‹ Études liturgiques (volume 2)Chapitre 13 sur 19 · DIS · texte numérisé non relu

DIS

Nous avons faft porailre, dans le cours de Tannée 1860, ie premier volume de nos Etudes liturgiques.

Conrnne cet ouvrage avait été eondanmé avant mémo que nous l'eussions pui>iié, et qucy par un procédé tout nouvocii], pofrfaitement inconnu à la sacrée Congrégation de Y Index romain», onl nous avait englobé dans la pros«criplion de notre oeuvre; en nous frappant, sans forme de pro(!ës, ef sans nous avoir ni prévenu, ni vu, ni écrit, ni parlé, nous lui accotâmes après coup une petite Pré'^ face de eireonsiance, pour annoncer à nos lecteurs le recours que nous avions interjeté à Rome contre cette doubte sentence.

Nous disions dans celte pièee que, si le juge suprême de l'Eglise s'^abstenaît de censurer notre livre, notre défense personnelle serait feeile, puisqu'elle serait toute faiie. Or, jusqo'à présent, rien ne nous a donné lieu de croire que Rome ait vu nos écrits d'un mouvais eeil; nous avons même toutes raisons de penser qu'elle a pris la défense et de notre œtivi*e et de notre personne.

Pour éclairer son j^igenfient sur ce point, nous nous é#ons permis de publier, en juillet 1860, moins de deux lima ayrès notre c^ndaoïoation, des Explications plus

nécessaires encore qu'intéressantes. Nul ne s*est inscrit en faux contre les faits que nous y avons racontés; nul non plus n*a songé à attaquer les principes que nous y avons soutenus.

INcanmoins notre cause est encore pendante; elle est même sur le point d'entrer dans une phase nouvelle qui nous oblige d>n parler encore à nos juges et au publie. INous signalerons plus lard Tincidenl qui nous détermine à reprendre notre plume et à tracer ces Nouvelles Explicalùms. Mais auparavant il est nécessaire que nous tenions nos lecteurs au courant de ce qui s*est passé depuis notre mise en scène, et que nous réduisions à néant une foule d'allégations injurieuses à notre honneur, ou mises en avant pour ruiner nos conclusions. On nous trouvera peut-être trop hardi ; mais quand on continue de ne pas nous épargner, à quel titre voudruit-on Têtre? Rien n*est plus sacré que le droit de défense, et il a ses privilèges.

Nous venons de dire que persoime n'avait attaqué nos Explications de 1860; il est une cho^e ce|)endant sur laquelle tout le monde n'est pas tombé d'accord avec nous* Nous voulons parler de la peine elle-même qui nous a été infligée. Quelques-uns n'ont pas voulu comprendre qu'on ait eu lintention de nous dépouiller de tout |K)uvoir autre que le pouvoir d'ordre; ils ont même dénié au fait une semblable portée. Que l'on écoute làdessus nos éclaircissements.

Nous signalions, page 5 de nos Explications^ les propres paroles dont on s'était servi pour prononcer contre nous. En nous excluant de notre communauté» on nous laissait, nous a-t-on dit, do temps pour nous pourwrir. Etait-il question de nous pourvoir à Rome contre la sentence dont nous étions frappé? Non évidemment; on a ri, au contraire, de nos sottes prétentions à cet égard « et Ton a envisagé tout d'abord notre recours comme un acte ridicule et vain. On ne pouvait douter cependant

du droit naturel et divin de tout chrétien à réelsTmer le secours du Père universel. Mais on se flalUut peut-être que, TafTaire n*arrivant pasà Télat de procès ou de débat contradictoire par défaut de pièces écrites et signées^ il n*y jurait pas de jugement prononcé ex tribunali, et que tout se réduirait au plus à un blâme administratif qui ne

tirerait pas à conséquence. Si Ton a eu cette idée, ce que nous n'affirmons pas, on a fait un assez bon calcul, au moins en apparence.

Quoi qu'il en soit, cette impossibilité d'obtenir une sentence vraiment judiciaire, ôte-t-ellc quelque chose à réquité de la plainte portée ou à Tinjustice de Tacle incriminé? Non, car, de ce qu'un méchant homme serait assez adroit pour échapper à l'action des tribunaux, il ne serait pas saint pour autant, et sa conscience ne lui en dirait pas moins qu*il s'est rendu coupable, et que le Juge suprême lui demandera un compte sé\ère de son iniquité. Entre nous, la conscience a bien quelque valeur.

Nous ignorons si Rome a les mains liées dans noire alTïûre par des considérations de ce genre. Nous nous étions persuadé , au contraire , qu'il n'y avait pas d'injustices que l'Eglise ne pût réprimer, de quelque manière qu'on les eût commises, et Ton nous avait doimé à entendre qu'elle trouverait bien dans sa sagesse quelque moyen d'atteindre les actes extra-judiciaires et de sauvegarder les droits des innocents même les plus savamment opprimés. Car, sans parler d'autres mesures qui sont à sa disposition, qui l'empêcherait, par exemple, de Caire savoir officiellement au plaignant que lacté dont il est devenu victime ne possède aucune valeur réelle; qu'ainsi, en pratique, il a droit de n'en tenir aucun compte, qu'il peut par conséquent se re|)lacer de lui-même dans la position dont on a prétendu le dépouiller, et y attendre sans crainte les nouvelles atlaques de sa partie adverse.

Il nious suffirait d'une simple déclarati^a de cette espèce, sinon pour nous indemniser dp toutes nos pertes précédentes, au mx)ins pour nous mettre parfaiten^eot à l'aise vis-à-vis de nos conlradicleurs, qui Iriompbeul si facilement du silence officiel gardé jusqu'ici envers nous. Nous conjurons donc le Saint-Père de nous rendre cette justice, que nous savons être depuis longlenjps dans ses intentions f nous n'en avoqs pas besoin, ainsi que la remarqué un illustre Prélat, pour avoir notre conscience en paix et agir en loule liberté; mais nous ne pouvons nous en passer sans préjudice pour nos doctrines et pour pos conclusions dans l'esprit de nos adversaires.

Voilà ce que nous avions à dire au sujet de notre recours à Rome; mais quand on nous laissait du temps pour nous pourvoir, on ne l'en tendait pas de cette manière, on voulait dire sculemept que nous avions à chercl^er une qiutre position.

Or, il y en a qui ont interprété la chose comme d'un recours en grâce de notre part auprès de l'autorilé ellemême qui venait de nous frapper. Que l'on nous permelle à ce sujet une cpmparai^on. Quelqu'un songea commettre un délil; il le pri?pare en sepret; on en est averti et l'on en a eptrc les mains des indices non équivoques. Si l'on élait vérilablement père« on aurait pitié de l'enfant CQnspiraleur; on chercherait a le détourner de son mauvais projet; on l'avertirait; au besoin on le menacerait. Mais non; on le laisse agir» on le voit venir; on attend qu'il aboutisse. Du reste, il est jugé d'avance, jugé d'après une pièce infornie, frauduleusement sous* traite, e( qui ne devra jamais apparaître au dossier, ^nfin on épie le moment où le conjure offrira quelque prise à la justice par un acte consommé, et quand oa ÇFoil ce moment arrivé, on frappe sans pitié, avec une verge de fer, celui que l'on a cru surprendre en flagraoft délit. Est-ce le cas, nous le demandous, d'iqvilçr ce mel^-

heureux à implorer te miséricorde de wn JiiRe^ la f^ràiee de son bourreau? Quoi! on Ta pris en iriiiire» et ojo te Iraiieniit en f^èrfs!

