertés gallicanes essayait, non sans quelque gène, de concilier les droits de Ueuic puissances également ombrageuses. Si l'on ajoute à ces lestes le discours prononcé pour la Profession de Mme de la ValUére, et l'Oraison funèbre de fiicolas Cornet, qui virent le jour l'un en 1691, l'autre en 1698, mais sans l'aveu du Maître (car il ne Toulut pas s'y reconnaître, au témoignage de son secrétaire l'abbé Ledieu), l'éloquence de fiossuet n'était représentée que par neuf monuments, lorsqu'il mourut en 1704, après quatre-vingts années d'existence digne d'un Père de l'Église, Outre qu'il fut désintéressé de tout amour-propre, on s'explique pourquoi, dans une carrière si pleine, il ne voulut point recueillir les saillies éparses d'une improvisation qui se prodiguait au jour le jour, sans viser au lointain avenir. Ce fond de doctrine devînt pour lui comme un réservoir où le conlroversiste, le théologien, le philosophe cl le moraliste puisèrent incessamment pour suffire aux obligations pressantes d'une activité religieuse qui se déployait sans relâche dans les directions les plus diverses. Ce fut ainsi que bien des idées générales passèrent de la chaire, où elles s'étaient essayées, dans des ouvrages où elles revêtirent une forme définitive, par exemple dans le Traité de la concupiscence, la Politique tirée de l'Écriture sainte, les Élévations sur les Mystères, et les Méditations sur l'Évangile. Dans l'Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre se retrouve une partie du sermon sur la Mort ; dans celle d'Anne de Gonzague se sont glissés des fragments du sermon sur la Vérité de la religion. Il reprenait son bien, pour le mieux placer. Quoi qu'il en soit de ces nécessités ou de ces scrupules, l'orateur n'assura pas même la renommée de ses sermons par des dispositions posthumes.
D'ailleurs il faut bien avouer que la réputation du docteur