SI
» (}ii'î^p1iqucr un diocèse de Besançon les décisions de V Rome Vous np iaksez pas même au\ gallicans le droit » ^ vous accuser d'émeute ou de scandale. Vous abordez »>résotumeal toutes les difficullcs de doctrine, et vous les » meUez à néant;. Dans les allqsioiis qui louchent aux » |ièrsonnes« on ne peut vous reprocher que d'avoir trop 1» raison. Mais, sous ce rap|K)rt« on doit vous savoir gré » de la modération que vous |>ratiquez. i>
Nous sommes |>crsuadé que tous ceux qui liront VEntretien, de bonne foi et sans préjugé, tomberont d'accord avec notre |mnégyri^te; ils trouveront dans son petit Comple-rendu un chef-d œuvre d'analyse et déraison. Mats ceux qui oui un parti pris dans celte affaire, el que nous aVons bleshés par uds conclusions, en jugeront bien autren^nt. Ecoulez C4>mmeiit ils nous savent gré de notre excessive uu)déralion? Nous ne sommes à leurs yeux, nous et nus amis, que dvs exprits faux, exagérés, passionnés, des fous él des aveugles, des aboyeurs, des émeutiers, et ks criminels destrueleurs de la paix du diocèse de Besauçon. Cela se dit en toutes letlres. Au, point de vue des principes, ils trouvent tout simpleineut absurde noire assertion, que l'on ne Siilisfail pas au devoir de roflice en récitant le Bréviaire bisoutin; eepeudaul ce bréviaire a été déi*laré |>ar le Sainl-Siége dépouillé de tout privilège; d'un autre côté la Bulle de. saint Pie V elle même porte qu'à moins de vrai privilège, on lie ^Siitisfiiit au devoir de l'oflice que par la récitation du Bréviaire romain; c'est donc sur ce saint Pape et sur une constitution apostolique faisant loi dans toute TEglise, que reloml»e ce reproche d'absurdité. Nous lais*, sons à qui de droit le soin de se purger de cette irrévérence envers l'Eglise.
Mais quoi! le Bréviaire de Besfinçon a bientôt un* siècle d'existence; son éditeur a été fait cardinal sans; conteste après sa publication \ il a servi si longtemps à«
nn eiffjg^ infinùntmi imfeQtabH^î -^ que ve^l^^M cqd** dure de là? Qu'il est I^UimeS Home « proclamé lo om<<* traire» ei Mire CartUnal $*eiil soumiâè sa décision. Seniiu U permis de reveoir sur un aoie aussi &o(eiiQ«l? Il pourrail pamUre à quelques-uns qu'il y a uac eoMlu^ sioa plus simple à tirer de la condvile du cardinal de ChoiseuK Si^voir que les cardioauiK ne sobI ni iufaUUbles, ni impeccables; suil dit saos injure.
D'un autre coté, est*jl bien vrai que Mgr. de Choiaeul ait été fiiH eardinul après avoir publié son bréviaire? Pourquoi donc preoaitMl déjà celle qualité daos le Man^ dément par lequel il annonçait eelte œuvre à son diocèse? Nous croyons savoir qu'il a été réellement promu eaf* dinal dans un GonMSloire de décembre 1761; et c'était le 9 du même mois qu'il signait son Mandemeul relatif au bréviaire; s'il n'éUiit encore ce jour là que eardinal nomme, nous ne le féliciterons pas de s'être tant presaé d'en prendre le litre ; mais au moins il est bien sûr que sa nomination au cardinalat n'est pas postérieure à le publication de son bréviaire. Supposons qu'il y ait en ooïneidenoe entre les deux choses* d'une part la promu* lion de iM. de Chuiseul au cardinalat, de Tautre la publication qu'il a faite d'un bréviaire illégitime, il en résultera que cette publication mallicureuse a été le premier acte de remerciement adressé par ce Prélat au souverain Pontife qui venait de le fdacer parmi les princes de sa cour; cela est*i| bien édifiant? An reste, sans OKaminer ici si les puissances ont toujours eu le bonheur de désigner pour le cardinalat des personnes trés-^agréables au Saint» Siège, nous ferons remarquer qu'à l'époque où M» deClioiseul a été élevé à cette dignité, la question liturgique n'était pas encore parvenue au degré de clarté qu'elle a acquiee depuis; et, si l'on a pu dans ce temps là être eardinal et publier un mauvais bréviaire, il nous aemble que ee n^est pas une raison pour qu'un Cardinal le conserve
maintenafit, malgré le Sainl-Père, et malgré ses désirs, voire même ses décisions.
Mais, dit-on , notre Bréviaire n'a jamais été condamné ni défendu par le, Saint-Siège. — Quoi ! ee Bréviaire n'est pas condamné qui se trouve, pur sa nature même compris sous Tune des proscriptions générales de ï Index! Ce Bréviaire-là n'est pas défendu, qui a été déclaré contraire au droit canon par une décision ad hoc! En voilà plus qu'il n*en faut pour réfuter ces. assertions d*un autre âge, qui tombent à plat par le fait seul de leur anachronisme. Voudrait-on les faire revivre, après que Mgr. Mathieu les a rejetées lui-même en 1856, lorsqu'il a protesté hautement de sa soumission à la décision de Rome, et de sa volonté d'accomplir sans délai la réforme liturgique, qu'il regardait comme un devoir sacré? On croit rêver, en vérité, quand on entend alléguer des prétentions aussi absurdes, même sous forme de simple prétermission.
Que Ton cherche à se prévaloir, pour rester dans le statu gtfo^ de permissions accordées par le Saint-Père, c'est une chose qui se conçoit ; au moins par là, on reconnaît en principe les droits de l'autorité. Mais encore faut-il que ces permissions existent, pour qu'on puisse les alléguer; il serait même assez nécessaire qu'elles fussent connues, pour oser s'en prévaloir. Ceux qui continuent en effet de se servir des livres bisontins devraient être assez curieux de voir ces permissions, afin de les apprécier dans leur forme et leur teneur; il leur est difficile, sans cela, d^avoir leur conscience parfaitement tranquille. Où sont donc ces permissions prétendues?
Nous savons qu'il s'est répandu tout i^cemmcnt dans le diocèse un bruit, portant que Mgr. l'Archevêque de Besançon avait obtenu du Saint-Père la permission de conserver notre liturgie particulière, tant qu'il lui plairait. Celle nouvelle n'a pas tardé à être exploitée
eonirt nous; elle a affligé nos prwhi^ et nm amis, eomiiie si, pair le fait mémo, Rouie eiil ffmdatiiné nos eHorlH pour le iriomphe du droil et de la vcrilc. Ce|N'ndaiit nous ne serions |kis aitetiiUîi, mt^iiie (mr une |iermi»taon (le celle r&pcee, car notis n'avons jamais refusé au Saitit-Père la faeullc de déroger au droit; nous bisfums cet lionueur préeisément à ceu^ qui nous ottsu|neni; il e»t assc^z hingutier en effet que oeiix«là méine qui sou* niett<*nt le Pa|ie du\ eanons se disfiensent des eanons par aulorilc du Pape; mais enfin, celle conlradieiion mi>eà part el le droit du Pafie reconnu, en quoi la |iermission diKut on parle nous contreiiiniitH'lle? Crtte fciveur» si die avait été accorilée, serait po^térieure à nos. écrils^ el ne pourrait par couséqueal ofiérer contre eux d'effet ré* Iroactif.
Au fond, sur quoi repose cette rumeur publique) sur le témoign.i^e, nous a-t*ou: dit, d'un prèire respi*rfaMe, d'un curé de canlon, s'il vous plaii, qui se dmme pour avoir vu lailile permission t'n autii(;raphe..Kiiiis etoynns que le bon homme s'esi vanté d*uu bonneur qu*uii ne lui a point fait, 0U plutôt nous do4ilo«is» Fc^Ft qu il ait été bÎ4*n é\eiiié quand H a lu cette pièce curieuse dont il est trésr*p4Tniis, jusqu'à nouvel ordre, de nier t'exisliMiee. ConiTvrait-on en eiîet qu'on eut reçti un pareil iudtill et qit*on le tint cache, au lieu de le pi-oduire ftiiur Iran* quikliser tant d âmes en p<Hiie, tant de ctmsdrnees Iroi^ btées par des craintes, pour ne |ins din^ Aes reimirilslf La chose serait si exorbitante que nousi rcfusons^ d'y ajouter foi ju^qu'à preuve du contraire.
Allons plus loin, et su|»pQsons que le Pape permette à Mire Cardinal de conserver notie Kturgie tant qu'il lui plaira; nous ne verrons toujours (bus cette concession qu'mie affaire d'administration {générale ou de culte public. Gda voudrait dtri* tout au plus qne l'on pourrait encore se servir du biâontia au ebntur, nadd» mm que
Ytm f ftll oM^^l on A>ll (las Abl^é d'llS6^d*lln sembidbttf privi)^) fl est tûème |F|M^pnrfaticle scsmiineUre à la loi quaml on le peut, qiid de s^n dxcmpM à liire do fa-* venri P^i^mine ne soulkrndra Jaihub que, qnttnd on est dkptiii:Mfc de lu loi de labslirKMUe^ on dvit obscHnmt'iit foire giWk Wnii Monsfeigheur aunîili la (iermissidii de ooiiservef rtotre lilurgie^ qàe cela tie rolrligeraii ni de la seivre lui^-mcHie/ tii de la faire 4)bs(>rvér pur les autres. It ut fatal i^s edn fondre une disf^ense lemporairë de la loi avec un privilège perpclueL Celui-^oi repose sur des inertie ri^eli^ que Ton Veut réconi|ienser,i ei it y a âne Mirle d*hMncur h le conserver intact; celle-là au edri-' tnrird n'esl necordêe eni quelque façon qu'à eontre-'cœur^ à rflrisoff de certaines difticuUés qui einpév^henl d'ubservei* kr loi; on ne doit donc s'en sorvir que le moins posisible et le moins longtemps pussibUr, el il y a obligMlion de irsivailkT a Icvdr tes ob^taeles qui gênent t'aecomplissefMeirt do deiroir. C'est ami y par exemple , que saini dtarle» a pu conserver/ en vertu de IrHvilégc^ du S:itnt^ Stége^ kl liturgie a^mbrosienne^ précisément |)arce qu'elle éiiih amfbroïj^ionne^ e'est-à dire« antique et vénérable; il en ùh\\% de même kul^refbis de la lilùrgie bisontine, peut-* être; mais depuis que cette liturgie a p^'du^ pnr ses remaniement» £^uc(*ëssil^ y tous ses litres au respect des géffératfonSi eUe n'a phis de droit à un vrai piivilégè, el il fimt^ IraftailIcT à la faire disparaître le plutôt possible {lOin" établir le règne de bi l(ri.>
Moue diaons deno que celui qui vendrait empêcher le rit romîfiri d'arrivéi' à l'état mèifie de culte public^ dans le^égitises eii paroisacB qui peuvent Tadopler sans diiliculté,' ne 4oniprc*i[idf«^il ims te premiei* nicrt d'utie permission^ accordée |Kir te Pape pour conserver encore le bisontin Ij^ftiuis^ le Stmverain Pcmlifen'a reconnu la prrhHHijue oènc^sitè de ri'venif au ronhain p»r ensemble) ce (|(ii le prouve, c'et^f sir conduite envers Paris. Mgr^ Sibottiv oit
inaugurant le rit romain dans l'église de Saint-Eugène, déclarait que ce retour isolé entrait parfaitement dans les Tues du Saint-Père et lui ferait plaisir.
A plus forte raison n'admellons-nous pas qu'il appartienne à qui que ce soit de nous gêner dans noire culte privé; car alors même que le Suint-Père notis aurait réellement permis à tous et indwiduellement de garder les livres bisontins tant qu'il nous plairait, il ne s*ensiiivrait pas encore que nous aurions tort de les abandonner; au contraire. .
Nous raisonnons dans Thypolbèse d'une permission réellement obtenue; on voit combien il importerait d'en penser les expressions pour ne pas l'étendre au-delà de ses justes limites, et combien il serait nécessaire de l'avoir elle-même entre les mains pour former sa conscience en conséquence de sa teneur.
Maintenant nous osons affirmer qu'il n'y a. pas eu de permission accordée à notre diocèse que celle de 1854, et rbonorable curé de canton dont nous avons parlé tout à l'heure n'en a pas vu d'autre; en tout cas, il n'y en a point d'autre dont on puisse se prévaloir contre nous, puisqu'il n'y en a point d'autre qu'on nous ait fait connaître.
Or pour ce qui regarde cette fameuse permission de 1854, il y a longtemps qu'elle a éié jugée; nous l'avons jugée nous-mêmes d'après ses propres termes; et, au lieu d'y trouver un tant qu'il vous plaira, nous y avons lu un inlerea parfaitement suranné, et un provisoriè qui devait évidemment finir. Donc, tant que celte permission n'aura pas changé de forme, il ne sera pas possible de l'appliquer au temps présent avec lequel elle n'a aucune relation; mais pourrait-on la travestir sans donner un démenti à Monseigneur lui-même, qui l'a formulée sans doute avec la plus scrOpuleuse exactitude dans sa Circulaire imprimée de janvier 1857?
