fungar vice cotis, acutum
Reddere quœ ferrum valet, exsors ipsa secandi.
2. Né à Crémone en 1490, mort en 1566, il a composé la Chrisiiade (six chants), l'Art 'poétique (trois chants), les Échecs elles venàsoie. Il fut évèque d'Albe.
3. Tels sont, au seizième siècle, Thomas Sebilet, Claude Boissière, Jacques Pelletier, Pierre de Loudun — puis, La Mesnardière (1648), et Colletet (165S}<
nous donc d'arriver à l'œuvre décisive que Boileau composa, de 1669 à 1674, dans la force de l'âge et la verdeur de son talent. Après avoir ruiné la vogue des méchants auteurs, il voulut en effet consolider sa victoire ; et les doctrines que confirmaient ses propres exemples conquirent dès l'abord une autorité si souveraine qu'on peut les regarder comme la profession de foi littéraire du xvii'^ siècle. L'analyse qui va suivre prouvera du moins que son Art poétique est encore le plus précis, le plus complet et le plus régulier.
Premier ehant. — La -vocation. — Le premier chant, qui sert comme de préface à l'ensemble, nous offre des préceptes généraux qui conviennent à tous les genres et à tous les écrivains. Boileau commence par interdire l'entrée du Parnasse au téméraire
Qui ne sent pas du ciel l'influence secrète.
A propos de ce début qui est le libre commentaire d'Horace * , la verve d'une plume satirique s'égaye aux dépens des illusions ordinaires à la vanité « qui se flatte et qui s'aime. » Tel fut, par exemple, Saint-Amand, qui sait
Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret,
mais échoue misérablement dans le poëme épique, et,
Poursuivant Moïse au travers des déserts, Court avec Fliaraon se noyer dans les mers.
Or, ces méprises, le bon sens pourra seul nous les épargner.
Aimez donc la raison, que toujours vos écrits Eniprunlenl d'elle seule et leur lustre et leur prix'.
1. Tu niiiil invita faciès dicesve Minerva.... Siiiiiite m.ileriam vestris, qui scribitis, œquam Viribus, et versate diu qui J ferre récusent Quid valeunt humeri....
2. La poésie avai^ été trop longtemps regardée comme un art frivole. U lui restitue son rang : il en fait Vart de penser.
Que la rime lui obéisse « en esclave : » elle le doit, elle lo peut, comme le prouvent ici même, par leur perfection, des vers aussi fortement pensés que richement rimes.
La rime et la raison. L'art d'écrii'e, écueîls à éviter. Principales règles de la prosodie. — C'est encore la raison qui préservera la plume, soit de ces « faux brillants ^^ dont il faut laisser à l'Italie « l'éclatante folie, » soit de cette prolixité dont Boileau raille « l'abondance stérile, » en faisant une allusion indirecte à ce troisième chant d'.4/aric^ on Scudéry décrit avec un luxe fastidieux l'architecture d'un palais magique. De lacet axiome :
Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.
N'allez pas, toutefois, vous jeter d'un excès dans un autre ; car, il faut bien le reconnaître,
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire' : Un vers étoil trop foible, et vous le rendez dur; J'évite d'être long, et je deviens obscur.
Voulez-vous être assurés de plaire au lecteur qu'impatientent ces défauts, visez surtout à « varier vos discours: »
Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère, Passer du grave au doux, du plaisant au sévère '1
Seulement, que la plaisanterie ne dégénère point en bassesse :
Le style le moins noble a pourtant sa noblesse.
Aussi l'auteur du Lutrin profite-t-il de l'occasion, pour condamner le burlesque^ comme un attentat, je dirais presque comme une impiété qui révolte à la fois son goût et sa conscience.
Que ce style jamais ne souille votre ouvrage,
s'écrie -t-il avec une sorte de colère.
Mais, en revanche, gardons-nous de Vempkase; et n'imi-