XVI BIBLIOGRAPHIE
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des classiques populaires, ibid.
G. La Fenestke. La Fontaine. (Les Grands Ecrivains français.
Hachette.)
BOILEAU I. Principales éditions.
Éditions Bakbin. 1 voL in-4 ou 2 vol. : la dernière revue par Boileau
— Bbossette. Genève, 2 vol.
— Saint-Marc. 1747, 5 vol. avec figures.
— Saint-Surin. 1821, 4 vol.
— Daunou. 1825.
— Aimé Martin. 1 vol.
— - Berriat Saint-Prix. 1830-34, 4 vol.
— GiDEL. 1869-73, 4 vol.
— A. Pauly. 2 vol. Lemerre.
— F. Brunetière, avec une introduction. Hachette.
n. Ouvrages de critique à consulter.
Les introductions des éditions ci-dessus désignées.
Éloges de Boileau par d'Alembert, Daunou, Auger, Victoiun Fabre, etc.
Saint-Surin. Notice bibliographique des principales éditions, etc.
Paris, 1823.
Sainte-Beuve. Port-Royal {passim, surtout au tome V).
— Causeries du lundi, tome VL
H. Rxgault. La querelle des anciens et des modernes. Paris, ch. X,
xn, XV, xvL
A. BouRGOiN. Les Maîtres de la critique au xvii" siècle. Garnier. E. Krantz. Essai sur l'esthétique de Descartes, 1. HI, sqq. Alcan.
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P. Morillot. Boileau. Collection des classiques populaires. Lecène,
Oudin et G".
G. Lanson. Boileau. (Les Grands Écrivains français. Hachette.)
F. Brunetière. Article Boileau dans la Grande Encyclopédie. — L'évolution des genres, t. I, troisième leçon. Hachette.
EïLDi:S LITTKlUlHIilS
CORNEILLE — RACINE — MOLIERE LA FONTAINE — BOILEAU
Sa jciinesMe. — Issu d'une famille de luLe, fils d'un maiire particulier des eaux cl forèls en la vicomte de Rouen, et de Marthe Lepesant, Pierre Corneille naquit le 6 juin 1006, à Rouen, rue de la Pie, dans une maison patrimoniale dont il ne reste plus que la porte d'entrée, déposée au musée d'archéologie de celte ville '. Sa i)rcmière cnlance s'écoula tout entière à la campagne, dans une propriété des plus riantes, dite la PclUc-Couronne. Il ne la quitta que pour entrer au collège des jésuites de Rouen, où il fit des études brillantes. 11 obtint même, en rhétorique, un prix exceptioiuiel pour la traduction d'un passage de ce Lucain qu'il devait imiter avec une si fervente admiration dans
1. L'Album do l't'dilion des Grands h'crivnins de la France (Hachette) doQuo ies dessins do la maison de la ruo do la Pie, où est né Corneille, do celle do la Pftite-Couronne, où il a été élevé, et do celle du n» 18 de la ruo dArgenlouil,
Paris, où il est mort, ainsi que dos fac-simites d'autographes, etc.
ÉTCUtS UTTi.r.AinLS. *• *
son Pompée et ailleurs. Sa gratitude pour les maîtres de sa jeunesse est attestée par un exemplaire de ses œuvres, qu'il leur offrit en 1664, et que possède aujourd'hui la bibliothèque de la Sorbonne. A soixante-deux ans, il adressait encore une ode au P. Dclidcl, et la signait afïectueusement son très obligé discÂple^ en ajoutant ce vers adroitement dérobé à Horace :
Quod scribo et placeo, si placée, omne tuum est.
Enfin il traduisait en vers français des vers latins du P. de la Rue qui lui rendait d'ailleurs la pareille dans son élégant latin.
