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du raisonnement ou le luxe de rantilhèse, la langue n'en est pas moins partout ce que Sainte-Beuve appelait « la pure moelle du lion ». Dans le Cid, cette sève ne tarit pas. Elle déborde avec une sorte de fougue qui sied bien à cette œuvre dont la virile jeunesse, l'essor spontané, la décision hardie et l'aisance supérieure furent l'avènement du génie prenant possession de son empire. De là ces accents tragiques et simples, ces traits sublimes et familiers, et, selon le mot de Mme de Sévigné, ces « vers transportants » dont l'âme est un enthousiasme qui ne languit pas. Envahi par ce flot, l'esprit ne se sent plus libre pour la ciitique : les défauts, le courant les entraîne, et l'on pourrait dire de l'auteur du Cid comme de son héros :
Et quoi qu'ait pu commettre un cœur si magnanime, Les Maures en fuyant ont emporté son crime.