Le bon Dieu a vouIn« fiour ee qui nous regiarde» qa^on se 3f>it trop iiàté; notre livre n*éiaU pas ot^posé eooore quami on nous a fmppé; nous avons alors sursis o sa publicaijon; on anraii pu proliter de eeite oQo^asioo tieureuse pour retirer une eondamuitlion é\idemmQnl préfipltée; eh idenl Umi au contitiire, on s'e$|; en quelque {éçoti repenti de nous ovoîr traité dabord avee trop de ménagement et de nous avoir laissé trop de temp^ pmf oous pourvoir; de suUe o-n a laneé eonlre nous un uHimalum qui fixait à la Sn de juin noire sortie d'£eote, sans espoir de prorogntiofi ultérieure.

Il est évideojt qu'en s^issaoi de la sorte, on uiodis ôtait toule idée de recours en grâee. Au reste, à quelles oondi-^ tiens cùt-on mis notre pardon? Serait -il téméraire de croire que Ton eût exigé tout d'abord ia suppression de noire écrii? Or, oeite suppression était -elle possibJe? Avions^nous done travaillé sans motif? Non; nous avions (^'U faire une eo^vre utile» nécessaire, eonsqiencieuse ; et nous (Sommes heureux de savoir que nous n*avons p9S été le ^eul à la juger ainsi; nos adversaires eux^^émes^ après laveur examinée de plus pi*és, ne Tout plus trouvée si monstrueuse. D'un autre côté« une fois traduit k la barre du public: eomme un odieux pamphlétaire, ne devions^-Qous pas à noire honneur de nous laver de eetto imputation ? Or, quel moyen plus sûr pouvîoni*nous em»ployor pour nous juslij^r que la publication elle-même de notre œuvre, si fortement incriminée et si gravement noircie? Il a done£aliu la publier telle qu'elle était et sQUfi changement aueoni pour mettre ilout le monde à mémo de prono^ieer ^ur son véritable earaclère.

Le recours à Roo>e o'éi^nl pas admis» ^ ie recours ep grao^ auprès de rQrdiuaire n^ét^nt pas admi«^ible, que

ûous restait-il donc à faire? et auprès de qui devionsnous nous pourvoir? hors du diocèse, sans doute, à rimitalion de ceux qui nous avaient précédé dans la lutte, La chose nous parait de toute évidence. Pouvionsnous, en effet, demander une autre position à une autorité qui nous jugeait indigne d'être missionnaire, c*est-àdire indigne de confesser et de prêcher, car enfin c'est à l'exercice de ce double ministère que se réduit toute l'œuvre des missions. Nous avons donc dû tout naturellement reconnaître qu'en ne voulant plus de nous pour missionnaire, on ne voulait plus de nous pour confesser et pour prêcher, |)as plus que pour manger; car voilà la troisième chose qui constitue la vie du missionnaire. Personne ne niera qu'on n'ait eu l'intention de nous fermer la bouche sous ce dernier rapport; il eût été assez curieux qu'on nous la laissât largement ouverte sous les deux autres.

Nous avons donc eu grandement raison de nous représenter comme réduit au simple pouvoir d'ordre, et nous avons agi en conséquence. Au reste, jusqu'à présent rien d'officiel n'est venu nous détromper; on songeait si peu tout d'abord à nous retirer de cette erreur prétendue, que, non content de nous déclarer exclu de la mission diocésaine, on s'est mis en devoir de nous en expulser, en fixant dans un ultimatum, aussi peu écrit et motive que le jugement lui-même, Tépoque où finirait le temps de grâce qui nous avait été vaguement laissé pour nous pourvoir. Juin une fois passé, l'autorité diocésaine devait amer contre nous, si nous ne nous retirions pas de nousmême de la maison. d'Ecole.

^mer.' s'écriait à ce propos (m de nos bons amis; mais qu'est-ce que cela veut dire? S'agit-il d'un interdit a sacris? ou bien si l'on veut recourir au ministère de l'agent de police pour vous faire déguerpir?

Notre ami n'imaginait que ces deux moyens cf ootser

dans l'espèce. Mais comment s'y prendralUon pour nous traiter par voie d'huissier, depuis que l'Eglise n'en a plus à sa disposition? et à supposer qu'on essayât d'invoquer le bras séculier, n'y aurait-il pas lieu alors à quelque chose de plus sérieux qu'un appel comme d'abus? Un procès serait inévitable ; mais ce n'est pas nous qui le commencerons, et qui ferons recours à une juridiction étrangère.

Nous déclarons ici en toute franchise que nous n'avons pas eu peur de voir l'huissier ou le gendarme s'immiscer dans nos aïïaires, et que si, placé sous le poids d'une menace d'autant plus redoutable qu'elle ne spécifiait rien, nous nous sommes décidé, pour échapper à sa terrible réalisation, à quitter la mission et à nous réfugier chez un ami qui nous avait offert une généreuse hospitalité, nous ne l'avons fait qne par crainte de l'interdit a saeris dont il a été parlé.

Ce n'est pas que nous eussions donné lieu à un tel usage de la puissance épiscopale; notre conscience, au contraire, nous rendait le consolant témoignage de n'avoir mérité en aucune façon ce terrible châtiment, et les personnes que nous avons consultées sur ce point n'ont pas hésilé à déclarer que cette peine serait évidemment injuste et que nous ne serions pas oblige de la subir; néammoins c'est toujours une chose excessivement grave que de se voir en face d'une pareille extrémité, et pour ne pas nous trouver dans une semblable épreuve, nous avons consenti à nous priver momentanément du droit que nous avions de rester à la mission.

Avons-nous bien ou mal fait d'agir de la sorte? c'est ce que nous sommes à nous demander maintenant; et ce qui nous fait hésiter sur cette question, c'est la pensée que, si l'on en fût venu à nous frapper de suspense ab ordine, nous aurions au nuiins trouvé dans cet acte triste mais solennel un moyen de faire un appel en règle aux

|ribunaiiï( nofliaîns; et rieti n'eùl empêché dan^ doute la ispcrée CiDjigrcga.Uoi) de publier bon jugc^tuent en notre feveur.

Mais quand nous avions à nous déeider sur ce point, (Qn jiiio i860, nous ne $avîons pas encore avec flssi^z de Cisrjijiiijdi; ce que Ronie |)ensemit de nos Ëtaiks^ et, dan^ rinquiélude qui pesait tout naturellement sur notre âme à cette occasion, nous ne nous sentions pas le courage d'aiTronler le péril dont nous étions meoa^. P!ous osons dire qu'à présent, tranquille comme nous ie somines sur l'innocenee aussi inalérielle que forniclle de notre pubii*^ cation, nous n'hésiterious pas.

Oo voit par ce qui précède que, si nous avons à regret* ter rbosj^talilé àf^ M. J'abbé Maiœ, ce n*est pour aucun des trois motifs que nous alloos dire.

Peemkv motif : le danger de celle bospilalUé. Il y a des personnes, en elTot, qui se sont scandalisées du porli que poos aviou^ pris à cet égard; nous réfugier chez M. jHajre a été à leurs yeux le comble de nos crimes, Cette démarcbe devait rendre notre réconciliation impo^ sible. Qu'est-ce donc que M. Maire? Ah! c'est le premier qui a plaidé publiquement chez nous en faveur de U\ liturgie romaine. Son e&eellcnt livre lui a valu les félicî* (atjpns du Saint-Père. C'est doue un homme abominable» n'est-il' pas vrai? Sans eompter qu'il jouit, bon gré, mal gré, de 1^ plus haute estime dans tout le diocèse, pour ses vertus, son sèle et son dévouement. D'un autre coté, les personnes dont nous parlons, et que nous avons tant scandalisées sans nous y attendre, ne nous avaient pas offert leur porte au moment de notre sortie d'Ecole; et nous n'étions |ias tenté d'aller y frapper comme un pnuvre mendiant. Devions-nous donc rester sur le pavé, |)our faire plaisir à ces innocentes cnéalures? Alais telle est la logique dont on use quelque )iart en France.

