LES ÉMULES DE M™« DE SÉVIGNÉ
raines, la moanaîe de ces mêmes qualités el frappée au hon coin, selon l'expression chère à Boileau. On l'oublie quelquefois, dans l'école, et c'est cette injustice que les nouveaux programmes de l'Université oot tenu à prévenir en recommandaat un choix dans toute la correspondance du xvii' siècle. Le mérite de Mme de Sévigné ne perd rien aux comparaisons que l'on peut ainsi faire, mais il s'explique mieux, el la gloire de notre grand siècle littéraire n'y gagne pas peu.
Les «aires 6plst*IltFes : Mme» de la Fayette, 4e MaIM' lenon, de CenlaBces. — La plus éminentc de ces épistoUéres de marque est assurément Mme de la Fayette. Elle se distingue par une certaine gravité de son amie, Mme de Sévigné, à qui elle disait si justement : < La joie est l'état véritable de votre âme ». Assez instruite pour trancher un débat pendant entre Ménage et Bapin, sur un passage de Virgile, et pour répondre èi Huygens, qui lui demandait à brûle-pourpoint, dans son carrosse, ce que c'était qu'un ïambe : « C'est le contraire d'Un trochée >, elle se gardait, dans le monde, de tout pédantisme et y cachait soigneusement son latin et même ses chefs-d'œuvre. Un juge digne de son mérite a dit : < Elle a moins vécu par l'esprit que par le cœur, et c'est par le cœur qu'elle est arrivée au génie ■ >. Sa correspondance en témoigne moins que la PrvKesse de Clèves, et telle ou telle de ses lettres est un peu séchette, comme disait ta spirituelle marquise. Mais ce n'est pas en vain que cette dernière venait parfois écrire à sa fille, sur le bureau de Mme de la Fayette, ces lettres dont elle donnait la primeur à son amie. Celle-ci laissait sur la place comme un parfum de son esprit et de son charme, qui se respire encore dans plus d'une lettre de la grande épistolière, dans celle sur VOisiveté affairée ', par exemple. On aura encore un échantillon de la manière dont elle pousse sa thèse « à la pointe de son éloquence > dans une Invitation à venir à Paris.
Mme de Sévigné lui assignait la seconde place auprès de son eœur, elle l'a aussi auprès de son mérite. Cependant, si elle
1. Voir Mme ife la Fagille par M. le comte d'HaDssoDville, dans la colUelian des Gmadi Écrk-ama fraaçaia.
3, Noos prendrons cî-sprts, à l'occasion, los titroi dounda aux diverses Isttre< par M. Lanson, dan» soa recueil, peur abréger, et aussi parce qu'ils soDt
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D'arait écrit que ses lettres, cette place lui serait disputée victorieusement par Mme de Maintenou ou Mme de Coulaoges.
Le bon sens {Il faut parler simplement), l'esprit contenu mais incisif (RaitUrie), une gravité éloquente [Réforme de Saint-Cyr) et, rehaussant le tout, une psychologie mélancolique et sagace {Exhortation à la d^otton et à rhumilité), sont les notes dominaates de la correspondance de Mme de Haintenon.
Celle de Mme de Coulauges brille par an esprit digne de cousiner avec celui de Mme de Sévigné, mais toutes distances gardées, témoin les Réflexions chrétiennes sur la mort de Lovvois, si on les rapproche de la fameuse lettre de la marquise sur le même sujet. Cet esprit n'excluait pas un sérieux qui touche k l'éloquence dans Résignation philosophique à la vieillesse.
ABtr«« éplalaltères k Ure| nae dlatlaetlon easeatlellft ft faire. — On trouvera h admirer un peu de tout ce que nous venons de louer ci-dessus, dans les Lettres de Mme de Chantai (p, 18) t; de Jacqueline Pascal (pp. 170, 173); de Mme Périer (pp. 170, 175, 179); de Mmes de Montausicr {p. 247), de Sablé (p. 253), de Maure (p. 263), Comuel (p. 297), de Schomberg (p. 270) et de Choisy (p. 272) ; de Mlles de Scudéry (pp. 279, 283) et de Honipensier (p. 287); de Mmes de Montmorency (p. 383); de Scudéry (pp. 386, 391); de laValhère (p. 471) et de Villars (pp. 477, 478). On pourra mi^me, dans ce qui noua reste de la Correspondance de Urne de Grigmn {pp. 231 sqq.) — si maladroiiemenl détruite, — relever assez d'esprit pour excuser l'engouement de sa mère.
On aura soin seulement de faire une distinction générale parmi ces êpintoltères, entre la lourdeur et quelques vulgarités des grandes dames de la première moitié du siècle, comme Mmes do Sablé, de Maure ou de Longueville, et le tour plus dégagé et plus choisi des moindres femmelettes qui leur succédèrent, depuis Mme Charles de Sévigné jusqu'à Mlle d'Aumale •.
I. Pour etro à peu pris complets, dans d'étroites limites, nou rCilTOyaiiB loi et dam la snlta , par Isa ohUfratf entrt crooheti , aux iiagia dn taonell M H. LonlOD où sont, ï nos yeux, les traits d'esprit on de sentiment, d'éloquence DU do pitlofesquo, etc., loa pliis i^actérisliqoes de chaque ttulenr. I^s éln-