Ainsi Ton a beau faire ^ de quelque côté que Ton se retourne, on rencontrera, au lieu d'une permission, le fameux quamprimum de 1856; qu'on l'explique comme on voudra, on n'arrivera pas à lui ôter sa terrible énergie: le plus toi possible. Soit! nous dira-t-on; mais la chose n'est pas possible encore. — Noua sommes donc dans des conditions bien plus malheureuses que tant de diocèses qui ont adopté le romain depuis 1856! Est-ce à notre pauvreté que cela tient? ou à notre méchanceté? nous avons déjà répondu à tout cela. Nos populations, dont on se plHÎl à reconnaître l'assiduité aux offices paroissiaux, valent bien celles de pays beaucoup moins zélés pour la religion, et où le romain n'a point soulevé d'émeutes. Quant à notre clergé, on le dit infiniment respectable, serait-ce donc par l'esprit de schisme et de révolte contre le Saint-Siège qu'il se rendrait recommandable? — Mais ce sont les tristes circonstances du temps présent qui font obstacle à la réforme liturgique. — Qu'est-ce que cette reforme a de commun avec ces malheureux événements? Est-ce que près de vingt évéques, qui ont adopté la liturgie romaine ces quatre dernières années, ont été arrêtés par ces considérations? Au contraire, ils ont trouvé dans ces circonstances elles-mêmes un motif de plus de se hâter, pour consoler un peu, par cet acte de zèle et de soumission, le cœur d'un père extraordinairement affligé; ils n'ont pas cru, tant s'en faut, qu'en agissant de la sorte ils causeraient un grand préjudice au Saint-Siège; ils étaient persuadés au contraire, et avec raison, que nonseulement ils lui feraient plaisir et honneur, mais qu'en lui rattachant leurs peuples par un lien plus étroit de communion, ils lui rendraient à lui, en même temps qu'à eux, un éminent service.
11 est très-louable sans doute de travailler de son mieux à la défense des droits royaux du Saint-Siège, et le Souverain Pontife a raison de se montrer sensible à de pareils
~ 88 ~ efTorts, en écrivant même de sa main doa leilre^ aff^tuoii6es ; mai^ la beoiilé do celle œuvre n*dle évidemintMil rien au mérite des outres ; et si Ton ne eraint fias de s\*xpo&cr h quelque danger inconnu peur soulenir (^elli^là, n^*sl-il pas bien naturel de 6'oceu|)er un peu di^ telles» ci, qui ne sont ni moins ubligatuires ni exlrâmfmepl pé^ ri lieuses?
Qu'un neus permette encore une rafleKÎop à ce propos. Nous vou<lpions savoir lequel des deux e$t le plus dévaué, de celui qui cnlcivi tout sauver, la maison el les tré^nni qu'elle reurcrmo, ou de celui qui s'olTre, il est vrai, |K>ur dérendre la maison, mais se réserve en même lem|tf d'en piller les trésors. Nous regardons, nous, le temporel du Sainte Père comme le lolt qui garantil sa véritiililf richesse, o'est-à-dire sa souveraineté spirituelle, libre tl indépendante; et nous disons en conséquence que, 6*il y avait à opier entre quelqu'un qui voudrait garantir la royauté du Pape mais vo)er sa papaulé, et quelqu'un qui prétendrait sauvegarder eell&-ci même aux dépens de eelle-^IÀ, nous préférerions le dernier. MaHieuteiisement l'aiïaire ne peut pas s^arranger de la sorte; celte second^ idée est un rêve et une utopie, car il faut employer Iç moyen pour atteindre la fin ; mais que ponaer de eeluî qui v^mdrait s'arrêter au moyen cqmme à la fin eHe^même? Un tel homme, sMI existait, serait pour noua un mystère.
Pour en revenir aui^ im|)OssilHlités que l'oi^ e{>pofioà l'adoption aoluelle du romain dans notre dîeeèse« y a-tril donc quelque impossibilité pour les pj*ètreâ de se procurer un bré\iaire et un missel romfiinsS Non. El s'ib se arr^ valent de ces livres, après l(*a avoir aebeléa , feraleatt ils véritablement un grand mal à leur paroisse, el surtout à leur âme? Non encore; ils sont donc inexeuaablM, s'ils restent au bisontin, et ceki d'^appos les prineipeamône que Ton émet, quand on allègue pour tout motif de ne pas prendre le romaia, rhnposaibîlîlè.
Du ri^tP, cVst en vain qiwt Ton chorchc à sVlnyer, pour denirurcr diins le aiaia quo, de TcxcMiip-e do c*or^ taincs rglisv^ qui hé»tii*iil rmoir h rciilriT dans U banne voie, qut'lt|iii* promisse qiri*ll4*s aiiMU faite de Teinbrasser au plus lot. Il nous 6enii)le que i exemple de soixante diocèses qui ont exécuté à tout prix les onln*s de Rome, vaut bien celui de quelques éjidises retardataires; et nous ne voyons pas, en iKinne. logique et en bonne morale, pourquoi^ si l'cm veut imiter queliprun* on choisirait le moins éilifiant. On met surloul Paris en avant; eh bien! qii on Tasse au moins comme à Paris; il y a huit ans que Ton suit le romain dans le séminaire de Saint*Sulpiee; il y a huit ans bientôt qt^'on le chante dans l'église de Soinl-'ËUKène; il n*y a aucune sacristie de la capitale qui refuse le missel romain à eeu\ qui le dtMnandent. Ainsi Fofi |MMit loucher au doi;;l la différence énorme qui existe entre Paris: et Besimçon. Au moins à Paris la réforme liturgique s*o|)ére peu à peu par le fait du 'jeune clergé, car nous ne s4q)|K>s<ms p«is que les eeciésiasliques* formés à Saint-Sulpice, mettent le romain de côté, quand ils entrent dans ii^s paroisses comme vic<iires ou à d'autres titres* On conçoit par eonsi'quent qihn la lutte n>xiste pas à Paris. Il est possible aussi que l'ancien clergé de la capitale ne ti<*nne pas beaucoup à cban$i;er ses usagers; mais h\ cela est, ce serait encore une dilTérence à noter entre Paris et Bessinçon; car à Bes^mçon il eu va tout autrcHient. Beaucoup de prêtres ont pris Tinitiative du roniciin dans leurs paroisses de ville ou de campagne; on b*s y compte par centaines, et chaque jour voit leur nombre augmenter et leur courage grandir. Ëstnl étonnant que ces prêtres réclament la libcTlé de leur conscience? Chl^il même étonnant qu*ils réclament celle des autre$^ quand ils savent que iM*aucoup de leurs confrères désireraient ardemment pouvoir les imiter?
On a dit assez longtemps qu'il n'y avait que les
mauvais prêtres qui prenaient le Bréviaire romain : maintenant on est bien forcé de convenir que leur exemple a entraîné certains bons ecclésiastiques. Ceux-ci auraienlr ils donc été dupés, comme on le prétend, par des gens qui ne méritent nullement leur confiance, et à qui ceux-là même qui font semblant de les croire ne voudraient se confier pour la moindre affaire? mais ceux qu'on accuse de les duper, et d'exploitm' leur amour pour le Saiut- Siége, sont, il faut Tavouer, de singuliers escrocs; au lieu de sinsinuer dans Tombre pour tromper, ils oc craignent pas de paraître au grand jour; ils parlent en face de tout le monde; ce qu'ils disent est imprimé et pcul être connu de chacun. Ils n*ont d'ailleurs aucun moyeu d'influencer leurs dupes que leur parole publique; ils ne disposent ni de titres, ni de postes, ni de pensions; au contraire, tout ce qu'ils peuvent oITrir de plus vraisemblable, en compensation des sacrifices qu'ils demandent, ce sont quelques bonnes persécutions, laal petites que grandes. En un mot, ils exercent leur mission à Tapostolique, au milieu des huées de la populace, des rires de l'Aréopage et sous les fouets des proconsuls (1). Ils réussissent pourtant; on les écoute, on les croit, et même on les suit. S'il y a un secret et un mystère en ces conquêtes, c'est sans doute le secret cl le mystère de la grâce. Oui, l'on a raison d'attribuer la conduite des nouveaux convertis à la délicatesse de leur conscience et à leur attachement réel au Saint-Sié^e; mais, si telle est la vraie cause de leur conversion, qui donc oserait s*en plaindre?
Il y a bien pour nous un autre secret et un autre mystère, le mystère de ceux qui se laissent encore du|ier et séduire par toutes sortes d'affirmations fausses et souvent contradictoires. Car tandis que l'un débite d'un côté
(i) C'est des Ap6tres dont on veut parler dans cette phrase.
que nous allons enfin arriver au romain, un autre écrit de l'autre que l'on ne s* en occupe pas plus à Besançon qu*à Paris; celui-ci rappelle que Monseigneur, inlerprctant la permission qu*il venait d'obtenir du Pape en 1 854, la réduisait à deux ans; celui-là soutient que cette permission avait une durée illimitée; il ajoute même, pour mieux accréditer la chose, qu'on est trop prudent à Rome pour fixer une époque dam des choses de ce genre. Auquel croire de tous ces jaseurs qui se disent renseignés à la môme source? Ce qu'il y a de plus clair en tout ceci, c'est que la source n'est pas claire. Mais, par exemple, s*il est vrai d'une part que Rome ait maintenant toute la prudence qu'on lui attribue, et que Fon puisse de l'autre s'en prévaloir pour ne rien faire, on voit bien qu'il n'y a plus de raison d'en finir, et que nous devrons garder un statu quo sempiternel. Est-ce donc là qu'on veut en venir par de tels moyens? Malheureusement le quamprimùm et les trois ou six mois marqués dans les Bulles de saint Pie V, ne sont pas une lettre morte. D'un autre côté, si l'on veut aboutir à l'état d'inertie par tant de marches et de contremarches savamment combinées qui se détruisent l'une l'autre, n'est-ce pas un vrai mystère que la crédulité de ceux qui en sont encore dupes? et s'il y a des pailles qui empêchent de voir pfir&itement clair, n'y a-l-il pas aussi des poutres qui inU?rceplent entièrement la vue, qui aveuglent, pour ne pas dire avec quelqu'un qu'elles écrasent ?
Voilà ce que nous avons à répondre à toutes ces misérables arguties que l'on emploie encore de nos jours pour amuser les simples. Ici peut-être Cieéron lassé s'écrierait: Jusqu'à quand, enfin, abuserez-vous de notre patience? quousque tandem? Pour nous, au contraire, laissant a d'autres le triste bénéfice de l'injure et des gros mots, et nous rappelant que nous avons été élevé dans les saintes maximes de l'Evangile, nous nous consolons dans la
penser que le disciple n'esl {las 'aiiTriessm do mailre, ei que s'ils Tant [H*r84'*ctih% lui, ils peuveai bieo 110111& |ht* séciiler, nous, qui travaillons pour su Kinirc cl pour ie triomphe de son Eglise. Heureux, nous dit le tout iiimable Sauveur, eeuK qui sauiTreai persécution pour la jusliee, parée que le royaume des eieux leur appartient. Vous éles (s(;rez) heureux quand ils vous maudirout, qu'ils vous persécuteront et qu'ils d4'*biteront toulc sorte de ailoniuies sur V4»iro eompte à cause de moi. Ré(oulss6z**vous ahira, et iresstiillcz d'allégresse, parce que votre récompense est abondante au ciel. Ainsi uut été traités les prophètes vos devaneiers.
Nous tâchons donc, selon Tavis de TAiiàlre, de nous montrer en toules choses comme les ministn*sde Uîeti, par rétendue de notre patience, dans les tribulations, les l)(*soins, les angoisses, sous les coups» au milieu des chaînes, parmi U's émeutes, dans les travaux, les veilles cl U*s jeûnes, en pratiquant la chasteté, la stîenee, la longanimité, la douceur, en union avec le Ssiinl-^E^|»rit el pMns d'une charité sincère, annonçtint la paride de vérité et rc\ètus de la force d'en haut, frap|iaut a droi'e et i gaucho avec les armes de la îustire, honnis ou honorés, couverts de boue ou entourés d*estitnc, traités connue des séduvtetirs quoique distuit vmi, comme des inetuuius quoique assez connus, comme albini momrir et pourlaut pleins de vie, ctuiime des hmunM*s que Ton punit mais qui ne sont pas morts, comme en proie à la tristesse mais toujours en joie, oomine étant ihins le besoin t04it en enrichissant k« auti*es, enfin comme n'ayaat rien el pos* sédant toutes choses.
