‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 356 sur 411 · I. — Kafts historiques · texte numérisé non relu

I. — Kafts historiques

ï/oeeasion vt 1 ù-firopus ilc ct't<c Ictirtt. Au lendemain de la paix d'Llrecht (1713), qui faisait enfin renaître la sécurité, l'Académie française crut devoir secon-

1 il nailm rn 1694.

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der par une initiative opportune le mouvement des esprits qui revenaient d'eux-mêmes aux arts et aux lettres trop oubliés durant les crises d'une guerre désastreuse. Dans une séance du 29 novembre 1713, il fut donc décidé que chacun de ses membres proposerait un programme de travaux et d'études, dont la comjjagnie s'occuperait activement, après avoir publié la seconde édition de son dictionnaire. Ce fut alors que le secrétaire perpétuel, M.Dacier*, fit appel àFénelon, qui, depuis dix-huit ans, subissait une sorte de relégation dans son archevêché de Cambrai.

Affligé par l'isolement d'une disgrâce, par la crainte de l'avenir, par la vue des malheurs publics, par les fatigues de l'âge, par la perte de ses amis, et la mort du duc de Bourgogne, sur lequel reposaient des espérances qu'inspira toujours la plus pure ambition, un lettré si délicat ne pouvait manquer de répondre à des avances qui offraient à ses tristesses une douce diversion, et à ses goûts de réforme un emploi moins périlleux que les doléances politiques, ou les controverses théologiques. Il rédigea donc un mémoire qui se distingua parmi tous les autres; car, le 26 mars 1714, l'Académie s'empressa d'en voter l'impression. Mais, pour donner suite à cette décision, il fallait le consentement de l'auteur ; et, par une flatteuse démarche, M. Dacier avertit Fénelon qui répondit en demandant la remise de son manuscrit. Car il voulait le rendre plus digne de l'honneur dont il était l'objet. C'est à cette révision, ou plutôt à cette refonte que nous devons la lett^^e à V Académie, dont la publication définitive n'eut lieu qu'en 1716, un an après la mort de l'illustre prélat^.

Physionomie de Fénelon; son înqnîcfufïe générense; son goût de nouveautés parfois chiniériques. — Avant d'apprécier le critique et l'écrivain, disons d'abord quelques mots sur l'homme, et la personne même. Ce n'est pas

1. André Dacier, né à Castres (1651), mort en 1722: Il avait été chargé par M. de Montausier de commenter les auteurs anciens pour l'usage du Dauphin, et fut bibliothécaire du cabinet du roi. Il est surtout célèbre par sa femme, qui tiadtrisit Anacréon (1681), Térence (1688), VHiade (1699), QiXOdijssée (1708).

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