Ses débuts (1629-1636).— Reçu avocat le 18 juin 1624, il prit la cliarge d'avocat général à la table de marbre du Palais. C'était une charge fort légère, au dire des contemporains, la table de marbre ne connaissant que des eaux et forêts en appel et de la navigation en première instance. Aussi Corneille eut-il tout loisir de s'adonner à la vocation poétique qui le tourmenta de bonne heure, et de réserver ses talents d'avocat pour les mettre au service de ses héros, ce qu'il fera visiblement par exemple dès le Cid (acte V) et en maint endroit d'Horace et de Cinna. Il "céda vite à son œstre poétique, et dès 1629, à vingttrois ans, il débutait par une comédie, Mélite, qui obtint un très grand succès. La simplicité relative du plan, la décence des mœurs et le naturel du langage la distinguaient déjà des pièces en vogue. Clitandre, qui suivit en 1632, se rapprochait davantage des défauts applaudis par les contemporains. C'est un drame très compliqué, très obscur, mais où s'annonce pourtant un puissant esprit de combinaison. L'attention de Richelieu fut attirée sur le jeune poète par l'éclat de ces débuts et aussi peut-être par une pièce de vers composée à l'occasion d'un voyage de Louis XIII aux eaux de Forges (1633).
Il s'y écriait :
Me pauci his fecere parem, nullique secundum,
Cl) un latin qui brave la modestie, mais qu'il allait avoir le droit de traduire bientôt en ces termes :
Je pense toutefois n'avoir point de rival A qui je fasse tort, en le traitant d'égal.
Le cardinal, qui recrutait des collaborateurs pour son théâtre, l'ailmit alors au nombre des cinq garçons poètes chargés «le lui broder un- acte par tête et par mois, sur les canevas qu'il leur distribuait, étant ainsi assuré d'achever, en une révolution de lune, ces pièces dont l'action ne devait pas dépasser une révolution de soleil, selon le code d'Aristole devenu ol'iiciel de par Chapelain.
La Veuve (1633), essai qui n'est poijit sans mérite, la Galerie du Pillais (1033), la Suivante (1634), et la Place Royale (1634), signalèrent cette période où, n'ayant pas ses coudées franches. (Corneille tâtonnait et cherchait sa voie. Mais cette dépendance lui pesa bientôt comme un joug; aussi lui tardait-il de s"cn délivrer. Ur, le cardinal lui ayant un jour dit « qu'il fallait avoir un esprit de suite », parce qu'il s'était permis de changer quelque chose au canevas de l'acte III dont il était chargé dans la Comédie des Tuileries^ il prétexta « des arrangements de sa petite fortune qui exigeait sa présence à Rouen », pour s'ailVauchir d'une sujétion importune (1635).
Mailre enfin de lui-même, il put donc aborder sérieusement la tragédie; .et Médée, qui date de 163o, annonce un génie encore indécis, mais commençant à prendre conscience de ses ressources. C'est alors qu'il fut amené à l'imitation des Espagnols par la très grande vogue dont leur littérature jouissait eu France, surtout depuis une quinzaine d'années, el sans doute aussi par l'exemple de son ami Rolrou qui, depuis la Bague de l'oubli (1628) jusqu'à Don Lope de Cordoue (lOoO), tirera au moins onze de ses pièces du théâtre espagnol : à ces deux influences — et selon une tradition fameuse, mais dont un historien médiocre du théâtre nous est le seul garant ', — il fau drait peut-être joindre les conseils de son compatriote, M. de Chalon, ancien secrétaire des commandements de la Reine mère, qui, en cette qualité, avait dû séjourner au pays du Cid et était venu se retirer à Rouen. Le premier emprunt, très indirect d'ailleurs, qu'il fit au théâtre espagnol, l'Illusion Comique (1630), eut une heureuse fortune, malgré l'invraisemblance de liiilrigue et l'exagération des caractères. Un y rencontre un de
1. Do Boauchamps, Recherches sur les tht'dlj-es de France depuis l'année 1161 jusqu'à présent, l^uris, Prault, 173.1, t. II, p. \bl.
ces matamores, dont le prototype était dans la farce espagnole^ qui parle déjà par avance et d'instinct, pour ainsi dire, du môme ton que le Gid, mais dans le vide d'une action trop mesquine pour des accents si relevés (acte II, se. ii, et acte III, se. iv).
