Mérope s'arme en effet pour sa vengeance
j Oimèlreina.
48d VOLTAIRE.
Telle est cette fameuse péripétie qui, selon le témoignage de Plutarque*, provoquait, dans le théâtre grec, un frémissement universel. Car la foule redoutait que Nessus n'accourût pas à temps pour sauver la victime innocente. Dans cette esquisse paihélique, Mérope est d(jà plus mère que reine; et, dès qu'elle a retrouvé son fils, ses angoisses redoublent. Ne lui dit-elle pas : « Je ne sais, en t'embrassant, si mon cœur est plus agité de terreur que de plaisir. » A l'héroïne de Torelli on ne peut reprocher qu'un tort, grave il est vrai, celui de n'être pas insensible à l'amour de Polyphonte. Ce trait la défigure-^.
La Itlérope de Maireï (fît 3), — Cette erreurne fut point commise par un autre Italien, le marquis de Maifeï', pour lequel le même sujet devint en 1713 l'occasion d'un succès encore plus éclatant. Il sut, aussi lui, peindre avec force l'amour maternel, mais sans y mêler aucun sentiment étranger. En revanche, il s'étudia trop à multiplier les périls d'Égisthe*; et ces complications altèrent la simplicité primitive d'une donnée assez dramatique pour n'avoir pas besoin de ressorts artificiels. Il se rencontre aussi dans sa pièce des détails trop naïfs", aux dépens desquels s'égaya l'ironie de Voltaire, non sans ingratitude, puisqu'il devait à Matïeï ridée de sa tragédie* et quelques-unes de ses plus belles scènes.
La niérope de Voltaire (i743). — Composée en 1788,1a Mérope française ne fut jouée qu'en llkS. Elle faillit même rester en portefeuille; car Voltaire craignait qu'on ne fît un accueil froid à une œuvre d'nià l'amour était exclu. Le 5 février 1738, n'écrivait-il pas au prince royal de Prusse :
Oimë! pon giu quell' azza : Telefonte
£ questo mio, quest' è il tuo amato ilglio.
(Page 383.)