Il fut écrit par le lils de Coudé, le duc Iluuri JuloB
venez à l'Hôtel de Gondé où M. le Prince saura bien vous garantir, puisque vous êtes innocents; et, si vous l'avez fait, venez aussi : car M. le Prince vous prendra de même sous sa protection, parce que le sonnet est très plaisant et plein d'esprit. 5> .^
Trouvant à qui parler, Martin Bâton se tijit coi ; ce qui n'empêcha pas le duc de Nevers de couvrir sa retraite par un quatrième sonnet qu'il commanda, dit-on, à un de ses rimeurs à gaffes ^ On n'en a conservé que le premier quatrain :
Dans un coin de Paris, Boiieau tremblant et blême, Fut hier bien frotté, quoiqu'il n'en dise rien -. Voilà ce qu'a produit son zèle peu clirélien. Disant du mal d'autrui, l'on s'en fait à soi-même.
Cette hâblerie mensongère, Pradon voulut la propager aussi : il la répéta calomnieusement à la table de M, Pellot, premier président au Parlement de Rouen: mais le prince de Gondé fit avertir le duc de Nevers « qu'il vengeroit comme siennes les insultes qu'on s'aviseroit de faire à deux hommes d'esprit qu'il aimoit, et prcnoit sous sa protection». Or, ce quus ego suffit à calmer Forage, et réduisit au silence cette cabale qu'une éloquente épître de Boiieau allait flétrir à jamais devant la postérité.
La Plit'dre de Pradon. Plagiat maladroit. — Pour
en finir avec un nom qui a Timmortalité du ridicule, il nous reste à juger brièvement un poème qui fut une mauvaise action aggravée par de méchants vers. Bornons-nous à dire que le maladroit passa près du drame, sans savoir oii il résidait. Son originalité se manifesta seulement par l'ineptie d'une combinaison qui lui appartenait du moins en propre. M'eut-il ]3as l'idée singulière de supposer que Phèdre n'était point encore la femme de Thésée, mais une simple fiancée, engagée par des promesses faites à Thésée,
1. Il se nommait Sanlecque : alors professeur de rhétorique au collège de Navarre, il devint depuis évèque de Bethléem.