CHAPITRE VII
• Du livre de M'' d'Astros» intUulé t L*Eglise de France iDjusteinent flétrie.
Le premier Evèque qui parait dans l'arène liturgique est le respectable Mgr. d'Astros, Archevêque de Toulouse. Son ouvrage est intitulé : L'Eglise de France injustement flétrie dans le lii^e des Institutions. L'Ami s'occupait , le 8 août 1843, de cette brochure qu'il avait annoncée le 3. Mais, comme il avait publié huit jours auparavant le Bref de Grégoire XVI à Mgr. de Reims, il avait soin de«faire observer tout d'abord que Mgr. d'Aslros ne se prononçait pas en principe pour les innovations liturgiques dé|)lorées par le Pape et signalées par lui comme pleines de danger pt de scandale. Quel était donc le but du Prélat? c'était simplement d'improuverla manière dont l'Abbé deSolesmes avait manié Tarme de la critique dans ses Institutions, Mgr. de Toulouse trouve donc que D. Guérangcr a franchi les bornes d'une sage réserve; il l'accuse d'imprudence et de témérité, puis d'injustice envers l'Eglise de France, qui a été guidée, même en faisant la malheureuse déclaration de 1682, par son attachement à la foi et par son désir de consers^r in^olable Vautorité sacrée du Saint-Siège, et qui n'est jamais tombée dans la prétendue hérésie antiliturgique que l'on fabrique méchamment et qu'on ose lui imputer. Le Prélat enlre ensuite dans les détails; il combat les reproches adressés par D. Guéranger au Bréviaire et au Missel de Paris; puis, il s'applique à faire resswtir les beautés de ces livres adoptés par tant de diocèses français ; enfin, il finit par manifester la crainte que D. Guéranger, qui commence comme La Mennais, ne tombe dans le même aMme. t D, Guéranger s'offensera peut-être, dit-il, de ce » rapprochement; pour nous, ce n'est qu'avec douleur » que BOUS avons rempli une aussi triste tâche. »
Le rédacteur de VJmi dit à ce propos : « A Dieu ne » plaise ! Eloignons ces tristes pressentiments d'une chute, » et ces tristes images d'an avenir qui ne saurait se » réaliser. » Puis, faisant allusion aux perfides commentaires du Journal des Débats et des autres sur la polémique liturgique, il voudrait qu'au lieu de se livrer à des luttes intestines, on réunit ses forces contre Tennemi commun, et qu'on travaillât à la question alors vivement débattue de la liberté d'enseignement. Nous avons vu comment le rapporteur des livres de M. Meslé avait répondu à cette proposition.
VÀmi, après avoir présenté ainsi à ses lecteurs l'analyse de l'ouvrage de Mgr. dAslros, fait deuK articles, le 12 et le 1!| août, pour rendre le même service à celui que D. Guéranger venait de publier sous le titre suivant : Lettre à Mgr. de Reims sur le. droit de la liturgie. Nous ne voulons pas reproduire ici, même les principes et les thèses de ce livre substantiel; nous en extrairons seulement, à cause de son opportunité, la réponse de D. Guéranger à cette objection, que le résultat de ses travaux sur la science liturgique était une injure pour Tépiscopat. « Depuis » quand, s'écrie le R. Père, ne pourrait-on plus invoquer » les prérogatives du Siège apostolique sans faire injure à » TEpiscopat? (Quoi!) on me ferait un crime de discuter » certains points de droit, de la solution desquels il résulte » que, dans le gouvernement de son diocèse, un Evéque » est borné par des lois générales, contre lesquelles il ne » peut agir, sans que ses actes soient frappés d'irrégularité » ou même de nullité! Mais où voudrait-on en venir par » cette voie? Il ne s'agirait donc plus seulement d'interdire » l'étude de la science liturgique; il faudrait encore empê- » cher tout enseignement du droit canonique, qui n'est, » dans sa plus grande partie, autre chose sinon l'ensemble » des règlements par lesquels le pouvoir des divers degrés » de la puissance hiérarchique se trouve circonscrit dans » certaines limites, afin que l'harmonie se conserve et se » développe dans l'ensemble. La puissance épiscopale, si
aogaste, si sacrée, n'est-elle pas déjà restreinte en cent manières par les réserves apostoliques? Et, avant même que le Saint-Siège eût statué la plupart de ces réserves salutaires, l'histoire du droit ne nous montre-t-elle pas les conciles généraux et particuliers, occupés sans cesse à régler, par des canons, celte autorité épiscopale par laquelle TEsprit-Saint régit l'Eglise de Dieu? » Mais j'ai attaqué VEpiscopat en ce que, dam mes récits, il se trouve des faits peu honorables pour certains Ei^èques. — Ces faits sont-ils fauoi? ou bien devaiS'je les taire? Voici, en résumé, tout ce que j'aperçois dans celte affaire : des Evéques pour l'innovation liturgique, et d'autres contre. Il est bien malheureux que l'on soit réputé ennemi de Tépiscopal, parle seul fait que Ton croit devoir opter pour le sentiment sur lequel une partie de Tépiscopat français s*est constamment montrée unanime avec le Pape, chef de l'épiscopat, et l'universalité des Evéques d'Occident.
