Voir ci-dessus, p
DoiiîHihvGoo^lc
flfti JEAN-JACQUES ROUSSEAU.
pas gouvent au bout des dojgls, quaad il écrif&îl un simple
tiiUet.
Les meilleures des quinze cents lettres de lui que l'on a publiées jusqu'ici sont des mémoires, des plaidoyers od des dissertations, toujours des pièces d'éloquence. Mais elles o&CDt toutes sortes de renseignements précieux sur ses œuvres et sa vie, expliquant l'une et apportant aux autres les plus curieuses corrections, sous le coup des critiques. En un mot, elles achèvent de nous faire connaître son caractère et ses idées; elles montrent l'ardent Jean-Jacques en action.
La < Lettre * ChriXophe de BeaNMOBt ». — La Lettre d Christophe de Beaumont se rattache aux écrits biographiques de Housseau, par la première partie où il se peint en raccourci. Elle présente, dans son développement, une dialectique aussi serrée que celle de la Lettre à D' AUmberl, et elle est surtout remarquable par sa Conclusion. La nature dii débat et l'orgueil de l'auteur mis à part, Rousseau n'a rien écrit qui soit d'une plus tlére allure, d'une plus mâle éloquence que cette péroraison. Elle vaut, par là, les plus beaux passages de la Profeslion de foi du Vicaire smioyard.
Le* < LeUvea de U MontacBe >. — Les lettres de la Montagne n'ont i)i le même feu, ni le même éclat. Ce n'est pas quïl Taille prendre h la lettre )a déclaration de < stoïque modération •, qu'afficha plus tard leur auteur. Bien qu'il proteste, dans ses notes sur le Sentiment des citoyens, t qu'il a fait de dovdoureui sacrifices, pour ne pas troubler la paix de sa patrie >, et pien , qu'il les ait faits réellement dans la suite, on pourrait reldver, parmi ces Lettres, plus d'une conséquence formidable tirée du Contrat social, dont il voyait la violation. dans celle de la Constitution .genevoise. U y a même une théorie en règle du droit :dit ( peuple souverain > à s'insui^er cgntre les % vingt-cinq despotes..; injustes magistrats, qui se mettent au-dessus des . Jois >. Hais ses efforts pour se contenir sont évidents, et donnent ici & son éloquence un accent de gravité curieux à noter.
Le thélltre de Kaosscav. — 11 y a un Kousseau peu connu, intéressant, par contraste, et qu'il faut avoir lu, pour connaître l'auteur tout entier : c'est l'auteur dramatique. Avant d'avoi> voué son talent d'écrivain à la vérité, au point de s'excuser de
SON THÉÂTRE : L'ENGAGEMENT TÉMÉRAIRE ETC.. 663 'publier un romaD, Bouasean avait écrit, donné à d^s scènes publiques ou privées, ou gardé en portefeuille : trois comédies, Narcisse ou V Amant de lui-mime, les Msonniers de guerre, l'une '.et l'autre en un acte et en prose, et l'Engagement témévire, >>eQ trois actes et en vers; une pastorale dramatique, le Devin de village, intitulée ■ Intermède > ; une comédie opéra-ballet, les Iduies galanlei, intitulée < Ballet >; une tragédie lyrique, la Découverte du Nouveau Monde, intitulée * Tragédie » ; plus deux autres ébauches de tragédies lyriques, Iphis et Lucrèce, cette tlernière en prose ; enfin Pygmalion, scène lyrique, également en prose, sans compter divers opuscules dramatiques encore inédits, tels fia'Arlequin amoureux malgré lui, qui eat à la bibliothèque de Neucbfltel.
