‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieuresChapitre 129 sur 133 · LA SATIRE IX : LES PATHONS DE BOILEAU · texte numérisé non relu

LA SATIRE IX : LES PATHONS DE BOILEAU

lui-mcmo, qui, d'abord hostile, ne taida pas à dôpaimer. Chez Mme de la Sablière il rencontra La Fare, Chaulieu, le philosophe voyageur Dernier et le fameux Lauzun. Dans les ruelles de Ninon de Lonclos et de la Champmeslé il put frayer avec la Une fleur des libertins et un monde où les courtisans se mêlaient aux gens de lliéAtre. Mais ses partisans les plus cordialement dévoués furent le duc de Vivonne, Pontcharlrain, Lamoignon, Colbert, « à qui sa vUe Inspirait rallégressc », son fils le marquis de Scignelay, et le grand Condé, qui goûtait fort Tardour militante de son bon sens.

(Juant au roi, Roileau ne lui fut présente qu'en 1069, par le duc de Vivonne, frère de Mme de Montespan. 11 venait de lui dédier l'épltre I. Louis XIV, qui avait déjà lu son Discours de 1665 et la satire V sur la Noblesse, et qui aimait son entretien, le reçut très souvent à Versailles; et, si le poète sut le llaller avec délicatesse, il ne renonça pourtant jamais à l'indépendance de ses jugements littéraires. « Sire, dit-il un jour tpi'il croyait avoir raison contre lui, Votre Majesté aurait plutôt pris vingt villes que de me persuadei- ce qu'elle vient de dire, i On raconte encore qu'au sortir d'une discussion, il quitta Louis XIV en disant : « Sire, cela est assez beau que, de toute l'Europe, je sois le seul à vous ré><i-^t.T » /Leiii<> h Brossette, 2 septembre 1706).

En lésumé. Boileau fit l'éducation du pulilic qui allait saluer l'avènement des maîtres; et, plus il voulait agir sur cette élite, plus il eut souci de l'art. Par cette religion de la forme, il témoignait son culte pour la pensée : car c'est la trahir que de ne pas la conduire au suprême degré de précision, de jus tessc et de force.

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