Secowt motif: les conditions onéreuses de ealle

k»\^, Npus fejsons içj aHusion à um l*Mfe t^remment publiéie, oii l'on a çhvrché à foire res^rljr de wn micus jes inconvénients qu'il y a à voir M. Maire dun t)au tr^ près. Avee la meillevre volonté du monde» fiou$ 0'av0n$ trouvé dans la plainte que ceci, savoir que M. Maire ne dispenixe paa toué<mr^ $e$ liôies de i^mplir envers Im les devif>ir$ de li> eb^rilé commune, ou pliiidl de la juMiee

Tromème motif :\e coût de celle hospjialiié. JN a-l-on PAS osé répandre dans le diocèse le bruii qu'il y aidait en entre M. Maire et nous une discMssion sur le prix de notre pension? Pour rendre même la calomnie plus croyable anx âmes simples, on est allé jusqu'à sîgnalei* le chiffre 3Mr lequel jurait roulé notre prétendue mésin^ telligence; et» oerlep, on foirait ee chiffre a^sez mesquin pour n'avoir pas droit de se récrier eQntre l'exigence de notre aofii; c'est àmQ aussi sur nou$ que l'pn voulait déverser uqi ridicule amer* Hoole aux inventeurs de celte ii^&mie! honte mi^me à ceux qui l'ont crue et eolportée ! Nous (^lisons peu de cas de cette injure pour ce qu'elle contient à notre adresse; maiç nous oe vouloin^ pa$ qu'elle atteigne notre ami , et nou^ dev<H)3 lui rendre liautement justice. Ah ! ils no çofinaissent pas, les mir s^rahles caneam^rs dont nous parlons, tout ce qu'il y a de uohle, de sensible, de délicat dans le cœur de eelui qu'ils attaquent; qu'ils sa^çhent d^ne» pour leur confusion, qiie notre ami jse regarde plutôt comme notre ohligé qoe comme notre bienfaiteur. Si nous ne sommeil |)as a méoie çle reconnaître sa générp^ité, la récompense lui en viendra certainement d'ailleurs, de celui qu* rendra à chacun selo^ ses leiuvres. Mûis nps insulteurs ont donné en ceci la mesure de leur bassesse; copur^ inléresBéjS et ^r4ides ! en yojlà as$ez pour leur châtiment,

Kous aur<?ns l'ocpasioj^ de relever encore tout h l'heure quelquee-uoes dep invention* ciusgi istupide^ que mé»

— lâchantes que Ton fait courir de temps à autre à travers les bas-fonds de notre public clérical ; pour le moment, nous revenons à noire thème énoncé plus haut, sur la position qui nous a été faite par notre condamnation de

D<ins le cours de janvier dernier, nous étions instamment prié par un de nos vénérables confrères de donner dans sa paroisse des exercices spirituels; force nous a été de décliner ce ministère par défaut de pouvoirs. Peu de jours après, notre confrère nous écrivait que nous étions dans Terreur à ce sujet; il s*cn était expliqué lui-même avec Monseigneur, qui lui avait répondu : « M. Bergier » jeune a conservé ses pouvoirs de prêcher et de confesser, » tout en quittant la mission , et vous pouvez ainsi en » toute liberté et sécurité lui demander le service dont x> vous me parlez. »

On nous dispensera de toute glose sur cette expression choisie : en quittant la mission; quant au reste, nous devons dire que cette lettre étail de nature a nous étonner; car, en juillet 1860, on avait déclaré à nos confrères que, s*ils avaient à donner des missions d'été, ils s'abstiendraient de nous envoyer y prendre part. M. Péseux avait dû alors représenter humblement à la |M*rsanne qui lui faisait cette commission, qu'il lui eût été diflicile de nous employer, attendu * notre départ de la maison, ciTectué, comme on le savait très-bien, le 1*^ juillet précéd<*nt. Au reste, cette privation de pouvoirs spirituels apostoliques résultait si rïalurellemcnt des mesures prises à notre égard, que nos illustres conseillers-protecteurs, tout en reconnaissant que nous avions bien certainement la faculté de jouir de nos droits acquis à ta maison des missionnaires diocésains, nous avertissaient denepasalier en mission jusqu'à nouwl ordre. Mais tel est le travers de certains esprits qu'ils ont été amenés, par certains motifs qu'il importe de connaître, à cette idée bizarre de

^ 43 — voulotr luslenionl nous priver de la chose qui n'élait pas à le<]r disposition, eu nous laissant jouir de celle qu'ils pouvaient plus ou moins légitimement nous ôler.

Ils n'avaient pas d'abord celte pensée, ce qui «précède le prouve; comment leur était*eile donc arrivée? et à quelle époque s'était produit en eux ce revirement d'opi^ nion? C'est en octobre 1860 que nous en avons entendu parler pour la première fois; nous avons appris alors par une voie simplement officieuse qu'on ne nous envisa** geâit plus comme indigne de monter en cliaire et d'en» trer au saint tribunal. Celui qui était allé de lui*méme aux informations, et qui nous mettait bénévolement au courant de ses démarches, affirmait de plus que l'on avait pour nous une affection très- prononcée, et que Ton ne demanderait pas mieux que de nous placer sur demande. Sachant ce que nous savons et comparant les dates, nous pourrions, sans témérité peut-être, trouver hors de France la cause de ce chanp;ement dans les idées ; seulement, on n'aurait admis alors qu'en partie l'impui-* sion venue du dehors. Quoi qu'il en soit, ce que nous voulions constater ici, c'est qu'on n'a sonçi^é qu'un peu tard à faire de nous un missionnaire libre, et pourtant expulsé, c'est-à-dire à nous rendre notre office, tout en nous laissant dépouillé de notre bénéfice. Mais il y avait à cette manière d'arranger les choses certains inconvénients.

D'abord l'Apôtre a dit, sous forme d'axiome, que nul n'a jamais fait la guerre à ses dépens, que l'ouvrier est digne de son salaire, et que l'ou ne doit pas lier la bouche au bœuf qui fouie le grain.

D*un autre côté, les Explications dont nous avions dû saisir le public nous représentant comme interdit ab officio, nous ne pouvions reprendre nos fonctions de missionnaire sans avertissement préalable. Ne fallait-il pas, sous peine de scandale, donner à notre réhabilitation la

taèaie pùbfteité qu'à liolfe dégrâââtkm? NoM flVôii» ée' mandé éiv eolisà|U€n(^e qu'on voulût bien nom remeltré la pièce aiitlhe»tique où se trouvait consignée la déda* ration de Tavlorilé concernant ûos pouvoirs; mais on ii*al pas }ugé à propos de nous octroyer cette farveur im» portante.

. Altons plus loin : eti reprenaiit noità ministère Aposl^ liqoe, de quelle espèee de pouvoirs spéeiauit aarioas^nom pu faire usa^e? Ceux dont nous avions joui jusqu'alors, soit par induit du Saint-Srége, soit par concession àê rOrdifiaire, ne nous avaient appartenu qui*eli noire qua-* Kté de membre de ta mission diocésaine. Si nous ne Fêlions plus, il nous était défendu de nous prévaloir des prenriers , sauf ind^ult nouveau et personnel ; et quant aux seconds, aurions-nous pu, sans explication olté-« rienre, nous considérer comme investi des privilèges nombreux et exceptionnels accordés aux missionnaires diocésains, lorsqu'on ne nous jugeait plus digne de partager leur table et leur compagnie?

