‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 147 sur 244 · Faits historioues · texte numérisé non relu

Faits historioues

Né en 1603, fils d'un conseiller â la cour des aides, Michel Le Tellier fut un personnage heureux, dont la fortune ressemble, dit justement M. D. Nisard, i au légitime avancement d'un fonctionnaire exact et capable »•

Conseiller au griind conseil dès l'âge de vingt et un ans,

bientdt procureur du roi au Châtelet, puis maître des comptes en 1830, il attira l'attention de Richelieu, grâce fi la fermeté peu commuae, et même un peu biea cruelle, par laquelle il contribua avec le chancelier Séguier à réprimer une sédition soulevée par des paysans de Basse-Normandie qui, sous le nom de Va-nu-pieds, s'étaient révoltés contre les impôts et la taille. Ces services lui valurent les fonctions délicates d'intendant à l'armée de Piémont, où il connut Hazarin (1640), qui le proposa au roi eu 1643 pour la charge de secrétaire d'État à la guerre. HainleDU dans ce poste sous la régence d'Anne d'Autriche, il devint, durant les troubles de la Fronde, un des plus dévoués serviteurs de la cour. Souple, circonspect, et adroit à user des occasions, comme à s'armer d'autorité pour frapper à propos des coups décisifs, il prit une part importante au traité deBeuil (1640) et à l'emprisounement des princes (1650) ; il sauva Péronne des mains de l'Espagnol (1654); et il mérita la conll&nce du cardinal dans les négociations qui menèrent èi bonne fin la paix des Pyrénées (1650).

Sa récompense fut l'office de trésorier du roi, dont il obtint la survivance pour son flls aîné, le marquis de Louvois, qui entrait alors dans sa treizième année. Louis XIV, qui appréciait soD expérience et sa direction, le garda près de sa personne, et fit de lui l'exécuteur testamentaire d'Anne d'Autriche, poste de confiance, où il se rendit fort utile, jusqu'au jour où il crut devoir remettre à son fils sa charge de secrétaire d'État {1666), noD sans conserver le droit d'assister aux conseils du souveraiu. A ce témoignage d'estime s'ajouta la dignité de chancelier, dont il fut investi en 16T7 : ■ Sire, dit-il alors, en remer oiant son maître, vous avez voulu honorer ma famille et couronner mon tombeau. * Garde des sceaux, il exigea des magistrats plus d'instruction et de régularité, ranima dans les écoles l'étude de la jurisprudence, ne fut pas étranger à la déclaration du clergé français dans l'assemblée de 1682, et signa la Révocation de l'édit de Nantes (28 octobre 1663). Il mourut l'année même où, pleurant de joie, il venait de sceller cette désastreuse ordonnance qu'il regardait, hélas! comme le iriomphe de la foi.

Bossuel, que des liens de reconnaissaoce attachaient à Le

Tellier, ayant été signalé par lui à l'attention de Louis XIV, ne

put refuser à Torgueil connu de l'archevêque de Beims, fils du

chancelier, une faveur qui lui parut un devoir; et il prononça

son oraison funèbre, le 25 janvier 168S, en l'église de Saint-

GervaiB,

Le correctif de ses éloges sera dans cette page d'on contemporain, l'abbé de Choisy : ■ Michel Le Tellier avait tous les dehors d'un honnête homme, l'esprit doux, facile, insinuant, il pariait avec tant de circonspection qu'on le croyait toujours plus habile qu'il n'était..,. Hodeste sans affectation, cachant sa faveur avec autant de soin que sou bien,... il promettait beaucoup, et tenait peu ; timide dans les aifaires de sa famille ; courageux et même entreprenant dans ceUes de l'État; génie médiocre, vues bornées, peu propre à tenir les premières places, où il payait souvent de discrétion, mais assez ferme à suivre un pTan, quand une fois il avait été aidé i le former, incapable d'en être détourné par ses passions, dont il était toujours le maître ; régulier et civil dans le commerce de la vie, où il ne jetait jamais que des fleurs, mais, ennemi dangereux, il cherchait sans cesse l'occasion de frapper celui qui l'avait offensé, et toujours en secret, par la peur de se faire des ennemis qu'il ne méprisait pas, si petits qu'ils fussent. ■

n. — Esquisse uttëraire.

Bx««de et pr»p*Blllan. -:- Dans un esordc grave et un peu froid, dont le ton convient à l'éloge d'un personnage représenté comme un modèle d' t incomparable sagesse >, Bossu et annonce Un sermon en trait points, qui sont la Modestie, VAtnour de f wtérit pubtw, et le Désir des biens étemels. — Ces Idées se retroDvent en efi^l dans le corps du discours, mais non exposées avec la suite d'un plan rigoureux : car ses principales lignes Se ramènent aux divisions que voici i l'orateur va célébrer 1" l'homme et le magistrat, 2" le poUtique, 3" le chancelier, 4" le chrétien.

Pt^mlère partie. L*ha>nBie et le maglstf'ftt. — Sans entrer dans le détail d'une analyse qui serait vraiment ingrate, bor-

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