‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 220 sur 411 · Mieux eût valu que l'aclion finît avec Roland · texte numérisé non relu

Mieux eût valu que l'aclion finît avec Roland

L'épilogue de la fin est ua pou [ong : il fut peut-être ajouté plus tard au chant primitif.

2. Ces défauts sont très sensibles dans Ogier le Danois, la Chanson d'Antioche, Agolant et Gérard de Vienne.

3. Par exemple, Charles qui, à la date de Roncevaux, n'avait pas plus de trente cinq ans, est devenu un patriarche aux cheveux blancs.

4. Celui d'Oxford exprime en 28 vers ce que celui de Paris délaye en 600.

22 Chanson de roland.

jours berné par ses vassaux. Dans ces pamphlets du jongleur se trahit le parti pris de flatter les soigneurs dont il relève, et de ravaler raulorilé centrale qui faisait ombrage aux feudalaires indépendants de Louis le Gros et de Louis le Jeune. Or,la cbanson de Pioland est inspirée par la ferveur d'une foimonarcbique; carCharlemagne y représente l'idéal de la royauté reconnue par la nation et sanctifiée par l'Eglise. Il dépasse de la tùle tous ses preux, sans excoj)ter Roland lui-même, qui lui rend ce témoignage : « Tel homme ne sera plus jusqu'au jugement dernier'. « Il devient un patriarche que décore la majesté de sa verte vieillesse:

Là, sied le Roi, qui douce France tient ; Son chef fleuri, sa barbe, ont blanchoyé : Noble esl son cor[)s, et son maintien est fier ; A qui le cherche n'est besoin l'enseigner *.

Sa parole a toujours une auguste sérénité; mais son cœur n'est point impassible : aussi courroucé contre Ganelon que compatissant pour la belle Aude, il s'irrite, il s'indigne, il aime, il prie, il pleure; devant le corps de Roland, ses plaintes ont je ne sais quelle ett'usion de tendresse paternelle, et sa boulé justifie le dévouement de ses preux. Ganelon lui-même, qui ne respecte rien, ne souffre pas qu'on l'insulte. La dernière pensée d'Olivier est pour le souverain « qu'il ne reverra plus'' ». Le dernier coup d'cpée de Roland venge un outrage fait à l'honneur do son roi''.

Bien que tout puissant, il n'a pourtant rien d'un despote ; mais, tempérée par une bonhomie qui aime entendre un langage sincère^, son autorité encourage le conseil ou

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