Faisons encore ici une autre observation. Dans notre lettre de mai 1860 an Saint*Père , nous ne déetariens pas seulement que nous nous atotiendrions de contrarier notre Ordinaire, en travaillant dans sa vigne contre son gré, mais nous ajoutions que nous ne voulions pas non plus nous être k charge à nous-mème, en elerçant u» ministère qui ne serait pas désormais sans péril. Car, indépendamment de l'alteniion toute spéfialc avec laquelle M nous eût observé, personne n'ignore qu'il y a dans le diocèse des es^nonâ an moins officieux , dont les rapports souvent calomnieux ne sont pas de nalu^e à encourager l'orateur le plus sage et le mieux avisé. On a pu s'en ^ivaincre par i»n fait assez réeeni arrivé à M. Maire* rtotre ami ; et, ce qu'il y a eu de plus fâcheux en cette affaire, c'est que, nonobstant l'éloquente justification qu'il a faite de sa conduite dans l'excellent Mémoire qu'il

»'etft VA forcé de publier 1 cette oce^ton^ il en édt erteùfë i sKtenére 4111e eeux qui avalenfl (fjoiilé foi à une dénoil^ cialion mensongère lui rcndenl officiellement juslice. Cet exemple est bien propre à nous ôler loute tenloUon de eourir^ de galle de cœur, de semblables aventures.

Nous pourrions citer bien d'autres Irisioires qui prouvent qu'on ne laisse rien ignorer à lautorité des moindres clioses q:ni se passent »ux quatre coins du dio^^ éèse (i). Dieu veuille que les agents de poKce soient tou-

(i) Vôleî urfe preuve âssess récente de f altentîoti scrupuleuse avec htqaeffef Oti rerisergne les supiérieufs strf les: faits locaux , au moins <{aand Ws st)nt de nature romaine ou de personnes romaines, comme aussi du zèle ({ne Ton met à les apprendre dans le plus grand détail. Nous devions lious fenrcontret, M. Maire et moi, on jour de dinlânclte, dans une paroisse dont le euré était absent. C'est assez Pusa^ (fafrà \t diocèse que, lorsqu'un curé s'absente pour n^îitiporle quefle raison, aio* confrère le plus voisin le remplace, et bine, c'està-dfire célèbre les offices dans les deux paroisses. Or, est-it darts les régies que Fo» puisse bine*, quand ff y a utï prêtre pour célébrer une éesr deux messes paroissiales. Nods ne le eroyonâ pas. II est vrai que flous Parons vtf faire une fois ; mars certains confrères, même non rwïMnns, rf avaient pas trouvé la chose parfaitement canonique. On s'y était décidé, parce que le prêtre auxiîiaife Ue voulait se servir que du Missel romain à son usage pour l'a messe paroissiale qu'il s'offrait de eéïébrer;' il se serait fait scropuie d'agir autrement, attendu sa convicfron bien arrêtée sur ces matières, et sa résolution bien prisé dé^ ne fendre ittvke qu'autant qu'il le pourra en coiîscience. Il if exsknine pas st ses confréries ont à redouter des inconvéuients suffisants pour les autoriser à suivre encore le rit bisontin; il est parfaitement libre, loi, et fifeUt dire comme un ancien :

J0 eraîitf^ Diéif , cher ilbiiery eft D'ai pas ^aalre cfainfe'.

Qmi qu^il ei» soit, persnaèés, comme noud )'élio«s, qi'uw cuté aurait tort de hiner dans la circonstance expliquée ci-dessius , no«s avons crUr, M. Maice et moi , pouvoir et même defoir (c^a* enfin lioud ayon& encore de la eonseience) nou» offrir^ pour desservir le dimancbe en iiaesèionyla paroisse vacamte. Mais là était Tineonvéniént : il faitarlt iMiis ^rvir du romain. Cependant la ehose s'est faite dans ees eondt* ti^Bs^là, et mms ne croyons pas qu'il en soct résulté le moindnre seandiâte; au fait, bien des personnes de la lodalité ont déjà vu célébrer selon ee rit daas \t diOGèse voisin, dont leur paroisse est Hmitroptie,

— te —

jours bien exacts dans leurs citormànts rapports! Noos avons tout lieu de nous défier de leur fidélité en oé qui

comme elles y ont vu manger, et ont elles-mêmes mangé gras, pas mal de samedis.

Crpirail-on maintenant qu'an fait aussi simple ail pu éveiller de graves susceptibilités ? Eh bien ! cependant un respectable curé des environs a reçu une lettre par laquelle on lui démandait des renseignements sur la chose. Puisqu'on tient tant à en avoir, pourquoi n'en donnerions-nouis pas , nous qui avons été non-seulement spectateurs, mais acteurs? On saura donc que M. Maire a prêché, el je crois bien prêché , sur le respect pour les églises , parce qu'il en était question dans l'Evangile du jour, neuvième dimanche après la Pentecôte. Le soir, à la prière, il est encore monté en chaire» où il a fait une longue et belle homélie sur la Madeleine, dont on célébrait la fête le lendemain. Au reste, ni dans l'une ni dans l'autre de ces instructions, nous n'avons remarqué aucune allusion soit à l'infaillibilité du Pape, soit à la nécessité d'adopter le rit romain. Pour nous, nous avons chanté la Messe du neuvième dhnanche après la Pentecôte en ornements verts. Nous n'avons pas cru devoir réciter nousniéme le De profundis et le Pater ou les prières du prône, qui se réduisent à cela dans la paroisse dont nous parlons, à cause d'une chose que nous avons imprimée page ii de nos anciennes Explications, auSupp^émen^ mais M. Maire a dit ces prières avant son sermon. Les Vêpres ont été sonnées à une heure, juste, en sorte que nous n'avons pas fait attendre la paroisse, même sous prétexte de dîner de baptême; on les a dites de sainte Madeleine ; seulement, quand il a été question de la bénédiction , de même que nous avions donné la nôtre de la messe à basse voix , de même M. Maire a cru cette fois devoir donner celle du Saint- Sacrement en plein silence, comme du reste Son Emincnce le fait aux grands pontificaux; il nous a semblé que nous, qui sommes romaios toujours, pouvions sans difficulté suivre le rit romain en toot et toujours.

Voilà l'exposé fidèle de ce qui s'est passé dans U paroisse de »

le 21 juillet de l'an de grâce 1861 ; puisqu'on s'est montré carieox de connaître les détails de cette histoire , on nous saura gré, sans doute, de les avoir racontés avec la plus grande ingénuité. Au reste, il faut être bien convaincu que M. le curé du lieu a été toul-4-fait étranger à ce qui s'est fait dans son église; il n'avait été averti en rien. Noos ajouterons même que si M. B***, prêtre bisontin, libre, s'était rencontré avec nous sur les lieux, comme on pouvait l'espérer, M. Maire lui ayant fait offrir une place dans sa voiture pour ce voyage, nous ne nous serions permis de faire quoi que ce soit qu*à son défont d'agir, en d'autres termes avec sa permission. C'est dommage» vraiment, qu'il ait différé son départ dans la circonstance; il nous aurait préservés, nous et les rits bisontin ou romain, d'un bien maotais pas.