Il ne sera pas diCfleile à ceux qui le voudront de coudre à oe texte d*assez loiigs commentiires qui potu^ ront a\oir ici une juste apjdirotioii. tsmus avons é^ dtl quelque oliose de la manière iloiil on mtui défieial daaa an cerlaîn monde; le titre de 8éd;MCleurs n'y manqua
pM , sans pBrW in émeutes et des «bAÎrmeiite* éoQuioii» ê^ifidre d*autrtfs beaut oompliuienis h nuire adrcfiie. Nous ne Mgnali>runs pas do noiive^iu l'ancien ami qui, non eoiUeni de ncius dernier toule Itltmiture, ee qui ncHis taiii*hait |ieu, lôiiie science, ce qui nous trouvaiit a^aez sensible, éioit remonté jusqu'à notre (lersnnne morale pour nous déclarer mauvais prèlre. Il ne ptirait pa^ qu'il soit blon revenu, depuis, de cette bonne opinion quMI a de notre mérite, car aujourd'hui encore, il semble remporter en eonraj^e sur le chanoine, dont il est parlé à kl lia du cinquième ehant du Lutrin, pour se iY>ettre à couvert de notre bénédiction. Eu voici un autre qui a défouverl tout bonnement sur notre visage des traits d'hérétique ou d*apo!»lat. C'est un fameux physiono* miste, coiut<>là. Un de nos anciens élèves nous donne aus^ sans façon le coup de pied de Tâne; il est si savaut, le beau sire! el surtout si bien placé! Kous en connaissons un autre e^n devient furieut rien qu*à enteniire prononcer n4>ire nom: ne serait-ee |kis le symptôme earacléftstique de rénergumène , autre qualité que Ton nmis avait générmsement attribuée?
Ou nous écrivait ce|iendant lorsque nous allions qulMer le séminaire et la chiure de Théologie, « que lotis les élèves sans exception étaient sincèremont affligés de la noiivelle de notre départ, que tous nous étaient attachés par les liens tes (dus étroits, et nous étaient dévoués h la vie et à 1^ mort. Aucun professeur, ajoiilait-on, n'a réussi comme vous à s^assurer Tesltme et raffection de se» élèves ; déjà en a |)arié de s'eniendre pour vous réclamer hautement à Tautoi-ilé, car on veut à tont prix vous retenir. » Fie9«vous à présent aux protestations ; et cependant celle que nou5% signakma portait des. caractères Mdmts de sincérité. Nous pourrions rapporter bien é'autr^ témoignages venus de idiis baiit et. firopi^es à montrer que nous jouiissions alors comme plue tard d'une
certaine estimé; mais nous ne voulons citer que celui-là, parce que nous tenons à profiler de l'occasion pour remercier nos anciens élèves du respect qu'ils ont toujours proressé pour nous, de Tatlenlion délicate avec laquelle ils accueillaient autrefois nos moindres désirs, et de l'affection sincère qu'ils nous ont manifestée à Tépoquc de notre séparation surtout. Pour ce qui nous regarde nous-méme, nous ne croyons pas nous être jamais conduit vis-à-vis d'aucun de nos subordonnes, de manière à mériter soit sa haine, soit son mépris; nous n'eKceptons pas même ceux dont nous venons de mentionner les excès.
On nous accusera de folie pour avoir raconté ces choses, mais ne pouvons-nous pas dire à notre tour que ceux-là nous y ont forcé qui, par suite de leur mauvais caractère ou de leurs mauvais principes, en sont venus à ce point de nous faire, sans honte el sans vergogne, une guerre aussi acharnée qu'elle est inexplicable?
Cependant il y a moins à redouter en un sens de la pari d'ennemis déclarés que du côté des êtres railleurs qui ne cherchent partout, même dans les choses les plus sérieuses, que le petit mot pour rire.
Ecoulez celui-ci qui, répondant à l'annonce de notre dernière brochure, s'écriait d'un ton goguenard : Bientôt il faudra se munir d'un parapluie pour se mettre à couvert de leur atteinte. Ce galant homme ignorait sans doute que, s'il y a une pluie qui fait de la boue, il y en a aussi une qui est très-nécessaire pour féconder la terre et pour y faire croître la moisson, surtout dans des terrains aussi arides que les nôtres ; il fitut que la pluie y tombe souvent, pour que les plantes, flétries ou brûlées par un soleil ardent, relèvent tant soit peu leur télé inclinée.
Il y a aussi certain membre haut placé du clergé de Besançon pour qui tout ce qui ne mord pas est plat^ et indigne d'être lu. Parlez-lui , à la bonne heure» de la
Profession de foi liturgique de M. le chanoine Thiébaud, c*esl piquant el amusant. Nous ne disons pas le contraire; mais ne faut-il donc sur une table bien servie que des mets fortement épicés? il nous semble qu'un estomac est bien malade, quand il ne digère plus la nourriture ordinaire.
Nous sommes sî bon homme que nous passerions volontiers à nos aimables zoîles, les jeux d'esprit qu1ls font à nos dépens, s'ils avaient le courage de les signer. Nous ne voudrions, certes, pas les priver de l'avantage de faire briller leur esprit, car nous savons que l'esprit est leur fort, même à défaut de science et surtout de conscience. Pourquoi donc se contenlenl-ils d'en faire un usage si secret dans des conversations, ou tout au plus des lettres particulières? Pourquoi surtout cherchent-ils à cacher leur malice, en démentant au besoin les belles choses qu'on leur attribue? Puis, quand on les voit plaider, sans conviction, et même contre toute conviction, une cause qui a*est pas la leur, par calcul, ambition, respect ou intérêt humain, quelle idée peut-on se faire de leur honorabilité? S'ils ont de l'esprit, du moins ils manquent de cœur. Ils ont de l'esprit, mais de l'esprit écolier, dont ils abusent trop souvent au préjudice du droit, de la justice, de la vérité, jusqu'à rire, tristes histrions, sur un tombeau où Ton prétend enterrer la voix du juste opprimé. Derideiur justi simplicitas, dit le saint patriarche Job, mais il ajoute : Celui qui est ridiculisé par son ami, comme moi, invoquera le Seigneur, el il en sera exaucé. N'a-t-on pas ri aussi du Juste par excellence? qu*en disaient les impies? <x Dressons-lui des embûches, parce qu'il ne nous est bon à rien ; il s'oppose à notre manière de vivre, nous reproche nos transgressions, et publie contre nous les écarts de notre conduite. Sa vue elle-même nous pèse , car il vit autrement que les autres, et suit des voies toutes différentes. Voyons donc s'il dit vrai... Faisons-le passer
pbr Yéy/HfUve du m^prb H Ae% tooltneiilg^ «te. Lenr RfiHM kf» a ttveiifiii''»» ajoulÊi le Sage; ils n'ont piis ommii lis se^rèl» de INeu, ni âlteûdo la récompensa d^ jusliee, si ni apprécier Ihonheur des ànics saintes» »
Ponr en revenir à fios spiriluel:^ adversaires^ oo ymI qu'il en est parmi eux qui veulent absolument être piqiiést aulremeiit ils vousdédaigileni; qu'ils no s'îrrik'nt donc pas contre nôUSf s'H nous arrive par hiisard de hê blt^sscr^ Nous ne te dirons qu*e:i vue de leur faire plaisir, inoOenSifs que nmis sommes par botre propre nature.
Au reslef nous prévenons ici nos lecteurs que Uimé n'attrilnieroni^ plus désormais à personne A*iUuèlratimê qui le cha^rine^ ûl, fiùnr ce qui regarde les aulrc» bottntf qiialilés que nous amrions reconnues à quek|u*UR^ à lort ou malgré lui, rtotis les désavouerons hiiuteinent, dès qnlir nous adressera sa plainte rerite ou imprimée*
Si mim voulions, duus aussi» Tair^ parade de beUe liHi» ralure, ineaiiablè que nous sommets d'y atteindre par iKHisHfnémr, noUs savons à quct saint on se rerommande d'ordinaire pnnni tious« pour obieiiir cet avasitap^tf de pa- Miitrr aux. yeux du publie comme le geai paré de^ ptumes du paM; maist^ outre que les doctrines que imnis prolnH sens nous cm))ôtflTpraieni d'avoir audience^ \ï nous arwihiB que les Immmes vraiment sérieux, dans les affaires sé*^ rieuses qu'ils ont à traiter, se liassent volvstiers de stylet avadSémique. Du reste» à chacun: stfa kit;, peurcpitii wtf auruit^il.|yas des auteurs cliez qui oii verrait briller la luraie pIfiM que le fond ? il existe encore, eemmt on sait, des adorateers^ de ki fefme p(nenne.
Qtie d'à vires rontimsevt donc 9 fsire des diseoiirs pour le rharme de l'oreille» et qir'ilS' se voient psrU's au pteaclr de kl renommée; qu'ils eomposent même dos ro*' urane liistoriques ou Tesprit jotie aux dépend de la mérité quclque&HS, neuis n'ambitionnoais |ias Wur gletre^ Il s'ea &Attt, au rester 4ue les tâai|>a oili mau» vivons soieut éè
naliire à rit^yer ot à sitrexciler noire imnginalîoii par des fi^iirest ritinU-s el ainiué<*9; notre cœur lui'-citrmc csl uq peu refrohii nn souffle nu au couUicl ghiei»! ite rtitimw* plière qui nom enlaure. Uun «ulre «^èUS tes rcelMTcltcs d eruUilion ne sont pas des acU*s jtcadéiiiiqtie!^; k bul grave que nous uuus proposons nous engage donc à employer le hrngiige des gens d'aïïaires, quelque pUU qu*il pnisi^e être, bien |M*r»tt:tdé que nous ne jouons |ias unt comi^die, ci qu*il ne eonviendrail pns de grogsir |Nir un charlaUinisme troui|)(*or le nic^riie réel des reittèdes que nous OfYpdSoiis a l'éiiidinme qui nous dévore.
Veut-on savoir à qui muis ressemblons? Ecoulons ce qiiic Ton a mis dans la bouche mi plutôt sous la plumer de saînl Protaile« arehcsriifue de la minie Fglise de Cknfso*^ f^tis, dans le prologue de son Rituel ou Cérémonial si n*novunié |tarmi rvous. 1>uts ci! pn»logue adressé au doyen £>îentif«4 qui Tavail prié d'écrire sur ic^ rits bbcmtins, le Siiint lui dit, qu'il ne se détermine à le faire pcir aueuu mu Aif téméraire de vaine loqu^H^iflé, venUfsœ loqiia* ^iiaii», mais prnir répondre à la [lieuse n^quéte. Il a lioiité d abord, balancé entre i*annHir et la cniiule, l'aniotir |mur son doyen, et la cTaiiite de se tronnpiT et de r;»IUr à la làelie...; enfin il a cru di^voir rédrger cette liistitutl(m abritée, {xHir contenter ies désirs de %o\\ cbcr fils ci fiière. Je t'ai écrite, ajoute^lHi^ de manière à ce qwis les ptu!i( h^ibiles soelient cequ ils ont à faire rien qu'à voir tanamjtment (1) des mats, et que k's fittis simfiles eux-mêmes, selon le désir de leur médiocrité, y uoimt elair (3) de lem|is en tcnnps. Que la grossièreté du st)le ne remue donc la bile à personncr el qxvà l'impevfeelion
(t) Dufiod a imprimé non po&ifionani; nous avons tcaduîi c^mr
(2) Le texte porte provfdeant ideutidem; ne. serait-ce pas pervideuutf Au rte&te, Tua vaut l^aulris, o^rprovidmnt vouJraià dire se décidtnt aayinnent.
de la phrase (1) ne déplaise pas à Tauditeur, parce que (2), dans les écrils du genre de celui-ci, on ne cherche pas un lanjsage plein de grâces, luculenti leporis oraiio, mais on doil préférer Tarrangemenl qui convient aux esprits des auditeurs.
Nous ne garantissons pasTauthenticité, ou, si Ton veut, la provenance de celle pièce; qu'elle soit de saint Protade, ou non, et que le Cérémonial auquel elle sert de préface ait dû élre lu en chapitre à des auditeurs, plutôt que parcouru à part par des lecteurs, cela ne fait rien à notre affaire; nous voulons dire simplement qua Texemple de Tancien que nous venons de citer, nous continuons à parler comme nous pouvons, espérant que noire peu d^habileté littéraire sera abondamment compensée par le mérite des idées. Saint Paul aurait AMiElsi invperitus sermone, sed non scientiâ; mais ne nous trouverail-on pas sottement prétentieux, si nous osions nous comparer à saint Paul?
Il faut bien cependant que nous fassions part à nos amis d'une leçon de l'Apôlre, qu'un Prélat illustre a recommandée à noire allention, dans les circonstances fâcheuses où nous nous sommes trouvé placé vis-à-vis de notre supérieur hiérarchique. On ne s'est pas fait faule de nous représenler comme un pamphlétaire indigne, et tout le monde n'est pas encore revenu de cette idée que nous avons manqué de respect pour notre Cardinal. Peut-èlre que la cilalion que nous allons transcrire nous lavera un peu du crime qu'on nous impute.
11 s'agit du démêlé qui eut lieu à Anlioche entre saint Pierre et saint Paul au sujet des observances légales. On
(1) Noas avons été embarrassé pour deviner ici le sens de rauleur qui dit simplemenl incepta séries; cela indique quelque chose d'inachevé dans la phrase ou dans le conlexte» peut-être le défaut d'art ou de transposition des mots.
