C'est l'expression de IloiBrùlierl
le pied, et ne vous souveniez plus crue de votre ancienne amitié, que j'ai charge de renouveler sur la table de ma chambre, à Paris, quand vous serez tous rassemblés. « Il ajouta en son nom : « Pour vous dire ingénuement ce que je pense de toutes vos procédures, j'estime que vous avez suffisamment puni le pauvre M. Corneille de ses vanités, et que ses foibles défenses ne demandoient pas des armes si fortes et si pénétrantes que les vôtres. »
Tandis que les débats étaient clos si brusquement, Balzac faisait la leçon à Scudéry dans une lettre dont la convenance et la mesure honorent tout ensemble son goût et son caractère*. Il y laissait entendre poliment que « toute la France étoit en cause avec Corneille. — » « Savoir l'art de plaire, écrivait-il, ne vaut pas tant que savoir plaire sans art », c'est-à-dire « suivre le chemin d'Aristote et les règles de sa tactique.» Sa conclusion était que « si le Cid est coupable, c'est d'un crime qui a sa récompense », et que Platon l'eût banni de sa République, en le couronnant de fleurs, comme autrefois Homère.
Enfin parurent en 1638 les Seiitiments de V Académie. Sensée avec lourdeur, judicieuse sans clairvoyance, modérée dans la forme, mais sévère au fond, puisqu'elle condamnait le sujet comme « immoral et dénaturé», cette censure, malgré toute sa diplomatie, ne réussit pas plus à satisfaire la malveillance de Richelieu et les prétentions de Scudéry, qu'à diminuer la gloire du poète que le public admirait obstinément^. « On ne se cotise pas, dit Sainte-Beuve, pour sentir une flamme; on ne plaide pas la passion devant la raison. » Pellisson est donc trop indulgent lorsqu'il vante cette pièce comme « une des meilleures critiques qui aient été faites sur aucun sujet. » Outre qu'elle fourmille d'observations mesquines, et propose des corrections souvent
1. Elle fut publiée à la fin de 1637, à Paris, en un in-8 de 34 pages, qui contenait aussi la correspondance de Scudéry sur la question du Cid.