SES NARRATIONS : COMMYNES ET TACITE
f tk tout propos ont une loj au bec ou une hystoire » ; quand il cODstale qu'après Pecquigny, les deux rois se tinrent en paix : < Vray est qu'ils n'eurent plus de guerre {aussi la mer estait entre eux deux) • ; quand il remarque : » En toutes façons une bataille perdue a tous jours grande queiie, et mauvaise pour le perdant > ; ou encore quand il enregistre qu'à. Hontihéry c du cDusté du roy fouyt un homme d'Estat qui s'enfouyt jusques à Lunignan, sans repaistre, et du cousté du conte (de Charolais) uDg autre homme du bien jusques au Quesuoy-le -Conte. Ces deux n'auoient garde de se mordre l'ung l'autre > ; enfla quand il raconte qu'on dépouilla le Téméraire mort, qu'il avait < veu maintes Ibys habiller et deshabiller en grant l'evérencc et par grans personoaiges >, ajoutant, avec une vilaine grimace, à propos de son cachet rolé qu'il retrouve ù Milan : < celluy qui lui esta luy fut mauvais varlet de chambre >.
Ses M«rrati«iis. -~ Soh plttcresqae. — Ss paychologie. — CcMBjQea et Taclie- — Cette ironie est le sel de ses narrations '. 11 le verse h pleine main dans le chapitre xi du livre 1 : Comment les Bourguignon estant près de Paris, allendant lu bataUle, euydèrent des chardons qu'ils veirent que ce fussent lances debout. 11 en assaisonne délicieusement toute cette tine comédie de thostevent (paravent) derrière lequel Louis XI a fait cacher Commynes et le confident du duc de Bourgogne, tandis que lai-méme < se vint seoir dessus ung escabeau rasibus du dit hostevent », et excitant, avec toutes les mines de Grippeminaud le bon apôtre, l'envoyé du connétable de Sainl-Pol, qui persillé et smge le duc de Bourgogne, < Hoyt fort et lui disoit qu'il parlasl haut, et qu'il commençoit à devenir ung peu sourt; et qu'il le dist encores une foys • >. Citons encore, pour faire pendant à cette scène de haute comédie, le récit de l'empereur Frédéric 111 aux ambassadeurs de Louis XI (I. IV, c, ni), cet apologue de l'ours et des trois compagnons que La Fontaine n'a eu guère qu'à rimer pour en faire une de ses meilleures fables. Mais le chef-d'œuvre du genre est cette narration de la bataille de
Hî-, 3S5, 386, 410, eie.