(2) Nous avons lu quia et non quœ. Nous étions tenté aussi d'écrire auteur pour auditeur.
peul bien considérer nos usages liturgiques bisontins sur le pied des anciennes observances légales; car ils sont devenus, tout comme elles, au moins morts, sinon mortels, c'est-à-dire défendus* Voici donc comment saint Paul lui-même nous a raconté celle histoire dans son épîlre aux Galales, ch. 2, v. H-14 : « Pierre, dît-il, étant venu à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de certains (Juifs venus de Jérusalem) de la part de saint Jacques, il mangeait avec les Gentils, mais après leur arrivée, il s'éloignait et se tenait à part, de peur des circoncis. Et les autres Juifs consentirent à sa feinle, au point que Barnabe lui-même y était entraîné par eux. Ayant donc vu qu'ils ne marchaient pas droit à la vérité de TEvangile, je dis à Pierre devant tout le monde : Si vous, quoique Juif, vivez à la manière des Gentils et non a celle des Juifs, comment contraignez-vous les Gentils à judaïser? » Voilà le texte; écoutons maintenant les explications.
Il y eut, dit Picquigny, une dispute vive entre saint Jérôme et saint Augustin à propos de cette affaire. Ils discutèrent d'abord la question de savoir quand les observances légales cessèrent d'obliger. Saint Jérôme prétendait qu'elles étaient devenues mortes et mortelles de|)uis .la passion de Noire-Seigneur. Saint Augustin, au contraire, tout en les regardant comme mortes depuis cette époque, soutenait qu'elles n'élaient devenues mortelles que plus tard, après la promulgation de la loi de grâce. Etc'estcesenliment qui est le plus vraisemblible. L'ancienne loi cessa d'obliger à la Peniecôte, il est vrai: mais cependant il fut encore permis de l'observer, jusqu'à ce qu*on en eût détaché les Juifs peu à peu et doucement. On usa de cette tolérance pour montrer que les observances légales n'étaient pas mauvaises de leur nature comme l'idôlatrie, et pour enterrer, dit saint Augustin, la synagogue avec honneur.
Nos dëUt s^StWs docietirs ëxàinihèrent ctisIliM si liés Apôlres avaient continué d 'observer les (Jérértiortîeslé^és. Sîiînl Jérôme, les regardant comme dérendues, prétendait que non; les Apôtres, selon lui, n'avaient liiitque sl^mblaht de les suivre, aHn de ne pa^ Scandaliser les iùifs. Saint Augustin, au contraire, disé^it qu'ils les avaient réellement observées, mais sanè placer en elleà leur espérance, parce qu'ils connaiss^iieili leur inefncaeité pour le salut.
Quant au fait dé saint Pierre, saint Jérôme niait quMl y eût éù péché de sa part, parce que sa feinte provenait d'un principe de charité et non de respect humain. Saint Augustin affirmait, au contraire, qu'il avait péché véniellement par indiscrétion, en scandalisant les Gentils qu'il avait portés à judaïser, et à regarder le^ ((observances légales conmte nécessaireè au salut.
Enfin, pour ce qui r^arde la réprimande faite par l'Apôtre à saint Pierre, saint Jérôme la rei^ardait comme simulée et concertée; mais Saint Augustin, d'accord • avec lui-même, prétendait qu'elle avait été réelle; et son idée là dessus se rapproche d'avantage du récit de l'Apôtre, qui déclare que saint Pierre ne marchait pas droit et qu'il était répréhensible.
Cette interprétation, dit Picquigny, est plus probable, et nous l'avons suivie dans notre Commentaire. Il rer. arque néanmoins, en finissant, que isaint Chrysostôme avr^'t eu les mêmes idées que saint Jérôme, et que ces deui saints ont été suivis par Théophilacte et Baronius.
Mais Estius fait sagement observer que saint Jérôme n'est pas toujours demeuré dans l'opinion que nous venons de lui voir, et qu'il l'a rétractée indifectement plus tard, lorsqu'il a dit : « Si l'Ai^ôtre lui-même affirme que Pierre n'a pas marché droit dans la vérité de l'Evangile, et qu'il a été répréhensible an point d'entraîner ftirnabé lui-même dans sa dissimulation» qui osérft ^'indigner
qu'on lui rëfUse cei^ui a manqué an Piinee des Apôtres^ TexempUtHi An toute fâute. »
Nous croyons donc, comme Piequigny, que saint Pierre a pédic, et qUé saint Paul lui a fait une juste réprimandow n est vrai, dit ce commentateur, que oe n*est pas le respect humain qui a entraîné le Prince des Apôtres ; sa penr des Juifs n'éfôit qu'une peur de charité; il craignait de les scandaliser ; mais, comme dit saint Thomas, cela n'était pas dans Tordre, car il ne faut jamais abandonner lo Térité par crainte do scandale. Saint Pierre erra donc, non |ms dans la foi, mais dans la conduite, en simulant le juduïsine d'une manière imprudente et .au scandale des Gentils, qui pouvaient inférer de là, et avec (une sorte de) raison, l'obligation, même pour eux, de pratiquer les observances légales. Ce fut une crainte vaine de déplaire aux Juifs qui lui fit commettre cette indiscrétion scandaleuse pour les Gentils.
Si saint Pierre a erré, ajoute Picquigny, si le Prince et le pasteur de l'Église a été vraiment répréhensible , quel est celui des fidèles qui sera sans reproche? qui ne craintlm et ne se défiera de lui-même? Le même commentateur énonce [dus bas une autre réflexion relative à l'effet produit par la conduite de saint Pierre sur les autres Juife . et jusque sur saint Barnabe. « Quelle n'est pas, s'écriet-il, la force de l'exemple! Rien n'est plus contagieux t}ue le nfiauvais exemple d'un supérieur. Plus sa dignité est ëminenle, plus le scandale qu'il donne est dangereux; iju'il prenne donc garde à lui, et qu'il s'observe dans tous ses actes et dans toutes ses paroles, celui qui commande aux autres. »
On accusera sans doute Picquigny d'irrévérence; que sera-ce, quand on l'entendra faire la morale suivante, celle précisément que Ton recommandait à notre attention , comme applicable à notre affaire? Traduisons donc :
« Ce qui précède, dit saint Thomas, fournit un exemple
aux prélats, d*humilité, afin qu'ils ne dédaignent pas d'èlre redressés par leurs inférieurs, et à e^ux-ci, de zèle ei de liberté pour ne pas craindre de reprendre leurs su|iérieurs, surtout si la faute est publique, et tourne à |)éril pour la multitude. » Piqui^ny continue : « Ce double exemple, d'humilité dans saint Piere, de liberté évangé* lique et de zèle apostolique dans saint Paul, est approuvé, saint, édifiant. Mais le premier parait à saint Augustin plus rare, plus saint et plus difficile que Tautre. L'exemple, dit-il, donné par saint Pierre aux su|iérieurs de ne pas dédaigner la réprimande de leurs inférieurs, est plus rare et plus saint que celui donné par saint Paul aux inférieurs, pour qu'ils aient la confiance et le counige de résister à leurs supérieurs en vue de défendre la vérilc sans blesser la charité. La correction que saint Paul s'est permise envers saint Pierre, dit-il encore, le pasleur l'a accueillie avec bienveillance pour le salut de son troupeau, plus admirable en cela que son mentor et plus difficile à imiter. Picquigny donne la raison de cette appréciation ; il lui semble plus rare et plus difficile de rencontrer un supérieur qui ne dédaigne pas les remontrances de son inférieur qu'un inférieur qui ose redresser son chef. Cet exemple d'humilité, cependant, Pierre, le pasteur des pasteurs, l'a donné à toute l'Eglise; repris, non-seulement il ne s'est pas fâché tout rouge contre son moniteur, mais, comme dit Théophihute, il a reçu la correction avec égalité d'âme; ce qui prouve qu'il Va bien accueillie, c'est qu'il n'a rien répliqué ; par son silence, dit Théodoret, il l'a confirmée; il s'est tu, remarque saint Grégoire, afin d'être le premier en humilité, lui qui était le premier en dignité apostoli(|ue.
Proclamons donc, conclutPicquigny, proclamons Pierre heureux, lui qui, dans sa chute, a trouvé Paul plein de zèle pour le relever avec une liberté toute chrétienne; mais non moins heureux Paul qui, eu reprenant son su-
pcrioiir, a trouvé Pierre plein d'humilité pour recevoir sa eorreelion avec égalité d'âme el reconnaissance; enfin heureuse l'Ë^^lise elle-rnéme qui, par la liberté apostolique de saint Paul et l'humilité admirable de saint Pierre son pasteur, a conservé la paix et la vérité évangélique, et qui a trouvé dans ces deux apôlres des modèles tant de Thumilité que les supérieurs doivent pratiquer que de la liberté que les inférieurs doivent prendre. »
Nous nous arrêterions là volontiers, si nous n'avions en<^ore une observation précieuse à ajouter à ce qui précède : nous l'empruntons à Eslius. Il se demande pourquoi saint Paul a repris saint Pierre devant tout le monde. H y a été contraint, dit saint Augustin, par la nécessité, afin de guérir tout le monde par sa réprimande, car il n'était pas utile de corriger en secret une erreur qui nuisait publiquement. Ainsi, ajoute Estius, saint Paul n'a pas péché contre l'ordre de la correction fraternelle en "reprenant Pierre «n public, s»nns avertissement préalable donné en secret, parce que le salut de tous réclamait cette publicité.
Que l'on juge maintenant de notre propre conduite. Nous ferons valoir encore tout à Theore des témoignages qui prouvent que nous n'avons blessé en rien les droits de rOrdinairc; mais auparavant, puisque nous sommes tombé sur un fait relatif aux cérémonies juives, et que nous avons laissé sou|)Çonner certain rapport de ressemblance entre les rits bisontins et les observances légales, on nous permettra de développer notre pensée et de faire connaître à ce propos un fameux procès dont le noire pourrait être considéré comme la pâle représentation.
Personne n'ignore que les Juifs, même coilyerlis au christianisme, tenaient beaucoup à leurs vieilles observances. On vient d'en voir an exemple dans la conduite de saint Pierre à Antioche après l'arrivée dans cette ville de quelques Juifs de Jérusalem. Les vieux tenants du
84 — judaïsme auraient d*abord voulu obliger même les païens convertis à suivre leurs usages, mais saint Paul plaida fortement en faveur de la liberté des Cientite, et le concile tenu à Jérusalem décida la question dans son sens; on y déclara, sauf réserve de quatre articles, les Gentils exempts de toute observance légale. Il restait une autre question à vider sous ce rapport; celle qui regar<* dait les Juifs eux-mêmes. Etaient-ils encore obligés de pratiquer ces observances? Non, elles étaient mortes depuis la promulgation de la loi de grâce; aussi voit-on non-seulement saint Paul les mettre de côté, mais saint Pierre lui-même vivre d'abord à Anlioche à la manière des Gentils. Pouvait-un cependant encore les observer sans péché? Oui, au moins pendunl quelque temps; ainsi faisait-on à Jérusalem sous les yeux de saint Jacques, et saint Paul lui-même, y étant allé, consentit à suivre le conseil que lui donna cet Apôtre de faire la même chose. Mais, comme il prêchait aux Juifs dispersés parmi les Gentils l'inutilité tout au mains de ces vieilles obser* vances, il devint odieux à ceux de sa nation; ce fui même ce qui suscita contre lui la persécution qui le fit tomber entre les mains des Romains. On trouve le récit de cette affaire depuis le ch. Si des Actes des apôtres jusqu'à la un.
Nous ne voulons pas raconter cette histoire en détail, mais nousen signalerons quelques traits curieux. I^orsque TApôtre était encore à Césarée de Philippe, se rendant à Jérusalem, un prophète vint Tavertir que, s'il y allait, les Juifs le saisiraient et le livreraient aux Gt*ntils. Ses amis le prièrent alors avec larmes de ne pas faire ce voyage, mais il répondit : Ce n*est pas seulement à èlre lié mais à mourir que je suis prêt, pour le nom du Seigneur Jésus. Il fallut bien se résigner à le laisser f«iire, en disant : Que la volonté du Seigneur s'accomplisse.