» Après tout, sur quoi serait fondée la solidarité de l'épiscopat d'un siècle avec l'épiscopat d'un autre siècle?.. » L'expérience devrait enfin nous avoir instruits; c'est pourquoi je ne m'inquiéterai pas davantage de ceux qui persisteraient à ne voir, dans le rétablissement des ordonnances du Sainl-Siége, que la promulgation d'un principe d'anarchie, et, dans les récils du passé, qu'une injure pour le présent.
V Au reste, on se prépare de toutes parts à rentrer dans l'ordre. Encore un peu de temps, et le fléau de la confusion des langues aura son terme, et la terre donnée à l'Eglise par son divin époux sera, comme aux anciens jours, labii tmius et sermonum eorumdem. Puisse cette heureuse révolution ne pas trop se faire attendre! » Après cQtte double analyse des ouvrages de Mgr. d'Aslros et de D. Guéranger, YÀmi déclarait qu'il ne lui convenait pas d'exprimer une opinion; il laissait à ses lecteurs le soin de former la leur, en méditant ces deux écrits si graves. Mais bientôt, revenant, le 21 novembre 1843» sur le livre
de Mgr. de Toulouse, à l'occasioii de sa 2^ édition, il oom^ mençail par sigoaier le prompt succès delà première, si vite écoulée, disait-il, puis il ajoutait : Monseigneur profite de cette seconde édition pour parier, dans des Réflexions pré* liminaires, du Bref à TArcbevéque de Reims: il s'attache, d'une part, à établir qu'il n'y a rien dans le bref qui ne soit au moins implicitement dans son écrit (notons ce mot implicitement); mais il se préoccupe, de l'autre, des obstacles et des inconvénients que rencontrerait ou entraînerait son accomplissement. Le Pape ayant eu la prudence de ne pas répondre à certaines questions de rArchevèque de Reims, « s'il arrivait, dit Mgr. de Toulouse, que certains )» esprits, qui ne voient, ni aussi clair, ni aussi loin que » le vicaire de Jésus-Christ, fissent des efforts pour obtenir » que, par un acte de son autorité suprême, le Saint-Siège » proscrivit la liturgie propre à un grand nombre de dio- » cèses de France, nous recourrions nous-même avec une » pleine confiance à Sa Sainteté, pour qu'elle daignât ac'- » corder à nos Eglises, en faveur de leur Utwrgie, le priçi- » lége qu'ont obtenu jadis certaines Eglises d'Espagne et » d'Italie pour le rit mozaraUque et ambrosien. Dans ce 1 cas, nous n'appuierions pas notre demande sur la crainte » des dissensions qui pourraient résulter de la proscription » des liturgies auxquelles nous sommes attachés; nous » laisserions à Sa Sainteté le soin d'apprécier ce motif. » Pour nous, nous commencerions, au contraire, par pro* 1 tester de notre soumission sans réserve aux ordres qu'il » plairait à Sa Sainteté de donner; après qtu)i, nous nous 1 permettrions de lui présenter des considérations encore 1 plus importantes aux yeux de Vépiscopat français; elles » seraient tirées de Vhofmeur même et de la gloire de D l'Eglise romaine. »
Monseigneur parle ensuite de cinquante Evéques qui ont répondu à l'envoi qu'il leur a fait de son écrit, et qui tous, sauf trois ou quatre qui ont évité de se prononcer, blàmeat les écarts de D. Guémnger, sans compter que prévue tous aussi lui rendent grâce d'avoir repoussé 1^ ccdomnies par
lesqnellee on voulait flétrir notre Eglise. Il plaint enfin le pauvre Père, qui a annoncé l'inlenlion de justifier son Kvre.