Qcles piiblica, tels quQ les^ lernionâ, n'^yoï^^-QQua P9S éi^. dénoncé, tt y «i quelquo$ «naées déjà, h rauioriié laul oîvile qu*e(x4ési«ia(iquQ, poqr un çliaçQui's dont nou$ o$on9 affirmer la faxtléid ionoceiicQ? Poui-quoi dune quus^ expa* aerioQs^aous , sauf devoir d'offi^» à de Qouvellea pour* suite»» où peuti-élre nous ne serions pas puissamment SQUtenv contrôla eabalo do ^lénoncialeurâ peiiides? Nous ne noua sc&toQS pas assev fort, ainsi que nous récrivions au Saint'-Père, pour marcher toujours si droit dans Texercico du saint ministère, que nous n'ayons quelque peur, dans l^s oirconslances, de susciter contre nous de nouveaux orages et de nouvelles IcrnpéLcs : Dein torviè. aspeclus propims^ abm*mtus, vix possem, prœ infinmU taie meâj Uà rectè inoedere ministrans, ut nomsi mm: exeilarem ad^ersikm me pt'oc^llus et tempestate&.

EnOn, il y avait un autre o))slaole qui noua empêchait de donnfr les mains à Tespèce de concordat qu'on semblait nous proposer; nous craignions d'y rencontrer quelque Irébuchet caché où nous aurions été pris. N*aurait-ou pas dit, en eiïet, si Ton noua avait vu exercer comme auparavant le saint ministère, ou bien que nous avions eu tort de nous plaindre et que Ton ne nous avait. nullement frappé, ou bien que Ton nous avait rendu justice et que nous avions accepté nous'^méme l'état de choses actuel cofnme un fait accompli. En serions-nous moins resté dépouillé do nos droits justement acquis, et oxolu d'une opmmuuauto qui est la notre, et à laquelle nous n'avons pas dit encore le dernier adieu? Or, quelque dé^ntéressé que nous devions être au point de vue de uoy intérêts temporel^, nous ne sqmmes pas assez riche cependant pour en faire le sacrifice. C'est pourquoi, eâ consentant à nous retirer momentanément dans notre famille ou chez notre ami, il y a plgs d'un an, pour céder à l'orage qui pesait sur qotre léte et à la menace que

Ton nous disait d'dviser contre nous« nous r^spfvimis nos droits; seulement nous laiissions au Saini-Pèrc et àceux que cela rcganle le soin d'examiner, $*ii y aurait justice à ce que nous fussions privé, en attendant, Ide tout bénéfice provenant, soit du fait de notre ordiiialimi sains titre, soit du tiue de notre ai;{i:ré{;ation à la soeiéli'^ des Missionnaires diocésains. Nous écrivions au Saint-Père : CcPteri autem, ad quos res spécial, videanl quà œquitaU bénéficia mW ordinafionis siçe agregalianis meœ inletim ex tolo prwarer ; videat el Rama ip$a. Les mis^ionnsiircs, de leur côté, ont été jirévenus de nos prétentions à ecl égard. Personne n'ayant encore songé juscprà ce jour, soit a la mi.^sion, soit ailleurs, à régler une affaire de cette imporlanee, il est juste que nous nous ahsienions de tout acte qui pourrait ressemider de notie pîirt à qneique cession, ou être envisagé et représenté comme une transsictiun. Nous faisons donc aujourd'hui connue le Saiut-Pcre vis-à-vis de ses spoliateurs; nous continuons de protester contre une injuste dé|)ossession.

Nous voulons que notre cause triomphe sur tous les points et arrive à un succès cotnplel. Il suffirait bien, il est vrai, à notre honneur qu'on nous laissât exercer le ministère de missionnaire en toute liberté; lautorité dior césaine nous ayant reconnu ce droit, voilà une dinse di^jà gagnée sur nos adversaires, une chose sur laquelle il n'y a pas à revenir; nous avons donc triomphé sur le point principal; mais l'hotnme ne vit pas seulement dlionncur; il vit encore de pain et il est bon qu'il songe à s'en procurer.

D'ailleurs nous devons à ceux de nos confrères, qui craignent plus de manquer de pain que d'honneur, et qui n'o>eiit pas rem^dir leur devoir de peur de perdre leur place, ce service de revendiquer tous nos dridts inâme t(*mporels. Ils seront plus à leur aise quand ils ssuiront que Turbitraire ne reste pas impuni. C'est ainsi que notre

eâose i» MmpKfdé de toutes Itô leurs, et doit les foire toutes triompher.

Nous espérons qu'enfin il plaira à h sacrée Congrégation, qui s'est oceupi^e de notre affaire et qui Ta résolue, de ptiblier sa déeislon suprême; quelque connaissance que nous ayons eue dé sa teneur, en tout favorable à nos prétentions, nous avons dû, par respect autant que par prudence, attendre, pour nous en prévaloir, qu'elle nous fut notifiée; et voilà pourquoi nous nous sommes abstenu de profitcnr de la justice incomplèle qu'on voulait nobs rendre, redoutant jusqu'aux présents des Grecs.

D'un autre côté, on sait à Rome comme ici que nous nous sommes placé en dehors de tout ministère actif, car nous écrivions encore : Restât igitur hoc solum, BeatiS'" $ime Pater, ut patriam nondeserens. sed ab activa ibidem temperans ministerio, donec meliores mihi affulgeant die$ et a\>ita nobis redeat canonica liber tas, focos repetam. Or le Saint-Père nous a-t-il reproché ce parti que nous avions pris? non. Quant au moyen d'utiliser les loisirs que nous laisse notre solitude, nous lui demandions encore qu'il daignât nous autoriser à reprendre notre plume, si désagréable à quelques-uns, pour continuer, achever et mettre au jour les Etudes que nous avons annoncées; or, nous sommes tellement assuré du bon accueil qu*il a fait à neutre projet, que nous n*hésitons pas du tout à le réaliser, fort de sa protection et de notre eonscience.

Noua espérons que la déclaration présente fera comprendre à nos confrères les graves motifs qui nous ont empêché d'accueillir les demandes qu'ils nous ont adressées de plus d*un côté pour évangéliser leurs paroisses. Ils remarqueront que, bien loin de mettre de la mauvaise volonté dans nos refus, nous avons suivi les règles les plus élémentaires de la sagesse chrétienne.

Mais enfin jusqu'à quand durera encore la position

prèonirô qtii nous a clé hite? Le bruit s'est r^imnilo na$];uère que nous allions rentrer à la iirission. Aujour* d'Uni même, 28 juillet, ou nous parlaH d'une leltre du Sainl-Pcre comme ayant donné lieu à ee bruil. Oo allait jusqu'à citer les paroles par lesquelles Sa S«u'nteté aurait manifesté à Mgr. TArchevèque de Besaiiçoo son extrême désir de nous voir réintégrer dans notre position. Mous n'oserions pas afOrmer que le Sainl«Père n'a pas écrit ce qu'on lui attribue, une pareille lettre de Sa part étant assez cmifornie à ce que no«JS avons su nous^mème de ses dispositions à notre égard; néiinmoins nous nous al>stenons aiit»si d'assurer le contraire, n'en ayant aucune connaissance ofiicidle^ et rien n'ayant été fait d'un antre côté qui parût répondre à uo semblable désir.

