II prétendait tenir ce récit de Racine lui-même
— Si la première condition d'une œuvre dramatique est la vérité des mœurs et des caractères, produisant des situations fortes où sont aux prises des intérêts sérieux et des passions profondes, on ne saurait nier que ces mérites manquèrent trop à une intrigue dont le principal ressort est l'amour d'Alexandre pour Gléofilc ', et de Porus pour Axianc qu'il dispute au roi Taxile. L'action fait donc défaut à ce roman où de longs actes se passent en conversations inutiles.
Le principal héros perd son temps à soupirer, et est aussi froidement amoureux d'une reine des Indes que César de Gléopàtre, ou Attila d'ildioae. Il est ridicule lorsqu'il fait le Céladon. Il devient presque odieux quand il prétend forcer Axiane à aimer Taxile, et la menace de son courroux, si elle persiste à mépriser un lâche.
Pourtant, malgré son invraisemblance historique ou morale, ce caractère réussit par ses défauts mêmes; car ils flattaient le tour d'esprit contemporain, et les travers propagés par l'emphase gasconne de La Calprenède, ou l'iiéroïsme doucereux de Mlle de Scudéry. Mais ce fut surtout un succès d'à-propos ; on effet, au milieu de la fervente idolâtrie qui se déclarait pour un roi jeune et victorieux, au lendemain d'un avènement plein d'espérances, l'heure était favorable au personnage dans le([uel on se plut à reconnaître Tjouis XIV, et ses irrésistibles séductions.
Ce rapprochement n'est pas une hypothèse de fantaisie. Il éclate jusque dans la dédicace agréée par le souverain, et où se lisent ces hyperboles : « Je ne me contente pasd'avoir misa la tête de mon ouvrage le nomd'ALEXANDRE; j'y ajoute (îucore celui de Vothi: Maji:stk, c'est-à-dire que j'assemble tout ce que le siècle ])réseiU et les siècles passés nous peuvent fournir de plus grand... Quelques efforts que l'on eût faits pour lui défigurer mon héros, il n'a pas plus tôt paru devant Votre Majesté, qu'elle l'a ic-