Efiectivement, D. Guéranger avait écrit de Rome, le 22 août 1845, une petite lettre publiée dans Yj^mi du 5 sepembre. Il y disait : « Mon devoir est maintenant de justifier ma personne et mon livre des imputations dont l'un et l'autre sont l'objet dans l'opuscule du savant Prélat. Le public jugera, c'est son droit; mais la chose a été poussée trop loin pour ne pas aller jusqu^au bout. Dans mon livre, j'ai cherché à être vrai et juste Maintenant, on m'aceme de sédition, de témérité, de calomnie,
de mensonge; nous irons au fond Mon absence, qui
doit durer encore quelque tentps, retardera peut-être un peu la publication de ma défense. En attendant, j'en appelle à ma Lettre à Mgr, de Reims, et surtout au Bref deN.S.P. le Pape. »
Nous parlerons plus tard de cette Défense. Disons auparavant que Mgr. AfTre, archevêque de Paris, était venu offlciMement en aide à Mgr. d'Astros, par une Circulaire aux Curés de son diocèse, datée Au iU août 1845, et rap. portée dans Vyémi du 19. Un devoir pénible loi avait été révélé, disait-il, lorsqu'il avait lu les graves imputations que le P. Guéranger dirigeait contre les livres liturgiques de Paris. Si ces imputations étaient vraies, il y aurait donc eu igooranoe générale là-dessus, ou prévarication. On avait réclamé, il est vrai, contre le bréviaire parisien, mais en 1736, avant la correction ou la promulgation de l'ouvrage; depuis, les rédamations avaient cessé. Une possession de cent aœ> et l'approbation générale qu'elle suppose, est un fait décisif dans l'affaire. Qu'on lise d'ailleurs le savant écrit de Mgr. de Toulouse. C'est l'honneur de notre Eglise, ajoutait Mgr. Affre, qui nous a obligé de vous dire ceci et de recommander à toute votre attention récrit de Mgr. de Toulouse. Le même Prélat disait encore dans sa circulaire : L'adoption du romain n'est pas obligatoire pour nous. Grégoire XVI s'abstient de nous l'imposer. Est-elle désirable?...
Nous voudrions qu'elle fût possible, mais vous savez qu'elle ne Test pas.
S'il nous était permis de faire des réflexions sur un acte épiscopal ofûciei, nous demanderions quelle impossibilité Mgr. Affre voyait à prendre le romain , car nous ne le savons pas, nous, probablement parce que nous n'appartenons pas au clergé de Paris. Au reste, Mgr. Sibour ne croyait plus à celte impossibilité en 1856, comme nous le verrons plus tard.
Pour en revenir à l'écrit si savant de Mgr. de Toulouse, une lettre, signée P. et insérée dans YÀmi du 5 décembre, le critiquait d'une manière passablement piquante. C'est cette lettre dont nous avons déjà parlé, à propos du vieil abonné qui s'en plaignait amèrement. Dans cette lettre, M. P. commence par établir cinq points, où il croit trouver Mgr. d'Astros d'accord avec D. Guéranger :
1** Que c'est un désir très-raisonnable et très-orthodoxe que celui de voir l'unité de liturgie établie dans toute l'Eglise; T qu'il y a danger pour la foi et pour la pieté à faire de fréquents changements dans la liturgie; 5"^ que les Evéques n'ont donc pas le droit de faire de pareils changements; 4® que les Evéques du XVlir siècle, par conséquent, qui en ont fait de cette sorte , ont exercé un droit qu'ils n'avaient pas ; 5"* enfin que, là où le retour au romain est possible, il est au moins louable de l'espérer, et que, là où il est impossible, il faut rester dans le statu quo sans changement ultérieur.
Si Mgr. d'Astros, dit P., n'a pas tiré ces trois dernières propositions des deux premières qu'il a exprimées, elles ea dérivent si clairement qu'elles ont dû être dans sa pensée. Et, du reste, les quatre reproches qu'il a adressés à D. Guéranger, d'imprudence, d'injustice envers l'Eglise de France, de diffamation envers cette même Eglise, d'exagération et de faux dans la critique du bréviaire de Paris, plus la cinquième chose qu'il y a ajoutée, c'est-à-dire l'éloge qu'il a fait de la liturgie parisienne, ne sont pas inconciliables avec les cinq points indiqués plus haut.
Ainsi, la première édition de l'écrit de Mgr. d'Astros était favorable au fond à la liturgie romaine; et, néanmoins, elle a dû lui faire un (ort considérable, parce qu'elle a donné le change en substituant à la question de principes une question de personnes, car tel est le but ou, contre son intention, puisqu'il déclare avoir sur ce point les mêmes sentiments que le Pape, son écrit tend d'un bout à l'autre.
