‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 35 sur 244 · VILLEHARDOUIN · texte numérisé non relu

VILLEHARDOUIN

Pourtant il nolei'a le paysage d'un trait rapide, dans le goût des vieu\ trouvères.

Clers tut li jurz e bek Tul li soleilz,

dit 1 autPur de Roland, au jour de Roncevaux, et Villehardouin, au malin de l'assaut de ConstantJnople, notera aussi sobrement : « E 11 matins fu beaus, un pou après le soleil levant >. Il rencontiera même, toujours sans le chercher, le pittoresque des mots outre celui des choses, par exemple quand il montre 1 usurpateur Harchuflès t chauçant les hueses {hoitseau^c] vermeilles du mort •, ou qu'il s'écrie devant les flots des Grieus {G)CCi] soitant de Constanlinople i.c cil avoient si grant foison de gent que luits fuissiens noie enlr'aus {noyés purmi evx) ».

Les hMranffDes dma» VlllehardoNln. — Les discours qu'il 1 apporte sont vigoureux et directs, et permettent d'affirmer qu'il était k plus éloquent des croisés, le mieux emparlé, pour lui appliquer une de ses expressions. Nous citerons : pour son pathétique ^a harangue au peuple de Venise; pour sa fermeté, celle a Isaac et pour sa mâle concision, celle où il décide le doge à la iLtraite et qui tient en deux phrases, que voici ; • Sire, vous veez la mésaventure qui nous est avenue : perdu avons l'empi.ti.ur Baudouin et le comte Loucl's, et le plus de nostre gcnt, et de la ineilleur. Or pensons deu rcinanant garir; que se Dieu n'en prent pitiez, nous somes perdu '. > 11 a su la mort de ses compagnons d'armes, en guise d'oraison funèbre, des phrases courtes comme des épilaphes et d'un style tout lapidaire ; ainsi sur Thibault : • Chaques hom de son aagc ne fu plus amés de ses homes ne de l'autre gent •, ou encore sur Bouiface dont la mort tragique clôt sa chronique : • Ha las! corne doulereus domage ci ot à l'empcreeur Henri et à touz les Latins de la terre de Romenie, de tel ome perdre par tel mésaventure, un des meilleurs barons et des plus larges, et des meilleurs chevaliers qui fusl eu remanant {dans le reste) deu monde ! •

Le slyte de Villehardouin, Analogies cutre aa chvonIqDis elles ebansons de geste de la bonne époque. — Ainsi le trait dominant du style de Villehardouin, dans la narration

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