Le Cid(1636); Horace, Owiia, Polyencte, Pompée, le aientenr, Rodogtine (1640-1615). — Il y a donc, malgré ces symptômes, un abîme entre des tentatives inégales bien que généreuses et l'inspiration du Cid, représenté à la fin de décembre 1636, date à jamais mémorable d'un triomphe qui allait susciter les plus vives inimitiés. Nous dirons ailleurs avec plus de détail quel fut l'acharnement des confrères envieux qui se liguèrent contre le chef-d'œuvre. A leur tête marchait Scudéry, ce matamore qui, prenant pour de la verve le mouvement rapide et la stérile activité de ses esprits animaux, ne pouvait pardonner au public de préférer le Cid à son Lygdamon et à son Amow tyrannigue. Son incurable vanité se mit aux ordres de Richelieu, dont les prétentions littéraires se compliquaient d'une susceptibilité trop ombrageuse contre un drame qui exaltait l'héroïsme castillan, au moment où l'on venait à peine de reprendre Gorbie sur les Espagnols, et qui faisait applaudir une provocation, au lendemain des édits portés contre l'homicide folie du point d'honneur.
Parmi les tristesses de cette querelle que les Sentiments de l'Académie semblèrent pacifier par un arrêt équivoque, la fierté du poète eut pourtant une consolation dans les lettres de noblesse que valut à son père, en janvier 1637, l'éclatante renommée d'une victoire aussi incontestable que contestée. Mais la plus sûre réponse à' des cabales impuissantes comme l'envie fut encore la protestation d'Horace, joué au commencement de l'année 1640. Les ennemis de Gorneille n'auraient pas demandé mieux que de renouveler alors leurs manœuvres de la veille, si cette effervescence n'eût été découragée par une admiration unanime qui leur ferma la bouche. Cinna, qui succéda de près, eût d'ailleurs imposé silence aux plus récalcitrants.
Vers le même temps. Corneille entrait en relations avec riiôtcl de Rambouillet et dictait ses hommages à la Tulipe et à deux au moins des vingt-neuf fleurs symboliques de la Guirlande poétique offerte à Julie d'Angcnnes. Ce fut dans la fameuse
chambre bleue d'Arlhénice qu'il lut Polijrucle à de belles dames, lesquelles se sentirent un peu ofi'usquées par l'îiiislérité d'un christianisme trop primitif. Godeau, révéque de Vence, prit même résolument parti contre le zèle excessif du néophyte, qu'il voulait excommunier du théâtre. Mais l'événement ne justifia point la froideur de cet accueil, et les nouveautés de ce drame religieux prirent une revanche décisive, dès sa première représentation, qui eut lieu, non en 1G40, comme on l'a cru longtemps, mais au début de 1Gf.'{.
Les années qui suivirent ne furent pas moins fécondes. Car Ihiver de 1643 à 164i- vit aussi paraître Pompée, et le Menteur, (jue l'on peut considérer comme le premier signal de la haute comédie. C'était frayer les voies à Molière. Après lu Suile du Menteur (lGi4), qui réussit médiocrement, de l'aveu même de son auteur, ce dernier se retrouva tout entier dans Rodogune (1644), dont le cinquième acte est un des plus pathétiques qui aient honoré notre scène. Mais il échoua dans Théodore, vierge et martyre, moins heureuse que le Véritable Saint-Gencst de son ami Holrou. UL'raclius, que Boileau apjK'lait en prose « une espèce de logogriphe », et qu'il visait sans doute dans les vers où il s'écrie :
Je me ris d'un acteur qui, lent à s'exprimer,
D'un divertissement me fait une fatigue,
étincelle encore de beautés supérieures. Mais conibien sensibles y sont déjà ces extraordinaires défaillances qui faisaient dire à Molière, au rapport de Voltaire, « qu'il y avait un lutin qui tantôt faisait à Corneille ses vers adiniiaMc^. ri inilot l,laissait travailler lui-même ».
