Acie I, scène m
Mon cœur faire un beau choix, sans oser l'accepter.
Et nourrir un beau feu sans l'oser écouter.
Vois par là ce que c'est, Blanche, que d'être reine :
Comptable de moi-même, au nom de souveraine,
Et sujette à jamais du trône où je me voi.
Je puis tout pour un autre, et ne puis rien pour moi *.
Toutefois, en signalant ce qu'il y eut de neuf dans la conception de ce sujet, nous reconnaîtrons qu'ici Corneille a trop confondu l'idéal et le romanesque, c'est-à-dire la poésie et ses trompeuses apparences. En falsifiant les conditions de la vie, on se condamne à des sentiments factices qui conseillent aux imaginations le goiàt des chimères, les vaines rêveries, et le mépris de la réalité. C'est l'écueil du genre. Le beau génie qui l'inaugurait n'a point évité ce péril.