Sa ■•eiUenre pièce ■ V • Engagenent lénéralre •. — De ces sept pièces de thé&tre achevées, la meilleure, de beaucoup, est l'Engagement téméraire. C'est une très jolie comédie de paravent, un adroit pastiche de Uarivaux, qui va jusqu'à l'esprit avec de délicates nuances de sentiments (a- IH, se. m), et quelques scènes bien dialoguées (a. I, se. m), vives et gaies (a. 1, se. IV, et a. m en entier), très piquantes, en dépit de la fantaisie de la donnée (a. 11, se. Vili), ou intriguées et (ilées avec assez d'art pour que l'une d'elles (a. Il, se, v) ail évidemment servi de modèle à l'auteur du Barhier de Séville, dans la scène de la fausse lettre que Bosine laisse prendre à Bartholo, en llgurant un évanouissement. Cette comédie nous révèle un Rousseau gai, de style presque fringant, et si curieux à comparer avec l'autre que cette pièce mériterait d'être plus connue.
• Narclaae-.— latérti delapréfkee cl ntédloevité d« mari* vaatlace 4e iai pièce. — Narcisse, au contraire, ne doit sa célébrité relative qu'à sa préface. Pour la comédie, elle est presque partout d'un si gauche marivaudage, qu'on y chercherait en vain la trace de ces remaniements que Marivaux lui-même, au dire de l'auteur, lui aurait indiqués, sauf, peut-être, dans une scène assez piquante, entre Valère et Frontin (se. ni). D'ailleurs l'auteur passa condanjnation, dans ses Confessions et publiquement, comme on l'a vu plus haut.
Le • D«vIb ém vWmgt *. — Maaaaeaa • hibou de Minerve •. — Ce n'est pas par sa musique seule, délicieuse d'ailleurs, et
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d'un chafme encore pénétraot dans plus d'une mélodie, que le Devin de village méiite sa célébrité. Il ; a, dans les siluations, de ta sensibilité ; mais Rousseau l'exagère singulièrement quand il voit dans Colette < une sœur de Julie *. Les vers ont de la franchise, de la grAce même, de la fraîcheur surtout : ce sont les plus originaux et même les meilleurs de Rousseau, après ceux de l'Engagement téméraire. La musique aidant, on peut répéter le mot de Chamfort, tout précieux qu'il est : « On disait de Jean-Jacques Rousseau : c'est un hibou. Ouï, dit quelqu'un, mais c'est celui de Minerve, el quand je sors du Devin de village, j'ajouterais : déniché par les Grâces. >
Lea • KoMen (alaalcs ». — Les vers des Muses galantes ool pourtant quelques mérites : ils sont assez coulants. Le ton a partout un tour galant, avec une grâce qui est assez sévère dans ta scène d'Hésiode, assez dramatique dans celle d'Ovide, assez épicurienne dans celle d'Anacréon.
L»décosvertedn Nanvean Mande.— -Iphla. • — ■ Les Prl- •onalera de (nerre. ■ •> • Lnerèec. .^—Ce sont là des mérites assez minces, mais que n'annonçaient pas les fadaises débitées par le conquérant Altar à Carine, dans ta Décourerie du Nouveau Monde, composée à Lyon, vers 1741. La versification en est d'un apprenti médiocrement doué.
Même gaucherie dans les fragments de la tragédie où Anaxarète, de sang royal, éprise i'Ipkit, simple officier du roi, sacriAe son amour à sa gloire comme Viriathe ou toute autre héroïae de Corneille.
Dans les Prisonniers de guerre, nous ne voy.ons à signaler qu'un incident assez vif, à la scène ex, où une lettre de Dorante à son fils, étant prise par Sophie pour celle d'une rivale, provoque chez elle l'aveu de son amour. Le reste est assez ctibrouillé et terne.
Il n'en est pas de même des fragments de Lucrèce ; ils foal regretter que Rousseau n'ait pas poussé cette ébauche. Nous croyons démêler des accents tragiques et de l'élévation dans le rôlede l'héroïne, malgré sa situation romanesquede femme mal mariée, analogue à celle de Pauline, où la jetait Rousseau au début.
■ PrcM*U*B. ■ — OviB:lnBlilé de cette farne driutaUM*- — Mais le plus intéressant de ces essais nous parait être Pyg-