Réception :\ rAcadéniic française (KM'?'); .Mcoiiicdo. L'Imitation (lOôl). — Le '2'2 janvier 1647, le j^'rand lu. mine était élu eulin à l'.Vcadémie française, qui répara ses torts, puisqu'elle lui avait préféré MM. de Salomon et du Ryer. Il y remplaçait un sieur Baudry, créature du duc de Longueville, et sa réception n'eut lieu que le 14 février 1650. Les troubles de la Fronde allaient éclater, et les lettres devaient en souffrir. Nommé provisoirement procureur des Étals de Normandie,
Corneille profita cependant d'une éclaircie pour produire un opéra, Andromède, et une comédie héroïque, Don Sanche, qui attestent sa souplesse inventive. Hiicoméde fut aussi joué, non sans applaudissement, en janvier ou février 1651. Mêlé d'éléments tragiques et comiques, ce drame est bien le contemporain de cette échauffourée polilique où l'esprit et les bons mots égayaient nos folies et nos désastres. Mais Pcrtharite ne réussit point à distraire une indifférence que déplorait cette boutade de Scarron :
Il n'est saltimbanque en la place Qui mieux ses affaires ne fasse Que le meilleur comédien, Soit François, soit Italien.
De Corneille les comédies, Si magnifiques, si hardies, De jour en jour baissent de prix.
Affligé de cette solitude où languissait son art, il fit diversion à son chaginn en continuant à traduire Vlmltation, dont les vingt premiers chapitres avaient paru le 15 novembre 1651. Il avait été invité à cette pieuse entreprise par la régente Anne d'Autriche et par ses anciens maitres de la congrégation. Marguillier de la paroisse de Saint-Sauveur, l'auteur de Polyeucte et de Théodore accomplissait d'ailleurs cette tâche comme un devoir de fervente dévotion qui plaisait à son âme sincèrement chrétienne. En 1658, il croyait même avoir renoncé pour toujours au théâtre; mais ce sont là serments de poète, et les sollicitations du surintendant Fouquet n'eurent pas \e peine à tirer de sa retraite celui qui écrivait alors :
Je sens le même feu, je sens la même audace, Qui fit plaindre le Gid, qui fit combattre Horace; Et je me trouve encor la main qui crayonna L'âme du grand Pompée, et l'esprit de Cinna.
Cette illusion ne fut point dissipée par Œdipe (1659), la Toison d'Or, Sophonisbe (1663), Sertorius et Othon (1664), car ces pièces reçurent un accueil si favorable qu'il surprend un peu la postérité.
Le déclin (f 664-l6'74). — Mais ce bonheur constant ne tarda point à se démentir, et nous touchons à la crise doulou-
P'tHTnAIT BIOCnAIMIIQUE. 7
rcusc qui iin'la lanl d'amcrtunic aux dcruit-n - lie sa vio.
On sait en efTcl que, mal^'ré des parties . -s et ih-n
'-^(juisses encore rcmarqualtles par leur reliet, Afjéitlaa, AUila ri Pulclidrie ne purent lutter contre une renommée naissauto, (|ui allait éclipser celle de Corneille. TUe et Bérénice (1670), qui le mit directement aux prises avec son jeune rival, prouva trop que l'heure du silence était venue pour sa lausi,'uis<ante vieillesse. Mais il lui en coulait de se l'avouer; et la tragédieliallet de Psyché (1074), où Molière fut son collaborateur, lui lioroba le sentiment d'une décadence que Suréna (inil par déclarer à tous les yeux. Il lui fallut bien comprendre alors que la carrière appartenait désormais sans partaj^je à l'auteur i\'Andromarjue, de lirilannicus, de Bcn'nice, de Bajnzet et de Mithri-iate. Tandis que venait retentir dans sa retraite l'écho des applaudissements qui lui semblaient coupables d'ingratitude, des malheurs de famille aflligèienl son foyer pauvre et solilairi\ Do son mariage en IGii avec Marie de Lanipcrière, lille du lieutf liant général aux .