Lorsque nous étions, nous aussi, sur le pwat de pii^
hiier nos t!tu4e^, un piophèl« vQqlut iious ^rréler en nous annonçant (les malheurs, çt des amis nous oonjurèrenl de o^ pas i^ous y exposer; ^nais nous étions prêt ooinineTAp^re, et.lelleéMit aussi la yolorUé du Soigneur. Saint Paul çlant à Jérusalern , des Juifs l'aperçurent dans le temple, et ils se jetèrent sqr lui qu criant : Au secoure» enfanls d'Israël; voiQj l'homme qui parle partout cpiUre la loi, elç. Qn allai( U; faire mourir, lorsqu'un tribun romain, survenant avec ses soldais^ l'arracha d'entre les mains do ses fourreaux. Mort à cel homme! s'écriait la multitude. l^'Apôlre essaya de la haranguer avec la permission du tribun : Je suis Juif, leur dil-il; j'ai été Qommç vpus zélateur de la loi; mais, un beau jour, sur le chemin de Damas, Dieu a fait un miracle pour m'éclairer; j'ai été converti, et j'ai voulu convertir mes frères, mais le Seigneur m'a envoyé évangélist'* les Qentils. Mort à cet homnie! reprit la multitude. Ah.o le tribun ie fil entrer au camp, et il ordonna de la flageller et de le mettre à la torture pour savoir la raison des cris lancés CQntre lui. il était déjà garrotte, lorsqu'il dit au Cjenturjon : Ësl-CQ qu'il vqus et^t permis de ilageljer un Romain, çt, qui plus est, non condamné encore? Là-dessus le ceotnriQn çQtnt au tribun lui dire : Qu'alle^-vgus faire? cet homme est citoyen romain. Le tribun s'apl^roçhe et dit à l'Apôtre : Ebl-il vrai que vous soyez romain? — ^ Oui. -r— Ce titre m'a coûté bien cher. — Ma Dâissanpe me l'a donné, à moi. Aussitôt on renonça à maltraiter l'Apôtre; le tribqn eut même peur, quand il sut ((u'il était citoyen romain, parce qu'il avait fait ja sottise de le lier. Le lendemain, le tribun conduisit son prisonnier au conseil des Juifs pour informer suf son compte. Mais à peine TApôtre eut-il dit à l'assemblée : Mes frères, j'ai marché en toute bonne consciencç devant D|eu jusqu'à ce jour, que le Prince des pré^rrs le fit frapper sur la bouchç. -^ Dieu tQ frappera, mur blanchi.
lui dît alors TApôtre; car le voilà assis pour méjuger suivant la loi, el conlrairemenl à la loi lu ordonne*^ de me frapper. — Vous maudissez le grand prêtre de Dieu, lui dil-on. — J'ignorais, mes frères, qu'il fol le Prince des prêtres, car il est écrit : Vous ne maudirez pas le Prince de voire peuple.
Mais saint Paul, sachant que rassemblée se composait, partie de pharisiens, parlie de saddueéens, s* écria alors : Mes frères, je suis pharisien, enfant de pharisiens, el c'est au sujet de noire espérance et de la résurrection des morts que je suis eu jugement. Ces seuls mois divisèrent rassemblée, el il s'y éleva à la Gn un tel tumulte que le tribun, craignant de voir Paul mis eu pièces par les Juifs, donna ordre à ses soldats d'aller le reprendre pour le ramener au camp.
C'est alors que plus de quarante Juife firent serment de ne manger ni boire avant de l'avoir tué. Mais le neveu de TApôlre en ayant prévenu son oncle el le tribun, celui-ci le fit partir de nuil pour Césarée, résidence du gouverneur ; puis il fil savoir à ses ennemis que c'était là qu'ils auraient à poursuivre l'affaire. Cinq jours après^ le prince des prêtres avec quelques anciens et l'avocat Terlullus allèrent trouver le gouverneur. Tertullus accusa, entre autres choses, l'Apôlre d'exciter des émeutes contre tous les Juifs dans l'univers entier. Saint Paul, invite par le gouverneur à présenter sa défense, lui dit : Comme je sais que, depuis plusieurs années déjà, vous êtes juge pour celle nation , je plaiderai ma cause avec confiance. Vous pouvez (facilement) savoir qu'il n'y a pas plus de douze jours que je suis allé adorer à Jérusalem, et ils ne m'ont pas vu dans le temple disputer avec qui que ce soit, ni faire des attroupements soit dans les synagogues, soit dans la ville : il leur est donc impossible de prouver ce dont ils m'accusent. Mais je vous confesse que, conformément à l'école qu'ils appellent une hérésie, je sers
mon Père et mon Dieu de manière à croire tout ce qui csl écrit dans la loi et les prophètes, et à avoir en Dieu, comme mes accusateurs eux-mêmes, l'espérance de la résurrection à venir des justes et des pécheurs... Qu*ils disent eux-mêmes s'ils ont trouvé cii moi d*autre faute que d'avoir crié, debout au milieu d'eux : C'est au sujet de la résurrection des morts que vous avez à me juger aujourd'hui.
Là-dessus, le gouverneur suffisamment informé, renvoya les accusateurs de TApôire, en leur disant : Quand le tribun Lysias sera descendu, je vous écouterai. Et il donna ordre a un centurion de garder saint Paul , sans s'inquiéter ni empêcher qui que ce soit de le servir.
Deux ans après, le gouverneur Félix fut remplacé par Porcins Festus, et il partit, laissant saint Paul en prison pour faire plaisir aux Juifs.
. Voila la première époque du procès et de la captivité de TApôtre. Ce saint prêchait l'inutilité des observances légales, comme nous, rillégitimité de la liturgie bisontine. Cela attira à l'Apôtre une affaire capitale ; on nous a aussi coupé les vivres. Kous avons arfiché notre titre de prêtre romain, et nous avons demandé s'il était permis de nous frapper sans nous entendre; il ne parait pas que l'on ait partagé la peur du tribun. Rome a bien recommandé de ne pas nous inquiéter et de ne pas empêcher nos amis de nous venir en aide ; on verra plus tard le cas qu'on en fait. Quant à notre délivrance, faut-il l'attendre deux ans et plus?
Suivons le procès de l'Apôtre. Festus étant allé à Jérusalem, les ennemis de saint Paul prièrent ce gouverneur d'y appeler l'Apôtre ; ils se proposaient de le faire périr en route. Mais Festus leur répondit que, son départ devant avoir lieu bientôt, il valait mieux qu'eux-mêmes le suivissent à Césarée. La chose se passa de cette manière; cl dès le lendemain de son retour, Festus fil comparaître
TApôlre. Les Juif^ se mirent à lui reprocher une foule 4e choses graves qu'ils iio pouvaient prouver. &iiai Paul se coolenlaii de répoiidre qu'il n'avait péché ni contre la loi julve^ ni ooaire k^ lomple, ni conlre^César. Fe&lus, aiia de faire plaisir auK Juifs^ dit à l' Apoire : Voulez-vous venir avee moi à Jéruaiiloni pour y.élre jugé à mon iri«^ bunal? Pdul répondit : itf^ voici c^m tribunal de César; je dois y être jugé. Je n'ai point fait dA mal aux Juifs, vQm l0 sawz très-bien; ii je leur ai nui^ ou que faie commis quelque tirime capital, jei ne refuse pas de vmurir; mais, s'il n'y> a rien de wai dam le^urs accusalions^ pier^ sfmne ne peui n^ livrer à evm. J'en, appelle à César. Festus, ayant alors pri$ conseil, dit ; Vou$ en ^\ei appelé à César, vouâ irez à |^ésar.
Quelques jours après, le roi Agrippa cl son épouse Bérénice étant venus à Césarce pour galunr Festus, ee|ui*ci dit au roi : Félix a laissé ici en pifison un homme dont les luifs m'ont demandé la condomnatipn, pendant que j'étais à Jérusiitem. A quoi j'ai rrpqndu qu'il n'es( pa4 d'usage chez les fiomaim de condamner quelqiA'un* avant que l'çiccusé ait ses accusateurs en face #4 pvisse sç dé-fmà^e, afin de se laver des crimes qu'on lui imputa- Ils sont donc venus à Césarée, mais ilâ ne lui ont rien ropro* ehé où je pusse soupçonner du mal. Il était question de leur superstition et d'un Jésus niort que Paul disait vivant. Ne sachant que penser làrdessus, je lui demandais s'il voulait venir à Jérusalem pour y être jugé; mai3, sur son appel, qui réserve sa cause au jugement de l'enipepeur, je l'ai fait garder jusqu'à ce que je l'envoie à Qé^r.
Agrippa ayant manifesté le désir d'enicndre lui-même l'ApOtre, il y eut séance solennelle le lendi*msiin. Fesius dit à Agrippa : Voilà l'homme en question; ne sachant que dire à mon maiire sur son compte» je désire que vous l'interrogiez pour que j'aie de quoi écrire; car il nn me.pariiit pas laisoimathlfi d'envoyer un déff^nu s»n$ $pé*
cîfier lc9 c^u$e$ ilo son^ prrç$(aUon. Agrippa dit itlorsà Paul qu'il lui élaU permît éçi parler pour lunnéme, Paul (toQQ élendant la main, commença ainsi ; 4e ia'e$(tine heureux, 6 roi Agrippa, d'avoir & me défen(}re aujourd'hui auiH*è& de voua oonlre loutea lea aocusaiiona des Juifs» attendu ia connaissance parfaite que voua avez de tous leurs usages et de toutes l^ discussions qui existent parmi eux; c'est pourquoi je vous prie de m'écouler patiemment. Et d'ahord, pour ee qui regarde ma vie, de^ puis ma jeunesse que j'ai passée à Jérusalem, elle est connue de to^is les Juifs; il^ savent, s'ils voulaient rendre témoignage, que depuis le oommeneement jai vécu eu pharisien, selon une école très^sûre de notre religion ; et maintenant c'est l'espérance des prooPM^sses faites par Dieu à nos pères qui m'oblige de corn parailte en jugement ; celle espérance, qui est œlle de nos dou^ tribus fidèles au culte la nuit et le jour, est précisément, o Roi, ce que les Juifs me reprochent. Qu'y a4-il d'incroyable à vos yeux, si Dieu ressuscite les morts? Moi-même j'avais er u devoif faire beaucoup de eboses contre le nom de Jésus de Nassarclh... Mais voità qu'au beau milieu du jour, sur le chemin de Damas, j'ai ru, 6 Roi, une lumière du oiel plus éclatante que le soleil briller autour de moi,... et j'ai entendu une voix,»- . cdle du Seigneur Jésus, etc. Je n'ai pas été incrédtUe à ceUe eéleste vision, mais je me suis mis à préeher à Damas d'abord^ puis à Je'rusalem, dans toute la Judée, et jusque chez les Gentils. . . C'est pour cela que les Juifs, m'ayant saisi dans le temple, voulaieut me dure mourir ; mais, avec laide de Dieu, je demeure jusqu'à ce jour, rendant témoignage au petit et au grande ne disant rien que ee que les prophètes avaient prédit, et Moïse lui-même, que le Christ devait souffrir, qu'il serait le premi<T à ressusciter d'entre les morts, et qu'il éelairemit les Juifs et les Gentils. Ici Festus s'écria : Vous êtes foa, Raul; vatre^rande infitruçUoii vous égave.
— Non, je ne suis pas fou, excellent Feslus, je dis des paroles pleines de vérité et sagesse. Au reslc, le roi le sait Irès-bien, lui a qui s'adresse toujours mon discours, cor je ne crois pas qu'il ignore rien de ces choses, dont aucune ne s'est passée à l'ombre. Roi A$;rippa, croyezvous aux prophètes? Oui, je sais que vous y croyez. — Peu s'en faut , lui dit alors Agrippa , que vous ne me persuadiez de devenir chrétien. — Je voudrais devant Dieu, reprit rA|)ôtre, et pour peu et pour beaucoup^ que non-seulement vous, mais encm'c tous ceux qui m* écoutent, devinssent aujourd'hui tels jjue je suis moi-même, sauf ces liens (bien entendu). Le Roi se leva alors, ainsi que le Gouverneur, Bérénice et les autres. En secret, ils se dirent : Cet homme n'a rien fait qui mérite la mort ou la prison. On pouvait, ajouta Agrippa en s'adressant a Feslus, le mettre en liberté, s'il n'eût fait appel à César.
L'Apôtre fut donc dirigé sur Rome; là on lui permit de rester où il voudrait, avec un soldat pour gardieu. Trois jours après, il convoqua les premiers d'entre les Juifs pour s'expliquer avec eux; mais ils n'avaient rieu appris de son affaire... Il resta deux ans entiers dans cet état, recevant tous ceux qui venaient le voir, prêchant le loyaume de Dieu et enseignant le christianisme en toute confiance et sans empêchement.
Nous ne ferons point de réflexions sur la 6n de celte histoire ; il nous suffira d'attirer les méditations de nos lecteurs sur quelques mots imprimés en italique. On nous trouvera, sans doute, bien téméraire pour avoir ose établir une sorte de comparaison entre le procès de saint Paul et le nôIre. Parodie sacrilège ! s'écrieront quelques* uns. Pour nous, nous avons reçu de tels témoignages sur l'innocence de notre publication , et sur la convenance parfaite de la mission que nous avons remplie, que nous nous croyons en droit de nous proclamer victime et de parler en conséquence. Saint Paul, qui nous a servi de
modèle dans Tusage de la liborlé évangéliqiie, peut bien nous apprendre aussi la manière dont nous devons nous comporter en face de nos accusateurs ou de nos bourreaux. L'idée contraire ne serail-elle pas une des illusions de la Théologie mystique de quelques confrères? ils ne comprennent pas, à ce qu'il parait, ce que l'Apôtre a dit de Tutililé de la sainte Ecrilure : Omnis seriptura divinitùs inspirata utilis est , etc., quand ils veulent nous empêcher de nous prévaloir des leçons qu'elle renferme pour notre usage; n 'ignoreraient-ils pas même jusqu'aux premiers principes de rhumililé vraie?
