‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 231 sur 244 · HOMMES DU MONDE · texte numérisé non relu

HOMMES DU MONDE

Trois excepHoas t Nlnoii, Hbi« Gamnel, Mlle de Scndér]'.

— Il n'y a guère que l'étincelante NinoD (p. 454 sqq.) et peutêtre Mme Cornuel, si I'od en juge par l'unique lettre qui dous reste d'elle, si digne de la célébrité de son esprit (p. 265), ou encore Mlle de Scudérj — pour être tout à fait juste envers cette brave /Ule, qui eut, au moins sur le lard, tant de bon sens et de style et toujours tant de diguîté, — qui échappent par leur esprit comme par leur.loDgéTilé à cette dernière classification.

Ho^^es dn HOBde t Bnasy, Héré) Bmmlllon, etc. — En tête des hommes du monde qui donnent la réplique è. ces femmes d'élite, tels que le marquis de Lassaj (p, 468), Emmanuel de Coulanges (pp. 522, S23), Charles de Sévigné (p. 537), Tient le spirituel et lettré, médisant et sec comte de Bussy, très digne cousin, au moins par le style, de sa principale et illustre correspondante, Mme de Sérigoé. Parmi les épistoliers mondains, il est aussi éminent que sa cousine parmi les femmes (pp. 337, 361, 365), Et pourtant il a pour rivaux, d'abord ce chevalier de Méré, dont on sait l'influence sur Pascal, et qui n'eut d'autre tort que de dogmatiser avec «ne sorte de pédanterie h rebours cette science de l'honnête homme, suivant son siècle, qu'il pratiquait si bien (pp. 146, 150) ; et aussi, à l'autre bout du siècle, ce délicieux Hamilton qui, sa préciosité intermittente mise à part (p. 504), annonce Voltaire par la netteté alerte de son style et par ce soin constant de plaire qui lui fait èmailler ses lettres d'assez jolis propos rimes (pp. 605,610,616).

IL — POUTlOtlES ET REUGIEUX.

Les politiques 1 B«ls, Sslat-Simoii, Blckellen, Louis XI V, ete <

— Le cardinal de ReU montre dans ses lettres le même génie que dans ses Mémoires; c'est dire qu'il y est admirable pour la pénétration et la souplesse de l'esprit (pp. 213j 217, 232), pour la hardiesse, la portée et l'éloquence des vues, pour la mâle et libre allure du style (pp. S18, 220, 221, 225, 230). Ajoutons qu'on y goûte, encore plus vivement que dans les Mémoires, le plaisir de considérer les personnages de l'histoire, y compris le cardinal lui-même, face à face et bas les masques (pp. 214, 235 suiv.).

700 LETTRES DO XVir SIÈCLE.

Ce sont des mérites qu'on retrouve presque au mfine degré daus les lettres du duc de Saiol-Simon, à celle différence près que la sérénité foncière et supérieure de BeU y est remplacée par cette puissance d'indignation et de sarcasme (pp. 619, 623), qui violente à la fois la langue et l'atlention (p. 631), et donnera un accent si particulier aux fameux Mémoires.

Auprès de ces deux correspondances, hautes en couleur, celles des autres politiques sont pâles, sauf celle de Dichelieu, où le mélange d'une gravité impérieuse (p. 36) et d'une ironie transcendante {p. 37) — d'ailleurs fort inquiétantes l'une et l'autre — est de génie. Pourlanl celle dé Louis XIV respire cet air de souveraine galanterie dont témoignent, unanimement les contemporains, soit qu'il blâme (p. 299), soit qu'il loue (p. 301), soit qu'il parle en roi (p. 306), en père (p. 308), ou en bon prince qui ne dédaigne ni te badinage ni le terme familier {pp. 300, 303). Le comte d'Avaux encore a un bien spirituel enjouement (pp. 87, 91), et Condé une belle gravité (p. 293); Feuquières voit net et fait voir de même (pp. 312, 313, 316); c'est aussi le mérite de Guilleragues, avec une poinle d'Aumour en plus (pp. 317, 318); enfin le cardinal d'Eslrées assaisonne d'une verve piquante (p. 323) le style de chancellerie.

Les reltfflenx i BoMuet, Féneloa, Fléchlcr, le P. HikBon, l« CirknJ ArnaBll. — AveC les religieux nous planons de plus haut sur les affaires de ce monde qui attachent de si près les politiques. Nous sommes émus, en retrouvant dans la correspondance de Bossuet sou abondance et sa fougue oratoire (pp. 400, 402, 404, 407, 409, 415), souvent mitigées dans les lettres de direction par cet accent de tendresse (pp. 407, 409) qui fait un peu défaut dans la morale de ses sermons, mais qui se démêle très bien dans ses Oraisons funèbres.

C'est dans la correspondance de Fénelon qu'on peut étudier, èi la source, ce mélange d'onction, d'éloquence et d'esprit (pp. 579, 581, 583, 585, 587, 593), ces conllits de chrétienne humililé et d'émouvante opiniâtreté (p. 581 auiv.) qui lui composent une physionomie si attachante et si mobile.

La limpidité de style et l'intérêt historique des faits relatifs à la guerre des Céveaues (pp. 569 sqq.), une finesse spiri-

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