Mais la seconde édition de Mgr. d'Astros me met dans Tembarras. La phrase s'il arrivait ne me semble pas claire. Craint-on que le Pape se laisse entraîner à une mesure peu sage? Sinon, pourquoi dire ce qu'on ferait alors? D'un autre côté, n'agirait-on pas de même, si le Pape, au lieu de céder à quelque influence pour proscrire les liturgies françaises, s'y déterminait de lui-même, motu proprio? assurément; que font donc ici les esprits moins clairs^oyants? On ferait, dit-on, valoir auprès du Pape des considérations importantes aux yefox de Vépiseopat français; mais, quand le Pape aurait prononcé, les Evêques ne seraient plus juges. C'est donc aux yeux du Pape que ces raisons auraient de la valeur, et, en effet, puisqu'il s'agirait de Yhùnneur et de la gloire de l'Eglise romaine; on suppose, par conséquent, que le Pope les ignore, et pourquoi ne pas les lui révéler à présent? Eh bien! non; on aime mieux l'attendre, et, quand il aura condamné les liturgies françaises, on lui fera voir qu'il a agi contre l'honneur et la gloire de l'Eglise romaine !
En disant ceci, ajoute P., n'ai-je pas manqué de respect à l'un des plus vénérables Prélats de l'Eglise de France? Les raisons étant- là, je n'ai à répondre que du style.
Le même écrivain avait déjà relevé auparavant une autre phrase échappée à la plume de Mgr. d'Astros et relative à la malheureuse Déclaration de 168^. Chose étrange! disail-il en citant les paroles mêmes du Prélat, Rome aurait laissé refroidir son affection pour l'Eglise de France, à cause de la Déclaration d'une assemblée qui a été guidée, en la faisant, par son attachement à la foi, et par son désir de conserver iwiolable l'autorité sacrée du Saint-Siège! Mais
— 9ft — «lors tous les torb seraient du côté de Rome, Et qu'oa ne dise pas, pour la disculper, qu'elle ^e sercHt trompée sur le fait de rintenUon des Evéques de rassemblée, car cela ne lui ferait guère plus d'honneur. Que Bossuet se soit prth posé d'éviter un schisme, soit; mais cela prouve précisément qu'un schisme était à craindre, ce qui ne convient guère à une assemblée guidée par les excellents motife que l'on dit.
La défense de D. Guéranger ramènera encore sur le tapis l'affaire de la malhetirewe Déclaralion; suivons M. P... H finissait sa lettre par une réflexion assez peu exploitée avant lui, celle précisément qui a remué la bile à l'abonné de 181^. Il parlait des saints insérés dans les nouveaux bré« viaires malgré les défenses de la sacrée Congrégation des Rites, chose, remarquait-il, peu capable d'inléresscr Vhanneur de V Eglise romaine à la conservation de nos liturgies particulières. Il rapportait donc que, dans le diocèse d'où il écrivait, un Evéque janséniste du dernier siècle avait inséré d'un seul coup et de sa propre autorité, dans le nouveau bréviaire qu'il avait niis au jour, vingt-quatre saints dont pas un n'était honoré dans ce diocèse en 1659, entre autres trois Evéques de Chartres que Chartres même n'honorait pas avant les nouveaux bréviaires. Il ajoutait qu'il avait consulté six autres bréviaires, et qu'il y avait trouvé le même vice de saints insérés de la même Caçou, au nombre de 10, 19, 20, 30, 32 et jusqu'à 59 (1). Abus! s'écrie-l-il
(1) Que Ton nous permette d^indiquer ici en note ce qui s'est fait à Besançon sous ce rapport. On a inséré dans sa liturgie, en fait de saints qui ne sont pas au Martyrologe romain, en t69^, saint Théodule, et en 1761, saint Valbert, smnl Gerland, saint Atdegrtn, saints Bertliaire et Atlalein, saint Ursanne, saint Imetliier, saint Agile, saint Simon, abbé , saint Denys l'Aréopagite considéré comme distinct de saint Denys de Paris, saint Lothein , saint Hippolyte et sainte Adélaïde. Mais on trouvait déjà dans notre calendrier liturgique, avant IttSfi, saint Mainbœuf, saint Anatoîle, saint Nicet, arcbevèque de Besançon, saiiU Proihade, %A., saiiU Désiré, id., saint Donat, id., saint Ermenfroid, saint Valère, saint Renobert et les saints Epiphane et Isidore, quoiquMs ne soient pas au Martyrologe romain.
Quant aux saints qui font partie de ce martyrologe et qui ont é4è «dmU
— 9« — ra flnissant, abus auquel il sera impossible de remédier, tant que noua nous croirons autorisés à faire un choix entre les décrets des Congrégations romaines, pour accepter les UBS et rejeter les autres.
