S18 BUFFON ET MONTESQUIEU COMPARÉS
et l'aulrc vers le pur déterminisme. Un esprit tout sclentiflquc. celui des temps* nouveaux, imprègne leurs œuvres, oriente leurs méditations, et est la caractéristique de leur inQuence sur U marche générale des idées dans leur siècle et encore dans le nôtre. Ils ont d'ailleurs subi l'iin et l'autre l'influence des idées anglaises et ont pu les puiser à leur source même, Montesquieu citant Newton. Buffon traduisant Haies. Leur curiosité s'est tournée tout entière vers les choses de ce monde : » Donnonsnous le spectacle des choses humaines >, dit Montesquieu, cl en peignant l'homme idéal, nouveau venu sur la terre, • admirateur du grand spectacle de la nature et des merveilles de la création >, BufTon faisait son propre portrait. Ce spectacle ne les a attristés ni l'un ni l'autre. Us en ont rapporté une conllancc dans le progrès qui s'est affirmée chez chacun d'eux avec la marche même de leur siècle. Montesquieu déclarait : c J'ai toujours senti une joie secrète lorsqu'on a fait quelque règlement qui allait au bien commun.... N'est-ce pas un beau dessein que de travailler b. laisser après nous les liommes plus heureux que nous ne l'avons étéî • Et il y a tpavaillé prudemment. Buffon, plus hardi avec le siècle plus vieux, s'est écrié en terminant ses Époques de la Hature : « Y a-t-ii une seule nation qui puisse se vanter d'être arrivée au meilleur gouvernement possible, qui serait de rendre les hommes non pas également heureux, mais moins inégalement malheureux?.., Voilà le but moral de toute société qui chercherait à s'améliorer. >
I>(ir ■«■ga« p»tieBce> — Et cette idée de la perfectibilité générale, ils l'ont infatigablement appliquée à leur esprit, se corrigeant sans cesse d'un livre à l'autre *, et prouvant tous deux la vérité du mot de Buffon : « Le génie est une longue aptitude h la patience >. C'est ainsi qu'ils furent l'un le Newton de la politique et l'autre le Bossuet de l'histoire naturelle.
L'homme aodal el pkysIqMe daaa I* llliér«t«re. — Enfin, pour conclure en nous en tenant à la simple critique littéraire,
1. Od s'j trompe quelquefois ponr Monwsijuïoo, pirco qo'on est dupe de sa boutade t D'Alembert : • L'esprit que J'ai en nu moule ; on D'en tire, jumais
traire, les considérBiions de M. Zëvort. Mmteiquieu, Paris, Lectne et Ondili. pp. lOS et 1B6, 01 toute l'iiude flo M. F»gnet, Dix-AMidémo liiele, ibid.