‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 198 sur 244 · V° PÉRIODE : DERNIÈRES ANNÉES ET FIN · texte numérisé non relu

V° PÉRIODE : DERNIÈRES ANNÉES ET FIN

le beau temps, pour promener ses rêveries solitaires à travers les bois et les villages de la banlieue, avec ou sans sa Thérèse, et vivant de ses copies de musique et de son revenu. Ce dernier était, depuis assez longtemps, d'un peu plus de onze cents livres environ, sans compter une pension de cent livres sterling du roi d'ADglet«rre à laquelle il avait cru devoir renoncer dès les premiers quartiers. Décidément Jean -Jacques, qui s'était déjà dérobé à une pension de Louis XV, comme nous l'avons vu, n'aimait pas k être le pensionné des rois, et l'on aurait mauvaise grftce h ne pas constater qu'en cela du moins l'auteur du Contrat social mettait assez fièrement d'accord ses principes et sa conduite. L'ami de ces dernières années fut Bernardin de Saint-Pierre. Nous lui devons des croquis familiers et émus, et entre autres ceuK de Jean-Jacques • vêtu d'une robe de chambre d'indienne bleue, la léte couverte d'un bonnet de coton, copiant de la musique,... écumant le pot >, ou chantant, d'une voix restée juste, des airs de sa composition, en s'accompagnant de son épinette, une de ses dernières consolations, tandis que son serin gazouille au plafond, que les moineaux pépient et pillotent le pain qu'il leur jette par sa fenêtre garnie de caisses et de pots de fleurs. Hoasaeau * EnuononvlUe. — L« • ehaiison dn Sftule • et ■amart (S jalllet IflB). — ArBnmenlH panv et coKtre le salel4e. — BeuBsean et Sacrste, — Après plusieurs velléilés de se retirer dans un asile de vieillards, il accepta avec sensibilité S parmi les onVes d'hospitalité qui lui arrivaient de divers côtés, celle que vinrent lui faire M. et Mme de Girardin sur l'initiative de M. Lebègue de Presle, son médecin. Il part pour leur superbe propriété d'Ermenonville, le 20 mai 1778, et y passe quelque temps dans un état voisin de la sérénité. Le 21 juin, il accompagnait au piano-forle, dans un concert de ftiAteau, t la chansonnette du Saule qui se trouve en Otteilo * • qu'il venait de mettre en musique. Le 2 juillet, il mourait, dans des circonstances obscures et dramatiques, et les soupçons de suicide qui coururent, dès la première heure, n'ont pas encore

eiTOM*tonM« de la mort, etc., par Moni. le Bfffae de Preile, »( oBee une luMi- (lOfl par /.-//. de Magellan, p. 1, l^odrcs, 1TÎ8.

9, De ilagillm. Relation, etc.. op. c. p. 3n.

3. Aprtsuint de dhousBion« ri dp dissertations. 1p suicide de Rousseau rr<t«

e02 JEAN-JACQUEB ROUSSEAU,

été tout à fait détruits '. Il fut enseveli d'&bord h Ermenonville. Le 30 vendémiaire an m, la CouTention faisait porter en grande pompe et accompagnait ses restes au Panthéon. En 1814, soii tombeau fut violé nuitamment et ses restes jetés sans doute à la voirie, comme il l'avait prédit fortnellement dans une lettre à Voltaire, qui d'ailleurs, d'après ce que nous avons relaté plus haut ', partagea son sort ce jour-là.

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