La seule ehose qu'on nous ait dite en ce sens, il y a environ un mois, fin de juin, c'est qu'un de nos aneîena amis, qui vit dans d'excellents termes avec l'autorilé dîoeésniue^ s'était déclaré fort de nous faire rentrer à la mission, si nous consentions à quel(|ues démarelies dans ce but. Il en avait parlé aux missionnaires, ses confrères et les nôtres, qui se sont empressés de nous communi* quer cette heureuse nouvelle. Nous attendions de jour en jour qu'il plût à notre ami d'entrer en |Kiur|Kirler avec nous, et de nous faire connaître à quelle condition il répondait du succès de sa négociation. Car il de\ait être quelque peu ambassadeur pour s'avancer ainsi, et savoir par conséquent sur. quelles bases on assolerait le futur concordat. Nous en sommes eneore à attendre les explicati<ins sur lesquelles nous avions droit de compter; ou plutôt, comme on le verra plus loin, on a renoncé au traité avant même d'en poser les préliminaires. Pour* quoi ? nous l'ignorons absolument.

On a compris sans doute que les conditions que Ton voulait y mettre seraient inacceptabli». S'agissait*iU par

exemple, de briser notre plume? Mais il n'appartient qti*aa Saini-Père de hoda demander ce sacrifîi'e, et nous ne eroyons pas qfi H en ait l'idée. On cul exigé des soumis* sîons de notre |)ari; lesquelles?... Parlant de soumissions avec un de nos confrères qui en a lotijours éU3 grande* ment partisan d qui nous les oonseiliait em'ore, nous avons eu Tfaonneur de lui faire observer que Ai. Maire im avait off^l avant nous d'assez satisfaissuites« On \uHJi les voir pages 49 et 43 de sou Mémoire; il y va jusqu'à demander un pardon dont il n avait pas tesoin. A quoi tout eeia a»i4i almuli? et cependant les |>ersoiii«es iiUer^ posées, qui agissaient quasi officiellement, {^rometlaiefit monts et merveilies. K'esit-»ee pas le cas de dire a^ec le poète : Parturient mmiles, nasceinr ridicutm mus? Oo a même fait pis, car M. Maire^ au Jien de gsigner quelque chose à saibaisser, n'a pcul-^lre qu'enhardi «eux qui veutrat le réduire à néant. Il en est ainsi de toutes les concessions, surtout iiidûinent faites; aecusant une sorte de faiblesse, elles encouriigent la force a (loursuivre son diemin. Aussi voi(*on le Saint-Pére tenir ferme et ne rien céder. VoUàcomiiienton main tient le droit; il peut être foirté auk pieds, mais il demeure.

Qu*on ne se fasse pas illiiiiHiou sur la véritable 'Canse de nos détnéiés avec aos adversairos ; ce qui les blesse^ ve ne sont pas desdéfaulsde forate, maïs le tond lui-méioe; ce soiDt nos doctrines, nos principes et nos eundusions que nous jdeFrioffiis rétracter, et non ps» nos impolilesses qu'il faudrait eSîmpr. Or, nous le demandons à totil homme de bonne fi», nous est-il possible de sacrifier ainsi la xéiûilé, J^boaiiieiur même de r£glise?

PuuvoHS'HOiis reeonnaitre, par exemple, que ie Bré* viaire de Bi^ançon est légitime, parée qu'il «ous a servi près (de cent ans ei q^i'iil a dé le jiMir à un Cardinal? NcHis cniyons au rontraire avec Rome qu'il a cessé d'être privilégié, et que, par conséfp^etit, «eton ta déelaratioo de

saint Pie V lui-même, on ne saiisfail, en le récitant, ni au devoir de roffiee, ni à Tune des conditions requises par le droit pour loucher légitimement ^cs fruits de son brnéûce. Ce Bréviaire, dit-on, n'a été ni condamné ni défendu par le Saint-Siège; nous déclarons au contraire» et nous arfirmons de nouveau que ce Bréviaire tombe, d'une part, sous Tune des proscriptions générales de V Index, de l'autre, sous une défense qui lui est particu* Hère, cl qui date du mois d'août 1856; ainsi ce Bréviaire se trouve condamné et défendu en tout sens. Nous ajoutons que Ton n'a aucune permission, soil générale soit particulière, de s*cn s^vir, par une raison bien simple, c'est que Ton n'en montre aucune, et que celle dont on essaye toujours de se prévaloir n'a jamais autorisé l'usage privé de ce Bréviaire, et a |)erdu depuis longtemps toute valeur relativement à l'office public et solennel. Nous ne signerons donc jamais de déclara* lions ou de soumissions contraires à cette doctrine certaine, consacrée, incontestable.

Serait-on mieux venu à exiger de nous des protestations contre le droit ecclésiastique et divin des réserves afiostoliques, et en faveur de nos ussiges ou libertés cou* lumières, de quelque nom qu'on les décore? Mais nous croyons que le Pape a reçu de Jésus-Christ le plein pouvoir de paître, régir et gouverner l'Eglise universelle; nous savons qu'il tient aux règles du Droit concernant les conciles et les synodes; nous désirons voir revivre, tout comme lui, mille institutions ou lois éminenmient salutaires qui font partie de la discipline générale de l'Eglise ; nous tenons pour certain que toutes les anciennes coutumes de la France ecclésiastique ont été abolies, et que, sauf les exceptions marquées dans nos Concordats du dix-neuvième siècle, nous sommes placés sous le régime du Droit commun, des Constitutions apostoliques, et surtout du saint concile de Trente, même pour

œ (lui feffarde riinité des vicaires capiiutnirns. Gonim(«nt pcmrrionst^nous donc eons«»nlir a rélr<ieier un livre entn*p«)$é dans ce sens, c'est«-à*dire dans le sens de rEglise? Non, à moins que Rome ne le condamne, chose assez peu probable, nous le niainlièndrons pour sa doctrine, pour SCS principes el pour ses conclusions.

Nous n'avons pas à examiner ici si Grcf^oire XVI a dit vériiahlement, comme le racontait un journal franccomtois il y a quelques années, quVn France il y avait des prêtres, mais pas de cler^^é, tant les choM^s y élaient sur mi pied fieu canonique; hi source, où ce journal avait puise ce renseignement, ne nous prait pas assez sûre pour y pouvoir compter; mais ce même journal attribuait à Taut^usle Pie IX une parole bien plus étrange : cet admirable ponlife n*avait pas clé élonnc, disait-on, de i*attcnlat sacrilège qui avait eu lieu à Paris, et cela pour un motif du même genre. Nous ne relevons cette dernière parliéularité, que parce qu'on nous a fait à nous riusigne honneur de nous représenter comme capable d'imiter Vergés; d'aulres ont pris la chose sous un autre biais non moins ingénieux : ne nous croyant pas assez méchant |K)ur être parricide, ils nous ont jugé assez désespéré et assez lâche pour songer au suicide.

N'esi-il pas vrai qu*il fiiit bon se voir dépeint d'une manière aussi gracieuse? Voilà cependant comment on nous a traité dans ccrlains bas-fonds.

Ceux qui nous ont étudié d'un peu plus près n'ont pu se rendre compte de noire impassibilité; nous leur avons apparu comme un phénomène, comme un monstre qui na rien d'humain; ils nous auraient volontiers compH'é à celui dont parle le poète, qui avait sucé le lait d'un animal faroucbe au fond des forets dllyrcanie. Ignorent -ils donc le singulier privilège de la bonne eonscieuce? Un païen lui-mêuie a chanté la gloire du juste tenace, que rien n'est capable d'émouvoir, pas même le

v4$ëgê du lyr^n q^i Topprime, et qui verrait^ «ms airoîr pëui", touibet* ^f lui les ruines du monde écroulé.

iustum ac tenacem propositi rirum Non vultus atrox mente qualit svÀ, Si fraclus illâbatulp of bte Impaviclaln férî<etit ttât^Bb (i).