Pour en revenir aux témoignages dont on nous a honorés, à l'occasion de nos écrits, nous en avons déjà signalé un grand nombre dans nos Explications; nous ne les ré|>éterons pas ici , mais nous y ajouterons volontiers les suivants, qui ne sont ni moins désintéressés que les autres, ni moins respectables par le titi'C de leurs auteurs.
En juillet 1860, un prêtre, placé à plus de cent lieues de la Comté, écrivait à un de ses amis : « J'ai lu une grande partie du livre de M. l'abbé Bergier, et je ne crois pas que la vérité et la justice aient jamais parlé un langage plus pressant, pins modéré et plus digne, quoique l'esprit de parti, toujours acre et aveugle, ail vu la chose d'un tout autre œil. Merci donc de m'avoir envoyé ces Etudes liturgiques q\\\, tout en m'instruisant, me rafraîchissent le cœur, charmante union de la science et de la douceur se donnant la main pour rendre la vérité aimable et saisissante. Si vous voyez M. Bergier, dites-lui toute ma reconnaissance des plaisirs et des avantages que je lui dois. Dès que j'aurai l'honneur de me rencontrer avec iVlonseigneur de***, nous ne manquerons pas de parler de cet ouvrage et d'applaudir aux fruits heureux qu'il produira infailliblement. » Quelqutîs jours après, le même prêtre, ayant eu l'entrevue dont il parlait dans sa lettre, en présence d'un autre évêque, en rendait compte de la
miabièriK suivonlis : « NoâBâvcms parte des ovealûrdsile M. Fabbé Bergier ^ de son livre. Je ne vote rajiportenii pti$ te qu'on m'a dit, ce serait trop long; mais je tous affirme que M. Tabbé peut aller frapper à lo perle des p&lûis épisoopaux de*** et de*** avee to certitude d'y*élre pitrfaitemeal-afeetieiUi, même avant la déetsiou de Rodue.n Nous eouitôiâsoud tes ûotm des deux prélats menliotiaès ûûm ùelié eôrrespoudâucc ; ils ne sont pas Fnnie^^Gomtoii. N'est-^e pùÈ une chose étrange cependant, que des évoques n'iiient rien vu à reprendre là où d'autres gens ont découvert Télendàrd de la révolte levé contre Tautorilé ^piscopale?
Ecoutons tin autre Prélat, également étranger à notre diocèse. Il avait trouvé, après un^ sérieux examen , t*OQ^ vrage intitulé Etudes iilurgiques « îtréprochaMe^ tant pnuf là doctrine que sou$ le rapport du respect dû à rOrdinaire, i> et il allait jusqu {^ former < les Vœux les plus sincères pour que TauteUr pût être victorieux dans la pénible épreuve par où on le faisait passer. » De pitis, H ne pouvait qu'approuver sans réserve le dessein de l'auteur de continuer à composer dt& écrits en défense des docirines romaines^ ajoutant que <x notre plus grand besoin était dans les écrits, qu'on ne saurait trop les multiplier, et que la restauration canonrquedevait se faire dans les esprits avant de passer dans les faits. %
Le même Prélat, après avoir pris plus tard connaissance des Etplkatims, regardait raffciire qui y est dé*battue comme fort intéressante à un triple point de vue: 1^ les doctrines romaines frappées dans la personne de fauteur; ^ les constitutions des missionnaires violées par un acte aussi arbitraire que celui dont il était lobjek; 3^ enfin, rhonneur de cet excellent ecclésiastique qui était puni sans avoir pèche contre Dieu ni contre son temple. » il ajoutait^ dans la même lettre^ que « cette affaire intéressait non-Seulement Thonneur d*nn parti-
tuWef, nfiaii^ t^ii^n gMnd diœèse ëi toos les caihiilftiues dfe fVânce. »•
FaiiUîl ajouter à tous ces témoignages celui d'un autre Prélat qui, après avoir loué k^ El^es, leur préfér»il entot^ léd f^^p/téd^i'onsPCes deuk ouvrages lui parai^saietlt exc^lentd« et 11 dédaraii qu'en les lisant. « les pi*6ires apprèndraiefit ou réapprend raieUI une foule de choses qui BOfil à VùfAte du jour à Besançon plu& qu'ailleurs. ^
€o Vicaire géuéixnl, parlant du livre des Etplitaiioru, écrivait à l'auteur : <i Vous avez indiqué vous-même ki jurisprudence de l'Eglise viS'^à^vis des clercs, tous appuyant sur le Concile dé Trente; les (^ànonistes seraient tous |kjur Vduà» Vou6 avrÉ exposé bien des prini'îï)es qui sont ignores en France 5 il vous faut les soutenir |mr vos oeuvre!^, par votre dévouement, agmittireprojusiilià. Votre justification pleine e! entière ne se fera pas attendre; mais surtout les bonnes doctrines triotuplieront par vos épreuves. Vt>ire affaire aura ce grand rtsultai de lapprochér te France du droit commun. *
Un autre Vicaire général, après avoir lu tant At bonnes thbsês avec une avidité incroyable, gémiissôit de voîr qu'on aireclôt quelque part une sorte d'indépendance des pontiffes romains. « On comprendra peut-être un peu ii mieux plus lard, ajoutait-il, que la première et la » plus essentielle qualité du chrétien , à plus forte raîr 0 son , des prêtres et des évêques, c'est uue soumission Th aveuglé «^ l'Eglise dans les plus pellies choses comme t> dans celles qui paraissent plus importantes. 1^
Enfin , un Evêque allait jusqu'à écrire à l'auteur dès Eivdes et des Explications : « Je désire vivement qu'on » soit bien éclairé (sur votre aflfeire), H qu'on prenne » vigoureusement la défense du jusie et de Tepprlmé j> conthc des actes qui n'ont pas de nom, cl peut-être pas to d'exemple dans l'Eglise... SouiTrez patiemment; tenOs- » vous kKijours dans la ii|Ac de la modération , <yt con-
» solez-vous dans h pensée que vous avez pour vous » tous les eeelésiasliques amis de TEglisc et du Saint- » Sioge. »
On conviendra que celui-là est un scandaleux d'une nouvelle espèce qui peut produire en sa faveur tant et de tels témoignages. S'il lève quelque drapeau, ce n'est pas celui de la révolte contre rautorité, mais celui de la vérité et de la justice, celui du droit et de la raison. Que Ton continue donc, tant que Ton voudra, à le représenter comme un aboyeur, un émeutier, un fou, un aveugle et un énergumène, il ne cessera pas pour autant d'élever la voix, tant que la vérité délaissée, contredite ou méconnue, aura besoin d'un crieur public. 11 ne cessera pas de défondre, à n'importe quel prix, les droits sacrés du Saint-Siège, et surtout la plénitude de son autorité spirituelle sur tous les chrétiens, en matière de litur^ comme en toute autre matière.
Il est évident, en effet, et l'on a raison de le remarquer, que la question liturgique n'est pas la seule dont nous ayons à réclamer la solution. Le Saint-Père ne s'est pas contenté en effet de demander le retour h la liturgie romaine, mais il veut aussi le retour à la discipline romaine. Il veut avec le Droit que nous tenions des conciles et des synodes; il veut que nous travaillions à couper toutes les branches, et même à extirper toutes les racines du Droit coutumier condamné par son autorité; il veut cnlin que nous cherchions à faire prévaloir les droits véritables et les enseignements du Saint-Siège sur toutes les opinions et assertions contraires, en sorte que tous, prêtres et fidèles, aiment et res|)ectent de plus en plus la Chaire immuable en laquelle se trouve renfermée la solidité pleine et parfaite de la religion chrétienne, et pratiquent tout ce qu'elle enseigne, règle et décide en toules choses. Pi 'est-ce pas là en effet, ce qui se trouve déclaré en détail dans la fameuse Encyclique de 1853? On n'a
^ 65 — qu*à voir les extraits que nous en avons faits dans nos premières Explications; et, en lisant la page UO de la même brochure, on reconnaîtra aussi que ce n'est pas d'aujourd'hui que date noire résolution de faire la guerre, avec le Saint-Siège, à tous les abus qui ont perdu l'ancienne Eglise de France, et qui pourraient précipiter la nouvelle dans Tabiine du schisme et de rhérésie. Certes, quand on lit l'histoire de l'Eglise même de ce siècle, on n'est pas pleinement rassuré contre tout danger de schisme; on aperçoit encore trop de vieux préjugés contre la plénitude du pouvoir Apostolique, trop de réminiscences d'une discipline depuis longtemps surannée, enfin trop d'attachement à des maximes en opposition avec les vraies prérogatives de la sainte Eglise romaine. N'est-ce pas cette Eglise, cependant, qui possède seule le privilège de rindéfeitibilité, comme aussi elle peut seule sauver les autres au jour du danger, ou les rétablir après leur cataclysme? 0 sainte Eglise romaine ! nous ne dirons pas seulement, avec tant d'autres, une chose bien facile : que notre langue s'attache à notre palais, si nous vous oublions jamais, mais que notre mam droite elle-même se dessèche, si elle cesse jamais de travailler pour votre gloire avec la plume ou de toute autre manière, car nous ne voulons pas seulement vous louer de bouche, mais encore vous servir de la main, non pas seulement vous croire, mais encore vous obéir, non pas seulement exécuter vos ordres, mais encore nous conformer à vos moindres désirs.
Il est plus que temps de terminer ces Nouvelles Explications. Nous avons dit qu'un incident tout nouveau, survenu dans noire affaire, nous avait déterminé à les composer et à les livrer au public ; le récit de cet incident sera comme le bouquet de noire brochure, et c'est pourquoi nous l'avons réservé pour la fin.
Il faut savoir qu'en nous retirant momentanément
i'Meok. il y fl onvipoo un m , pour empêdier d'afrfi^ contre nom, noq9 noqs ^mnies alMlenii d'en «nkfer nos mf*iibk>$ qui9on( restés en pluc^. nQiamnfieni notre blMiailièque personnelle qui eo/npio quelque ebos)« oomme trois mille volume^. H e$i clair que« iM$ nûir# «spérancQ bien fondée d'ôire réiniégré un jour ei it'alkr reprendre notre place parmi nos eonfrères, nous n'tivonp P9S cru devoir opérer un déménagement toujoui^ eoût«uK el ineoniif)ode« surtout dans les conditions que nous veinons d'exprinier. Il est résulté de là que. lanl pour con» linuer nos recherches lituri^iiques que pour soumettre & de nouvelles vérincntions les notes que nous avions eni* portées, nous sommes retourné de temps en temi^ à Eoole nous placer »u milieu de nos livres, et nous y avons passé quelquefois plusieurs jours de suite sans désemparer» flQU$ devons k ce propos remercier les missionnaires nos oon^ frères du bon accueil qu'ils nous ont toujours fait) }ls n'ont cessé de nous regarder, sow œ rapport, comme un dey membres de leur communauté, et avec raison, puisqu'ils n*qnt pas été api^elés à prononcer sur notre compte pour nous exclure, comme Tauraient exigé les constitutions de la rnaison. I^ous ignorons pi>urquoi ils ne nous ont |NI9 appliqué le princi^^ en s^m entier, et nous leur en avons fdit à Toccasion la pénible observation. Il nous seniblaii qu'il y avait pour euH un certain devoir do eonseienoe à tenir envers nous les engagements que la règle leur imposait, et si nous les avons déchargés 4e l'obligation de nous soutenir avec toute Icnergie qu'ils fioovaieot puiaer dans la lettre de nos constitutions, nous eussions an moins désiré qu'ils se montrassent Gdèles oNervateurs de lu rèKie dans les choses de leur oomiM'tenee; or, jusqu'à l'époque de notre sortie, nul ne s'éiait encM)re permis de s'immiscer dans les actes de la communauté imur réslor les aiïaires d argent, et en particulier les honoraires de ses membres. Comment se fait-il donc que l'on ail porté
Y^tmqnmilé Jusqu'à s'alifitenir d'user en notre faveur d€ eeite liberté incontestée? Alors même que tous nos confrèresi eussent été persuadés qu*il y avait des motifs suffisants pour nous exclure, tant qu'ils n'avaient pas prononcé eux ^ mêmes notre exclusion selon les formes voulues par le règlement, ils ne pouvaient en aucune façon nous regarder et nous traiter comme un étranger. A plus forte raison ne leur était-il pas permis d*agir de la sorte, quand la plupart étaient convaincus de l'injustice de la sentence prononcée contre nous. Nous disons la plupart, car il n'y a qu'un seul membre de la communauté qui ail manifesté d'une manière ostensible quMl n'était pas pour nous; encore ce confrère, qui, soit pour ses opinions eontratres aux nôtres, soit pour ses rapports de bonne intelligence avec l'autorité diocésaine, avait déclaré dans le temps qu'il sortirait de la maison, s'il nous arrivait d'y rentrer, paraissait, il y a moins d'un mois, être revenu à des idéea meilleures , puisqu'il se faisait fort de nous en rouvrir les portes, moyennant cerUines condi«tiens qu'il ne lui a pas plu de nous faire connaître. Nous savons bien que, pour autant, il n'a pas abandonné ses idées tant mit peu hasardées sur la légi limité de la liturgie bisontine, et qu'au contraire il a trouvé çà et là, dans les théologiens ou les eanonistes, une foule d* ex( entricités à l'uppui de sa llièse en faveur Aw droit coutumier, mais cela ne l'a pas empêché de manifester le désir de nous voir prolonger davantage a Ecole un de nos derniers se* jours, comme cela ne l'empêche pas encore de se donner pour un ebdud ultramontain.