\ndolys, il avait eu quatre fils, dont il penlit 'leux successivement. L'un d'eux, déjà blessé sous les murs de I louai, périt au siège de Grave, à \a. tête d'une compagnie de cava- I' rie qu'il commandait en qualité de lieutenant. Cet isolement se compliqua bientôt de gène domestique. Car sa gloire n'avait enrichi que notre littérature, et il en fut réduit à solliciter plus d'une fois près de Colberl, dans des lettres lamcntaldes, ou près ^n roi, avec des rimes chagrines, la n^odique pension dont les arrérages étaient souvent oubliés. On cile même, à ce propos, mais sans en établir l'authcniicilé, une lettre qu'un Houennais aurait écrite à un de ses amis en lt>7y, et où on lit : « J'ai vu hier M. Corneille, notre parent et ami; il se porte assez bien pour son âge. Il m'a prié de vous faire ses amitiés. Nous sommes sortis ensemble après le diner, et eu passant par la rue de la Parchemineric, il est entré dans une boutique pour faire raccommoder sa chaussure qui était décousue. Il s'est assis sur »me planche, et moi près de lui; et lorsque l'ouvrier eut refait, il lui donna trois pièces qu'il avait dans sa poche. Lorscpie nous fûmes rentrés, je lui ai oflVrt ma b«'wi->'; mais il n'a point voulu la recevoir, ni la parlagor. J'ai ;><' wcqu'un si grand génie fût eu cet excès de misère. »
Au commencement de 1680, à soixante-quatorze ans, il présentait au dauphin, à l'occasion de son mariage, un placet qui faisait appel à ses générosités. On y lit ces vers, les derniers qu'il ait écrits :
De quel front oserai-je, avec mes cheveux gris,
Ranger autour de moi les Amours et les Ris?
Ce sont de petits dieux, enjoués, mais timides,
Qui s'épouvanteraient dès qu'ils verraient mes rides;
Et ne me point mêlera leur galant aspect,
C'est te marquer mon zèle avec plus de respect.
En 1683, il dut vendre sa maison de la rue de la Pie, où il était né, pour payer l'amortissement de la pension de sa fille Marguerite,' religieuse au couvent des dominicaines. Après les polémiques récentes sur ce sujet *, il reste pi^obable que son dénûment s'accrut à ce point, dans les derniers temps de sa vie, qu'il n'eût peut-être pas laissé de quoi se faire enterrer, sans le secours trop tardif de deux cents louis qu'obtint de Louis XIV l'indignation généreuse de Boileau. Peu de jours après, Corneille mourut, dans la nuit du 30 septembre au lor octobre 1684.
L'homme : son caractère. — Voici son portrait âe visu par
son neveu Fontenelle : « Il était assez grand et assez plein, l'air
fort simple, et fort commun, toujours négligé, et peu curieux
de son extérieur. Il avait le visage assez agréable, un grand nez,
la bouche belle, les yeux pleins de feu, la physionomie vive, des
traits fort marqués et propres à être transmis à la postérité dans
une médaille ou dans un buste. Sa prononciation n'était pas
tout à fait nette, il lisait ses vers avec force, mais sans grâce. »
Cette simplicité de manières et cette négligence dans la tenue
allaient assez loin pour que Vigneul Marville (Bonaventure
d'Argonne) écrive : « La première fois que je le vis je le pris
pour un marchand de Rouen ». D'ailleurs cette modestie de sa
tenue se retrouvait dans son caractère ; il ne réclamait sa gloire
que quand d'indignes rivaux la niaient; mais à l'Académie il
n'avait pas besoin qu'on lui dit, comme à son Horace :
Laisse en entrant ici tes lauriers à la porte,
1. Voir la Revue d'art dramatique, V' juin 1888 : Le Soulier de Corneille; et aussi l't^oquento peinture (salon de 1892) inspirée par la page ci-dessus de M. G. Morlet à M. Chicotot, qui en a pris plusieurs lignes pour légende.
li-moin ce passaç;e de la ivponse de son dipne rival Raririo à Tlioinas Corneille, élu en iG8ii, à la place de son frère : « Après avoir paru en maitre et, pour ainsi dire, régné sur la scène, venait, disciple docile, chercher à s'iiisliiiire dans nos assemblées; laissait, pour me servir de ses propres termes, laissait ses lauriers à la porte de l'Académie; toujours prêt à soumellrc son opinion à l'avis d'autrui, et de tous tant que nous sommes, le plus modeste à parler, à prononcer, je dis même sur des matières de poésie ».