. Nous ne voulons pas^ au reste, qu'an se niéiprenne sur les vraies causes de noire tranquilliié. Nous no somm» pns un stoïcien d'Horace» mais un chrétien formé par TËvangile. Or» Jésus-Christ nous dit : N'ayez pas peur <le ceux qui ne peuvent tuer que le corps; et encore : Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justi€e« el ne vous inquiétez pas du reste. Nous attendons par conséquent avec patience et sans nous lasser les mome^ils de la Providence : Quœ Pater posuit in sitâ ^testate.

Nous pouvons bien trouver que les affaires marcheiil lentement au gré de nos désirs; néanmoins nous ne dirons jamais, avecks enfants dp tonnerre, qu'il foui faire descendre le feu du ciel pour tout consumer; now savons un peu mieux de quel esprit nous sommes. On a osé cependant nous accuser de manquer de respect pour le Saint-Père. Ainsit, il H*a pas sufii à nos insulteurs de no|ps représenter comme en révi^lte conire notre évèqiie ; ils ont voulu y ajouter le crime de rébellion contre le Souverain-Pontife. Quel qu'ait pu être le motif de cette accusation que l'on a intentée contre nous, nous déclarons hautement iei, que s'il plaît au Sai!Ht*Pére> potir twe raison ou pour une autre, d'user de ménagement envers

(i) On s'apercevra aisément que, pour réduire à une seuleles deux strophes du poète, nous avons supprimé cerlliins membres de pljrase, et remplacé imteintis tffranni par àir&is , et 9oHdà par fNd. Noos aurions pu sans dontfe faii*e un emprunt plus «Iwndant-et écrire antti non civium ardor prava jubentium; mais, qu^aarioDS-noua fait, sinon de la grande main de Jupiter fulminant, au moins des vents qui troublent PAdriatique?

^ iS -^

li^ persoftms, ttiâme à oas iépms « neui tm nous pltiin*drotid pas ; id mids en épnmtoas queiqiio regret, nos in* lèrètt persovittcb n'en seront pas la {mndipaile cause^ mais bicfi ceûK de Id justice et de ia viiité. flfHis avoni dit tout à l'heure que le système des concesMoiis, faites à des hommes înjusieâ, n'avait pas rardiitafs de nous plaire , et nous vH^fyons avec bonlieur que, fiermi les eaints pafies des derniers siècles , Dieu a choisi surtout, potir tes glo» rifièraulL ^eux de Vfiglisc et du monde, eeuK qiu oat fait ies frfils grands aci«s de vigueur apostolique ; ua saint Qr^l^ife Vif, par exemple» mort en exil pour avoir aimé la justiee et ^oot^suivi riniquité; un saint PSe V» dont to fermeié est asseis connue ; pourquoi même n'y ajouterjoos^ nous pâ^ )e vénérable Innocent XI^ qui s'est montré si ineKdrafele envers les membres du clergé frann^is qm avaient |)fis une part aetive à l'aèsemMée de 16S2? ^uant aux deux premiers, qui ont travaillé avec tnnt de siiecès an triomphe de la liturgie romaine^ noua remarqmns wec )oie que U^ Mnine^ notre ami, a eu U bonne Idée de leur assigner imc plaee d'honneur dans sm magnt^ fique oratoire, et »ws les avons souvK^nt sons les y-e«% fùm les invoquer oovnme nos proieeic«rs et les inviter -comme nos modète^. delà veut-il di^re que noua n'ad^rioftsqueles vertus guerrières? loin de nousutiesemiMable pensée; nous savons qu'il y a ausi^i des vetlJffs i^iciflques]; «t nous «timons k >conieH^p(er, dains f^Mg^is^ Pie IX, le trai sage qui atteini son i»ut avecfbrce, tout en di^posan^t les 'ClH^es avec douceur. Nofis voyons nevivuc eu lui safM ârégoiie VII for rénergfre avec iaqueUe il maintieni 4es droiis dvi Saint-^ge en fa<e« d*enne«nls octiarnés^ aaint Grégoire VII e4 :safint Pie V, par le izèle q«Ml a mis A né- UMk parmi vious la tAuj^fie ramaJne; enfin le vé^iérable luitocent XI par ta kiite qu*it «outieM >eM«i« les lvi'*ritiefs de l'assemblée de 1682. Nous laiasons donc k oe Père non ttmms tadmh^able qu'akwaète le cflioix des mti^feiia

qu'il convient d'employer dans les temps pcrilleniL oq omis sommes, et dussions-nous rester loqjtifurs victiifne;, s'il croit devoir nous sacrifier pour te plus grand bien àt TEglise, nous ne refusons pas d*ètre jeté à la mer pour sauver l'équipage.

Mais, après nous avoir reproché nos regrets; d'autant plus légitimes que l'on abuse davantage delà patienee du Sainl-SiiVge pour résister à ses désirs bien connus, on a voulu nous imputer aussi de déte:ilables joies. Quoi! nous aurions indignement triomphé sur un tomb^m qui ve^* nait, disait-on, de s'ouvrir pour recevoir un très-haut perscmnage! Dieu nous est témoin que rien n'est plus loin de notre ecBur que de pareils sentiments. Nos amis ont mieux aimé dans le temps rester sous l'oppression que de voir s'opérer leur délivrance au préjudice d'intéréis plus grav(% qui auraient pu se trouver compromis; quant à nous, loi'squ'on a annoncé le coup def oudrc^ «lonl nous avons parlé, loin d'entonner un cantique de joie, comme les Hébreux après le passiige de la mer Rouge, nous nous sommes recueilli en nous-mé»^,. et notre premier mouvement a été de prier. Notre religion consiste à adorer profondément tous les décrets de la Providence ; mais iifca|i:ible d*en pénétrer le secret mystère, nous nousab^le^ nous de les juger; Dieu seul, qui Cimnait tout à la fois te présent et l'avenir, peut en apprécier le véritable caractère ; pour nous, nous ignorons au contraire s'ils nous sont favorables ou funestes; nous n'oserions donc p^is nous réjouir, même d'une chiise qui nous paraîtrait évidemment UM grâce, parce qu'au fond elle pourrait reemtvrîr et amener de plus grands mallteurs, et notre (k*livraiic^ iipparentc n'être en réalité que le commencement d*qft plus dur et plus long esclavage. Les choses étant ainsi, nous nous contentons d'accepter humb ement tout 0b qu*ij plait à l'adorabte Providence de faire ou de petr mettre; nous lui demandoos, il est vrai» que son svtint

mm soit sanclifié et qiie son règm amve, mais nous ti^rr miflons toutes nos prières par cette eoociusion : que votre volonté soit fiiite sur la terre comme au ciel. Avec eela» nous sommes toujours contents ou du nioins ré^ign^, car nous Siwons que tout conspire, comme dit TApôtre , au vrai bien des amis de Dieu.

Personne n'ignore que reselavage auquel Joi»eph fut indignement voué par ses frères devint la source de sa grandeur et de leur salut. Lorsque ce saint patriarche fit avec eux son admirable reconnaissance, ils furent terrtfiés, nous dit TËcriture, mais il les consola en leur disant : « Ne craignez pas, parce que vous m'avez vendu, car c'est pour votre éalut que Dieu m'a envoyé avant vous en ^ypte...Ge n'est donc pas votre conseil à vous, mais la volonté de Dieu qui m'a conduit ici pour vous conserver la vie dans la détresse de la famine. ?» Prévenu de cette idée pleine de sagesse sur les événements humains» un respeo* table personnage nous écrivait il y a quelque temps : N'estce pas un fait de Providence que le départ de M. Jaequenet pour l'étranger? Sans cela, nous n'aurions probablement pas ses précieuses Obsei^mtions critiques sur la théologie élémentaire de Toulouse. Nous sommes tenté, nous aussi, de dire avec le poète, mais en donnant à sa phrase le sens chrétien : Deus nobis hœc olia fmt. C'est Dieu qui mw a ménagé ces loisirs, pour nous occuper plus activement de nos Etudes liturgiques.