Quoi qu'il en soit de ces petites misères domestiques, qui n'étonnent pa^ dans un diocèse comme le nôtre, nous savons bon gré à nos vénérables confrères d'Ecole, surtout à nos francs amis, do l'empressement qu'ils ont mis à nous voir, et même à nous rendre service, malgré le danger de se oompromellre ; nous pardonnons ntéqpie à
ceux d'entre eux qui auraient fait quelques démarches imprudentos, dont on se serait prévalu contre nous et contre nos intérêts ; ils l'ont fait sans malice, nous le savons, et dans un but, hélas! bien dilTérent. Mais telle est l'adresse dont il faut user dans certaines relations, qu'il n'est pas donné à tout le monde de réussir selon ses vœux.
Et puisque nous en sommes aux compliments et aux blâmes vis-à-vis de nos confrères, nous dirons encore que ce qui s*est passé à Ecole s'est répété dans le diocèse. Nous y comptions certains amis de vieille date, qui n*ont pas osé nous rendre un petit service que nous avions cru pouvoir leur demander. A Dieu ne plaise que nous existions de qui que ce soit un sacrifice pour nous; tous auraient dû peut-être s'y résoudre pour la cause de la vérité; mais enfin nous éviterons de mettre désormais soit le dévouement, soit la conscience de certaines persimnes à une nouvelle épreuve. Qu'elles s'endorment au lieu de veiller avec nous; nous savons que la chose est arrivée lors de l'agonie du Sauveur, et encore une fois nous ne sommes pas au-dessus du Maître ; il est triste cependant de voir des prêtres ne pas même se mettre en peine d*écrits et d'affaires qui les touchent de si près et sous tous les rapports.
Mais si nous avons eu la douleur de trouver des cœurs insensibles et lâches, combien d'estimables confrères qui se sont placés, pour notre cause, qui est celle de l'Eglise et de Dieu, au-dessus de toute crainte et de tout respect humain ! Pendant que nos plus près voisins se sont sciuidalisés comme les gens de Nazareth, et se sont dit à euxmêmes : N'est-ce pas là le fils d'un tel? De quoi se mélet-il, en prêchant de la sorte? Où a-t-il pris ce qu'il débite avec tant d'assurance et d'empire? pendant qu'ils ont voulu réaliser de nouveau la vérité du proverbe que nul n'est prophète dans son pays; pendant que d'autres nous ont pris en dédaigneuse pitié , nous disant : Venez avec
nous, et n'ayez pas pour, nous ne vous ferons pas l'injure de parler de voire affaire, nous vivrons avec vous comme si rien nélait; pendant que ceux-ci nous oui fait, comme on le voit, la {;râcc de ne pas nous preniJre au sérieux, comme si nous avions joué une comédie et que nous-* même ne fussions pas persuadé de la vérité de nos principes et de la nécessité d'en pratiquer les conclusions; au milieu, disons-nous, de ces démonstrations ridicules de mépris pour notre œuvre et d'attentions prétendues délicates pour notre personne, nous avons rencontré une masse toujours cnâssante de confrères qui, non contents de nous être sympathiques, nous ont entouré de leur estime et servi de leur dévouement. Ceux-là sont les vrais amis, pensant comme nous, agissant comme nous, et travaillant avec nous à faire réussir notre cause commune. Ici ne s*est pas vérifié l'adage du poète :
Donec eris felix muUos numerabis amicos; Nubila si fuerint tempora,$orttô eris.
Au lieu de rester seul et isolé, pour quelques amis putatifs dont nous avons été délivrés, nous en avons acquis cent autres qui nous sont unis par les liens de la confraternité de pensées et d'action ; amis réels et non nominaux, amis solides ci effectifs dont la fidélité nous est garantie par l'estime qu'il nous ont vouée, la confiance qu'ils nous ont témoignée et le dévouement dont ils ont fait preuve à notre égard. L'amitié, que nous avons ainsi contractée avec eux, a sa hase et sa racine au plus intime de rame. Ce n'est pas un voisinage fortuit qui a créé nos rapports, comme il arrive d'ordin<iire; ce ne sont pas quelques traits répandus sur le visage qui ont attiré, séduit et fasciné nos âmes , mais nos ànies elles-mêmes se sont rencontrées et se sont donné le baiser de paix et d'union dans la vérité et la conscience. Nous avons de ces sortes d'amis, non pas seulement dans un très-grand
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nombre de presbytères, mais au loin et jusque dans plusieurs palais épiscopaux, à Rome même, et, pOurquin ne pas le dire? jusqu'au sein du Valiean. En nous écrivant pour nous donner un IcmoiRnago non suspect d*estiine et de confiance, un de nos correspondants nous disait de rester sans inquiétude sur la manière dont le Saint-Père avait envisagé notre aiïaire. C'était plus qu'il n'en fallait pour nous soutenir et nous encourager dans notre épreuve.
Faut-il s'étonner que nous ayons reçu tous ces témoignages infiniment précieux de bienveillance et d'amitié de tant de côtés à la fois? Non; car nous osons affirmer que, soit parmi les adversaires de nos doctrines, soit parmi les esclaves de la routine et les fidèles satellites de la planète bisontine, il y a des hommes qui ne peuvent s*em* pécher de nous estimer et de nous rendre justice. Pioios eu avons vu nous exprimer leur joie de notre rentrée prochaine à la mission dont ils avaient entendu parler. Au reste, qu'ont pensé dès l'origine de noire procès la plupart de nos adversiiires? Que tout le mal de notre ouvrage tenait à ce que nous l'avions imprimé en dehors de l'autorité diocésaine ; ils ont même colporté une décision de Rome dans ce sens; ils lui faisaient dire : /mprtmatur subductu tanti /^niisiitis^ Permis d'imprimer soiis la direction d'un si grand prélat (l'archevêque de Besançon); ils ne croyaient donc pas notre livre si mauvais qu'on a bien voulu le dire. Pourquoi ne raeonterionsnous pas encore que de zélés courlisaos, fâchés de ne pas trouver assez mauvaise la première feuille de notre livre, d'après l'épreuve de laquelle on nous avait jugé, ont es* sayé de justifier Tautorité en prétendant que nous y avions fait beaucoup de corrections? Quand cela serait, qu'en faudrait-il conclure? Que nous avions voulu insulter notre Archevêque; mais au moins n'avions-neus pas réalisé notre projet; et Ton aurait dû comprendre qn'eo faisanl
h's totfMioM dofit il d'A^il^ de notre propre itiHiftlive, et avant que fiouâ cmuiu^siotiâ la di^psiruiHm et ki ^ommunii'atkHi fraiidiileude de notre première épreuve, nous avions assez montré que rien n'élail plus élaigné de nod intentioAB» ElaU-il ctone permis de ^e intser, i^ioiir nous frappf'r, sur un abus de oondimee, sur une pièce qui ne devait jamais Voir le jour? Qu'est-ce qu'une inquif^ilion de eeUe espèee, surtout opérée contre tout droit divin el humain? Quoi ! il a été permis à un boutiquier de faire montre chez lui à des affidés d'un épreuve volée! et eel homme est iHHinéle ! Il a été permis à n'importe qui de faire passer eetie Teuille sous les yeux de l'autorité dioeé* seine t et celui-là n'e;»! pas un traître ! Il a été permis de formuler un ju$;ement d'après celle pièce que nul n'avait )e droit de lire el de garder, et, quand la publication ellemême en avait retranché tout ce qu'on y trouvait de mauvais, on a persisté à maintenir ee jugement dont on reconnaissait l'injustice I Où est donc la charité, le droîl et l'honneur? Au reste, pour ce qui regarde le fait mémo de ces corrections prétendues, il nous a été im()Ossible d'en apprécier la valeur; notre manusciit et les premières épreuves disparaissaient de nos mains à mesure que nous arrivait l'imprimé; nous serions done curieux devoir cette pièce devenue si fiuneuse; si ceux qui l'ont lue la possèdent encore , il nous rendront service en daignant nous en donner communication.
Quoi qu'il en soit, ce qui prouve qu'on s'était grossi d'abord notre crime, e'e^t que plus tard, nous Tavons su d'affldés, on a laissé paraître des dispositions moins sé^ vères 6 notre égard; qu il suffise d*en citer iei un témoignage des plus sensibles. N'a-t-M pas déclaré par écrit qu'on nous reconnaissait encore le droit de confesser et de préeher, el cela malgré la publication de nos Etude» el wêt&e de nos Ëxplkalionê? Donc nous n'avoM pas trop à rougir, et nous ne devons pfts avoir trop peur. On à
fait plus : un prêtre nous a dit officieusement, après avoir élé aux informalions, que l'on avait pour nous une afTeclion distinguée, et que Ton nous accorderait volontiers une position nouvelle.
C'est done la position que Ton a à cœur, car tout en nous frappant on nous justifie. Mais, pour le cbangemenl de position, on y tient, à ce qu'il parait, mordicus, ainsi qu'on va le voir par un fait récent; c'est le bouquet si longtemps annoncé. Qu'il paraisse donc enfin pour couronner l'œuvre.
Le 23 juillet 1861, un ami nous écrivait que iMoiiseigneur venait de charger M. Péseux de nous signifier d'avoir à enlever nos meubles et à évacuer notre chambre de la maison d'Ecole.
Notre première pensée a été de douter si M. Péseux consentirait encore une fois à remplir les fonctions d'huissier à notre égard. Il nous semblait que la communauté, n'ayant pas été appelée à prononcer sur notre compte, devait continuer à se tenir en dehors de l'aO'aire que nous avons à démêler avec l'autorité diocésaine, en lui laissant à elle seule la responsabilité de ses actes. On sait, au reste, ce qu'ont gagné certains personnages à remplir de semblables commissions. Pie VII répondit à l'un d'entre eux : « Si vous avez cru devoir exécuter de tels ordres de l'Empereur, ù cause de votre serment de fidélité et d'obéissance, ju$sez de quelle manière nous devons, nous, soutenir les droits du Saint-Siège, auquel nous sommes liés par lant de serments. » Il ajouta : a Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas, nous ne voulons pas. »
Cette réponse si digne aurait pu nous sersir de modèle dans la circonstance. Il nous était au moins bien permis de représenter au commissionnaire, que nous jugions la chose assez ^rave pour qu'on se donnât la peine de nous intimer un ordre par écrit. Au fait, l'huissier, quoique parlant à la personne, ne s'aventure pas dans la
voie odieuse des significalions, sans avoir entre les mains une pièce en bonne et due forme, dont Tintéressé puisse prendre connaissance à loisir, et faire tel usage qui conviendra. Pourquoi donc, si Ton veut recourir aux voie^ de contrainte, ne pas en suivre fidèlement Tornière, au risque de s'y embourber? Tel est cependant le parti que Ton a pris de ne rien écrire du tout, ni ici, ni là.
Comme nous devions revenir de Myon à Saint-Claude le 29 juillet, on attendait notre arrivée chez notre ami pour nous signifier de vive voix l'arrêt de l'Ordinaire, et bien que , par un retard calculé, nous ayons cherché a mettre l'huissier en demeure de nous avertir par lettre, nous sommes arrivé jusqu'au iO août sans avoir rien reçu. La nouvelle courait déjà les rues, que nous n'eu avions encore obtenu aucune notification. 11 a donc fallu que, pour bien éclaircir toutes choses, nous vinssions nous-ménie au-devant du terrible appariteur, comme autrefois Jésus au jardin des Oliviers On connaît les détails de cette scène : Amice^ ad quid venisti?
Donc, le il août dernier, nous nous sommes transporté dans notre chambre, à Ecole, et là, en présence de deux témoins heureusement réunis avec nous, M. Péseux nous a signifié, au nom de Monseigneur, que nous avions à déménager. Il est à remarquer, toutefois, qu'on ne nous a fixé ni le jour ni l'heure. Ainsi , rien ne nous presse de faire l'opération susdite. C'est sans doute le plus tôt possible que la chose devrait avoir lieu pour répondre au vœu de l'autorité; mais personne n'i;);nore que cette expression laisse beaucoup de latitude dans un certain vocabulaire bisontin. D'ailleurs on n'a pas môme dit ce fameux qunmprimùm; faudrait-il croire que l'on est trop prudent pour fixer jamais une époque dans des affaires de cette espèce? Quoi qu'il en soit, nous rejçrettous sincèrement que la chose ne soit pas possible à cause des circonstances du temps.