Le vieil abonné de 1814 a remarqué, à cette occasion, qu'il n'est pas nécessaire qu'un saint soit au Martyrologe romain pour qu'on puisse l'honorer, et cela est vrai; mais encore faut-il, pour cela, qu'il soit dans l'un des cas exceptés par Urbain VIII, par exemple, de culte immémorial antérieure 1S34; et, même alors, son culte, à moins d'un induit defweur, doit être maintenu, soit intensivement pour
dans notre liturgie depuis I55i|(, on en compte d'abord une trentaine qni ont été égaknient introduits depuis cette époque dans le Bréviaire romain ; de plus, on a inséré chei nous, en 16K5^ saint Lupicin et $âint Sigismond et ses compagnons ; en 1667, saint Rocb et saint Jnst; en 1612, saint Romain, abbé, et saint Pierre de Tarantaise; en 1761, saint Oyand , saint Eustase, saint Jean Népomucène, saint Prix ou Brix et ses compagnons martyrs, saint Pothin et ses compagnons, sainte Clotilde, saint Viventiole, saint Tauiin, saint Aqnilin, saint Odon, saint Romaricet saint Odille ou Othilie ; enfin, en 182^, saint Isidore, laboureur, et saint Anthelme. Signalons encore quelques fêtes particulières introduiles dans noire calendrier dans des temps assez récents , savoir : la fête du Saint-Suaire en 1667, et, en 1712, celles de la Sainte-Couronne, de la Délivrance de la Cité , et de la Sainte-Hostie conservée dans les flammes à Faverney ; encore les messes de ces deux dernières fêtes n'ontr-eiles été approuvées qu'en i7<i2, d'après le témoignage d'Antoine- Pierre Il dans son missel de 1753. Quant aux messes du Saint-Suaire et de la Sainte-Couronne, elles étaient plus anciennes ; mais elles n'avaient été que de fondation ou de dévotion jusqu'à l'époque ci-dessus, et le missel de 1667 ne donnait encore celle du Saint-Suaire que comme ad libitum.
Voilà comment le calendrier de Besançon s'est enrichi dans les deux derniers siècles; on y a mis environ une quarantaine de fêtes non introduites par l'Eglise ; et, quant à celles que l'Eglise elle-même a insérées d'office dans le Bréviaire universel, on n'en a adopté chez nous qu'une trentaine au lieu d'une centaine qui ont été instituées en réalilé. Mais, en revanche, on a biffé du calendrier bisontin, en 1761, une quarantaine de fêtes, la plupart simples, qui lui étaient communes avec le romain, plus deux douzaines d'autres non romaines qu'on avait empruntées d'ailleurs. On a supprimé de plus, à la même époque, une dizaine d'octaves, enlre autres, ceux de saint Laurent et des saints Innocents.
Le détail de tous ces changements se trouvera marqué dans notre Septième Etude : Du Calendrier Bisontin, etc.
— gelés actes qu'il comporte, soit extensivement par rapport aux lieux où il s'exerce, dans les limites qu'il avait de temps immémorial. Voir dans notre Note £ à la fin du volume des- renseignements importants sur cette matière; ils étaient trop étendus pour entrer dans le texte de notre histoire.
Ici cesse pour quelque temps la polémique liturgique servie par les journaux. La dernière lettre, que nous trouvons à ce sujet dans VJmi, est celle de l'abonné de 181 2^. Aussi bien, M. Hcnrion, qui rédigeait cette feuille depuis le 1'*'' octobre 1840 et à qui nous sommes obligés de la publication de tant de lettres utiles que nous avons analysées, va quitter son poste le k juin iShh pour le céder à un autre. Nous verrons plus tard ce qu'a produit ce changement de rédaction. Toutefois la cause était gagnée en principe, et les conquêtes du romain devaient marcher grand train.
La polémique, d'un autre côté, continuait sous une autre forme; au lieu desimpies articles, on publiait des brochures; mais il faut avouer que ce nouveau mode de publicité ne produisait peut-être pas le même effet que le premier. Que d'ecclésiastiques , en effet , qui n'avaient pas soin de se procurer les brochures, et qui, ne voyant plus dans leur journal de discussions sur la matière, se replongeaient dans leur ancien sommeil ! Tant il est vrai que le silence tue , et que la vérité ne triomphe que par une polémique active et quasi-journalière !
Mais, avant de rendre compte de la guerre en brochures, commencée par le fameux écrit de Mgr. de Toulouse , nous devons enregistrer ici certains faits liturgiques d'espèces toutes différentes, qui se sont passés depuis 184S à 1845 et au-delà.