Il ne manque pas en effet de prédicateurs et de confesseurs dans notre diocèse, et les âmes par conséquent peuvent aisément se passer de notre ministère comme missionnaire; mais en est-il de n^me de nos œuvres comme écrivain? Hélas! bien peu ont le courage d'ex* primer tout haut ce qu'ils chuchotent tout bas; mais ceux dont on a brûlé les vaisseaux n'ont pas d'autre espoir qu*en la victoire; il leur faut absolument vaincre ou mourir. Que l'on ne s'étonne donc pas de les voir se jeter à tra*

verBks hasnMs.Qiiet droit otiroîi-on cle se plaindre, même fles grands ceups qu'ils (mrient? après qooii leur a dé* clar6 Une guerre à mort , ne doivenMIs pas rAsisler jusqu'où bout? tiu moins leur esMI iriipossiÛe de ecipiittler, et surtout de âèmandet un traité de paix, aux dépens de la conscience et du droit.

A propos de |i;ens Sans co^ur et sons courage, nous avons lu, dans la sixième eonrérence préchée à Toulouse p^ir le Père Latordaire, une phrasequi nous a fnppé. L*éloquenl di)mini<^ain parlait de pays où < chacun, averti que son » sort est entre les m.iins d'un seul homuie, se reiii'e dans sy une crainte qui domine ses actes, ses parûtes et jusqu'à D sa pensée. » Nous faisons abstmction de l'objet spécial qu'avait en vue le <7élèbrc orateur; mais, portant sa pensée Sur un lout autre terrain, nous disons a\fe tui : « Le plus » hiè des sentiments, la peur, devient l'âme 4e ce peuple. > L'hypocrisie se ^\$ëe derrière la petir, pour la 4inii* » nuer ; l'atiullilion pour la dissimuler. Entre ces <rois )> vices qui s'invitent et se justifient Tnn par l'autre, les y> cœurs tj^^viirssent, les caractères tombent; il ne reste » debout que la servitude, et de certain q«e le » mé|»rîs. »

Hélas! il n'est que Irop vrai qi%e la peur, cette manvnise conseillère, inspire la coiuluile de beaucoup de personnes, et ne tarde pas à en faire des flatteurs et des hypocrites. On a beau flageller le respect humain dans les ehiiirrs clirrttennes; il vit , et bien souvent règne. Gon^^idorez cet homme au fond bien pensant. Si vous renvisaget dans sa vie absolument privée, vous ne trouverez rien de plus honnête que to«le sa conduite; aucun devoir ne lai échappera, et il les acoomplira tous, d^ins^n inlériew isolé, a%ec la plus parfaite exactilwle. il sera ivièinc bo« «vec les lions; mais placez-le en face d'u'M toute aulpe compagnie; bienlèt, Il hésitera, vous le verrez rougir cl céder Ifteliement devant de misértbtes iiiflaences« Esl^ee

donc là un homme? on pluiôt une girouette qui tourne à looi yeat, au mauviits comme au bon? Ce qui fait un homme et ce qui le distingue de la brute, e*o$t rintelli** gence qui préside à ses détermindtions» et la liberté avec laquelle il les exécute ; olez lui l'une ou Taulre de ces deux facultés « la liberté surtout, et dites-moi ce qui vous restera entre les mains, un idiot ou un esclave! Qu'un homme ne |)ossède qu'une petite dose d'intelligence, nous ne lui en voulons pas d'être si mal doué; nous sommes nicme pleins d'indulgence pour ceux qui sont de bonne foi dans Terreur, et nous n'avons garde de les mépriser, lorsqu'ils manquent de pratique, faute de convictions; mais si un homme de science et de foi fait le stfbrifice de sa conscience par un lâche respcet humain, quel cas voulez-xous que nous fassions de sii personne? Mérilc-*t-il notre estime et surtout notre confiance, dont il pourrait si facilement abuser au préjudice de nos intiTéts les plus cbcrs? non, parce qu'il s'est dégradé à nos yeux, et qu'il piirte au front le sligmalc du lâche ou do Tliypocrite. Nous. pourrons bien cncoi'e user de condescendance envers ce malheureux esclave, par princi|)e de charité, car la charité est universelle; mais il sera pour nous un objet de pitié, jamais d'amitié.

Au reste, le respect humain n'est pas le seul mal qui travaille vl abaisse les âmes; l'ignorance aussi les abêtit, et il y a des ignorances telles que rien ne peut en pallier la honte et la culpabilité. Ecoutons là-dessus M. O'Reilly» ciianoine de Pcrigueux, dans un de ses beaux articles contre la pluralité des vicaires capitulaires, Reçae-^Bouix, 30 mai 1861. Cet écrivain résume ainsi les observations des Conférences d'Angers sur la matière : « De toutes les » ignorances, celle qui est aiïectée et de propos délibéré » est la moins excusable. Comme elle renferme une » volonté positive de ne point s'instruire de ses devoirs, » ou de ne point éciaircir ses doutes, elle est pleinement

% volontaire, et né peut admettre aucune des excuses » qu'on allègue t^arfois dans les autres péchés d'igao* » rance. C'est ec qui doit faire infiniment craindre pour 1^ quelques ecclésiastiques qui n^glig^nt de s'instruire des ». règles de discipline qui les concernent; an lieu de se » rassurer sur ce qu'il voient, ils devraient au moins » étudier et examiner si ce qu'on affirme est bien fondé, » et cela sans prévention et sans intérêt. Or, c'est ce n qu'on ne fait pas, cl c'est bien là le caractère de l'igno- 9 rance aiïèclée. »

Dan)» nos Explications, page K7, nous repoussions comme une injure celle idée, que quelques-uns de nos confrèro^viteraient de lire et de comprendre, afin de se dispenser de bien faite; maintenant nous les prions de réfléchir sur la cilalion que nous venons de leur mettre sous les yeui : « Cest ce qui doit faire infiniment » craindre pour quelques ecclésiastiques, etc. s .

Il ne nous ap|iarlieal cerles pas de louer nos proprés ouvrages, mais nous pourrons i)eul-étrc bien, sans Mes- Si*T la modestie, citer le jugement qui a été porté* par quelqu'un qui s'y connait, sur V Entretien que nous avons fait imniiire, il y a quelques mois, et où nous établissions la nécessité d'adopler le rit romain. Tandis qu'ici, tout à côté de nous, un de nos anciens amis ne voyait dans noire opuscule qu'une causerie de table qui se sentait du lieu, on nous écrivait d'un pays parfaitement désintéressé dans la question : « Votre Entretien doit » dissiper tous les préjugés et éclairer toutes les igno- » rances de certains esprits qui ne se sont pas donné la » peine d'étudier. Il a démasqué surtout les petites pas- » siens qui s'éuiient produites sous les apparences de la » piété et du respect de la hiérarcbie. Vos canons rayés T» ont démantelé leur dernier abri. Les principes que » vous invoquez ne peuvent être contredits par ceux qui » veulent demeurer unis au Saint-Si^e. Vous ne faites

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