Disons mieiix : un âértiéna^^ement fin-cé dott être qo pea furi;é. No^ respmables confrères recevront^ib Tordre de foire irruption dans noti*e chambre p^mr en jeter les meubles par le$ fenêln^s? C'est ce que nous ignorons. Pour nous, avant de les faire sortir poliment i>ar la porte, nous attendrons peut-être bien qu'il plaise à notre juf^e bien-aimé de nous envoyer un véritable huissier |K>rMot l'attache de quelque tribnnal ayant droit de nous faire déguerpir. N'esi-il pas vrai que, si on fait appel contre nous an bras séculier dans des affaires d E^Hse, nous serons toujours à temps de suivre le gendarme quand il se montrera? En attendanl, il nous semUe qu'il nous eai parfaitement permis de rester, si cela noua plaît, dans notre maison, et d'y dormir en paix sur nos deux oreilles. Quelqu'un n'a4-il pas déclaré, en effet, dans un discours solennel, te 15 Juin, qu'il n'y a^ait rien de plus pùÈiibie que dThabiter une mamn dont &n est proj^iétaire.
Et, puisque nous en sommes à eiter de grandes aatorites, n'avait-on pas dit, le 31 mai : « Que la justice informe, que les cou^mbles soient déférés aux tribunaux, il y a justice légale ff ? On voyait alors du danger dam « une justice qui frappe en dehors de la justice ordinaire, sans que (l accusé) ait pu s'expliquer et (même) présenter une simple réflexion ». On se croyait obligé en conséquence de demander que les choses marchassent « d'une manière convenable, avec des informations régulières, ce qui serait une sauvegarde et une garantie » pour tous.
Nous espérons qu'enfin on se souviendra de ces principes dans notre affaire personnelle, où il nous semMe que jusqu'à présent l'aelion adminisiraUve s'est un pen mhstiivièe à tactUm judiciaire, N'esi^il pas vrai en effet que, sur de simples rapports qui ne valent peufr^lre pns mieux que ceux de certains gardes-champêtres illettrés, on nous a donné des açertissemenis^ on a fait ploe; cftr
en a été jmqu'à suspendre, ou ptetôl stipprimer, Mtre traitement, mm qu'il y ait eu 09S enquéiet et eei <Mti£i ùontradijotùiret qui protègent l'memé devant le$ tribunaux.
Nous empruntons iet les paroles du Monde dans soo n"" du 5 juin 1861. Le 16 juin, ce journal citait eneore d'autres déclarations non moins intéressantes; on y parlait de certains é^équet mmm miséricorditax , de la paternité desquels on priait le Seigneur de nous pré^ server. Hélas!...
n nous semble que le Menée, notre ami, qui n'a pas craint les évéqués moins miséricardieuùs dans son artiiie do 5 '}um^ ferait bien de recommander notre cause, qâj en vaut certainement une autre, à quelque évéque plm mieérieôPdieux pour qu'il s'occu|)e de nous rendre jus^ tice. Pourquoi ne kii dirait-il pas, en lui partant d'une manière indirecte pour plus de politesse : « H est possible que la mitre Tait ébloui; et il y aurait bien fallu qu'il y eût près de lui , comme aux jours de rancienne Rome, un moniteur chargé de hii dire : Souviens-toi que tu es komme. « Nous dispenserons le journal d'ajouter ce qui suit : « Eh bien , je tâcherai de Féire (son moniteur, bien entendu), et de (lui) proposer quelques considérations qui pourront tempérer Télan qu*il a pris dans la circonstance. ^
Car, bien que le Monde ne doive pas craindre, à notre avis, d'irriter des hommes miêéricorêieux et paternels, qui ne le supporteront jamais, qttoi qu'il fcsse et même s'efface, nous savons qu'on nous laissera seul dans l'arène. Mais il nMs sera bien permis sans doute, tout en nous abstenant dédire à quelqu'un : Mediee, eura teirpsum, comme nous le pourrions en vertu du priviléf^e de la légitime défense, de remarquer qull y a des faits dont ofi ne pent s'èmpécher de relever en passant te sanglante ironie.
Revenons. Nous avons dit tout à Theure que nous u'étions pas d'humeur à déména$;er, malgré Tordre ver- Lai qui nous en a élé intimé. Pourquoi cette fermeté? En voici une nouvelle raison. Est-ce quand nous apprenons, d'une source que nous avons tout lieu de regarder comme sure et certaine, que le Saint-Père a fait écrire pour la seconde fois à notre Cardinal de nous réintégrer dons notre posilionà Ecole, sans douter le moins du monde qu'enfin Monseigneur ne •s'exécute, qu'il nous conviendrait de reculer sous le poids d'une terreur vaine et impuissante? Mais alors même que nous n'aurions pas cette assurance, dès que nous avons î^xi recours à Rome contre la sentence qui nous a frappé, et que Ton ne nous montre pas un jugement qui la coQfirme, pourquoi regarderionsnous la cause comme vidée? Nous voulons bien supposer encore que Ton ait a^i à notre égard de manière à rendre impossible tout jugement proprement dit du tribunal supérieur, mais à quoi tiendrait cette impuissance de nous rendre justice, sinon au défaut de pièces juridiques de la part de l'autorité qui nous frappe? et par conséquent à la nullité radicale de la sentence qui nous atteint? Pourquoi donc nous soumettrions-nous à un pareil arbitraire? et ne sommes-nous pas en droit d'attendre qu'enfin on en vienne à quelque acte positif qui, tout en nous frappant, nous offre les moyens de nous défendre et de nous faire réintégrer dans nos droits? On voit donc que, comme Pie VII, nous ne pouvons, ni ne devons, ni ne voulons abandonner nos droits acquis; nous continuons, comme Pie IX, de protester contre notre injuste dé|M)ssession, et nous renouvelons solennellement aujourd'hui, comme saint Paul, notre appel ou notre recours aux tribunaux romains, ibi oportet me jadicavi. On sait bien que nous n'avons pas fait de mal aâx Juifs; si nous leur avons nui ou que nous ayons commis quelque crime capital, nous ne refusons pas de mourir; mais s'il n'y a rien
de vrai dans les crimes qu'ils nous imputent, nul ne peut nous livrer à leur merci. Le Saint-Père saura par cette réclame, que nous déposons humblement à ses pieds, le cas que l'on Tait quelque part de ses extrêmes désirs pour la lituri^ie comme pour autre chose, et il sera édifié sans doute du zèle avec lequel on entre dans ses vues.
Trouvera-t-on mauvais que nous nous expliquions avec cette dureté et en face dtf public? Mais à qui donc la faute, si nous y sommes réduit? Jamais on n'a ôtéaux victimes la liberté de la plainte.
L'année dernière, quand on a prononcé notre exclu* sion d'Ecole, et qu'on y a ajouté des menaces d'expulsion, nous n'avons pas craint de publier nos premières Erplications, et nul, soit ici, soit à Rome, ne nous a reproché d avoir outrepassé le droit de lé$;itime défense; on connaît les privilèges des accusés; ils peuvent au moins se justifier publiquement de la tache que l'on voudrait publiquement InQi^er à leur honneur.
Aujourd'hui donc que l'on prétend consommer l'affaire, et que l'on recourt à de nouveaux moyens de contrainte, en voulant nous éliininer tout-à-fait, nous reprenons de nouveau la plume, pour prolester encore eu face de Rome et du public.
Jusqu'où ne pousse-t-on pas d'ailleurs les exigences à notre égard? Nous avons pu, il y a quelques semaines, nous présenter^ sur invitations pressantes et répétées, dans une des plus respectables communautés du diocèse, où l'on nous a fait un charmant accueil dont nous gardons le souvenir, et maintenant il serait défendu à nos confrères de la Mission de nous inviter, disons mieux, de nous recevoir! Ils n'auraienT plus la liberté de leur amitié, le choix de leurs convives ou de leurs prédicateurs! et si tel que nous connaissons allait leur demander l'hospitalité, ils devraient peut-être commettre la basse impolitesse de reconduire! Quelle caste de parias entend-on créer en
agisHml d« la wtei et dans qud pay&dviliaé, pour ne fn9 dire aaavage. Tit-eo user de pareib raoyena et pour établir de semblableB mœurs? Nous doutona que notre Qergé fratunsamtoia, si hospitalier» se soumette jamais à des coutumes de cette espèce qui terniraient sa gloire. Pour nous, nous déchirons bauteasent que nous ne laisserons pas nos confrères devenir à ee point esclaves, ou, si Ton Teut, obséquieux. Nous irons, s'il plait à Dieu» feter r Assomption c» leur compagnie. C'est la fête de la maison, et il y est de traditico que nul des membres de la communauté ne doit s'absenter ce jour«là, s'il n*y a force majeure; or, libre comme nous sommes cette an* née , nous ferons honneur à l'appel du droit ooutumier» parbii lemen t légi time en l'espèce ( 1 )«
C'ebt une eliose triste, il faut Tavouiar, que nos récri** minations; mais n'eslril pas triste aussi, le procédé suivi à notre égard dans toute cette ailaire grave et importante? Un autre, à notre place, en eût fait le sujet d'an beau petit sermon de Vendredi-Saint adressé à Son Bminenee; mais nous, qui avons perdu de|iuis quelque tempa l'habitude de prêcher, nous renonçons à fiiire en pure perte une secrète mercuriale.
Nous le répétons, si nos plaintes s'exhalent tant soit peu amères, dles nous échappent malgré nous et quand nous y sommes forcé par d'éuranges aberrations; aa fond, nous prions Dieu de pardonner comme nous pardonnons noua^mème ; mais nous ne pouvons sacrifier ni ni notre cause, ni celle des autres, c'est-à-dire, celle des bons principes.
Notre résolution première était de noua taire sur nos intérêts personnela dans les eiroonataiffea fàcbeuaes
(i) Les choses se sont passées, le iS août, comme noos rarlons prdvu; aos coafrèrea d'Ecols bous ont n^u cosune asparafant; el nous avoo^ pris notn plaœ parmi çiu» &«)on potr« Mîtude, partout, sauf à règUse et dans les cérémonie^ religieuses, où nous nous sommes abstenu dMnteryenir pour plusieurs raisons*
OU iQ broiiva rSgUse, et mm 4Uoos 9ur te point de pM^ bliar pureineot et aimptement notre Elude intitulée s ffi$tom ^ Ui mntnver^ et 4$ to re^awation liiur^ giqw m France au dix^mwième siècle, un gro9 volame m^". IL'idée qou$ ét^nt venue ebrs d'y acculer iine nouvelle Pféfuw 4e eirconatancet courte comme la pre^ mi^e , nous avons pri$ la plume ; mais cette coureuse nous a mené (beaucoup plus^ loin que nous ne |)en$ions, et nous nous sommes décidé à donner i peri ee petit travail sous le titre de Nou\^U^ Erplimtiom. On eom^ prendra sans peine le motif qui nous a déterminé à preo^ dre ce parti. Menacé d'un nouvel oatraeiâme, nous avons dû tout d'abord parer à ce coup. J)'un a\]itre côté, on eol^ portait contre nous un certain nombre d'accusations sei*rètes ; il nous fallait en réfuter brièvement les vaines allégations.
Nos lecteurs, au reste, n'attendront pas longtemps VEiuile dont nous venons de parier tout à l'heure. Si, comme nous le savons, ils ont un entréme désir de la voir paraître, depuis que nous lavon» annoncée dans notre Entretien de janvier dernier, nous ne sommes pas moins pressé, nous, de la publier, parce que nous la regardons comme l'explication naturelle et la pleine justification de toute notre conduite. On y verra, en effet, comment nous avons été amené, par nos travaux sur cette controverse et sur celte restauration, à avoir des opinions si tranchées et à les répandre avec tant d'audace.
Nous avons à peu près terminé aussi notre Troisième Etude sur les Révolutions liturgiques du dix-septième et du diX'huitième siècle. Nous espérons qu'elle ne sera pas moins bien reçue que nos précédents écrits.
Nous prévenons seulement nos bien-aimés lecteurs que, faisant nous-méme tous les frais de nos publications, malgré notre ordination sans titre, et malgré la
privation momentanée des fruits de notre bénéOce légitime,, nous serons bien aise de savoir sur quel nombre de souscripteurs nous pouvons justement compter, afin de faire le tirage en conséquence. Beaucoup de nos confrères nous ont déjà fait l'honneur d'une demande; mais nous les prions de vouloir bien de nouveau s'entendre entre eux pour nous indiquer celui, de chaque canton, par exemple, qui consentirait à nous servir de correspondant et d'intermédiaire, et le nombre d'exemplaires qu'il faudrait lui envoyer. Cet intermédiaire lui-même devra nous fournir au plus tôt ces renseignements utiles et nécessaires. Il nous suffira de son seul nom, qui sera sans doute celui d'un franc ami.
Notre adresse est chez M. Maire, chanoine honoraire, en son domicile, à Saint-Claude, banlieue de Besançon^ ce cher ami nous ayant fait savoir tout récemment que si Ecole engloutit, Saint-Claude restera, bâti qu'il est sur la pierre ferme, supra firmam petram; heureuse allusion à l'éloge funèbre qu'il a fait Tan dernier de l'un de nos modernes martyrs.